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3 MILLIONS DE PERTE POUR L’ATOMIUM


L’Atomium est le bâtiment de tous les Belges, il appartient à tous les Belges. De manière assez unique dans les institutions de patrimoine national néanmoins, l’Atomium fonctionne presque sans subsides et vit uniquement grâce à ses visiteurs belges et étrangers. Il est géré comme une institution privée sur base de ses recettes propres.

Si l’Atomium a réussi à se remettre du contrecoup du lockdown de 2015 et des attentats de 2016 – la dette creusée à l’époque était enfin apurée après une excellente année 2019 (1,2 million de boni) -, l’impact du Covid 19 est sans commune mesure par rapport aux autres événements négatifs.

Le couperet est tombé ce jeudi 14 mai 2020 en conseil d’administration : l’ASBL Atomium (qui gère également le ADAM Brussels Design Museum) se dirige vers un déficit d’au moins 3 millions d’euros pour l’exercice 2020. Alors qu’en février, le même CA validait un boni de 800.000 euros. Le différentiel est énorme et pourrait être fatal à l’un des emblèmes de la Belgique. L’Atomium jouit d’une image largement publique et justement perçue, mais ses ressources ne le sont pas et le “mode de crise” actuel ne prévoit pas d’aide pour ces cas spéciaux. Il est le symbole national générant par ainsi un important tourisme en Belgique.

L’ASBL vit de ses recettes propres à 93% (89% exclusivement liées à la billetterie, le reste étant généré par le merchandising et la location d’espaces). Elle reçoit environ 3% de subsides tous ponctuellement liés à la politique d’expositions. D’ici la fin de l’année, et même si les contrats étudiants et intérimaires ont été coupés, que les horaires ont été redéfinis, les réserves financières de l’Atomium seront épuisées.

En pratique, cela donne que depuis le 14 mars les recettes seront donc nulles, du jamais vu pour l’Atomium. L’objectif est d’envisager une période de test pour pouvoir reprendre une exploitation « normale » au plus tard le 1er juillet, voire le 1er juin, afin d’éviter la catastrophe.

En ce qui concerne son public, l’Atomium va, comme cela avait été le cas après les attentats, compter sur les Belges à partir de cet hypothétique 1er juillet. Depuis bientôt 10 ans, le public belge représente 30% des 8.241.033 visiteurs des sphères en acier du plateau du Heysel. Ne sachant pas de quoi l’avenir du tourisme international sera fait, l’Atomium va se focaliser sur le marché national. L’enjeu est de ne pas descendre en dessous des 25% de fréquentation. Pour ce faire, « le plus belge des bâtiments » de Bruxelles, devra compter sur l’adhésion du public national à une image et à un symbole qui font rêver les Belges depuis 1958 et qui mobilise nos mémoires collectives et familiales.

L’ASBL Atomium est née d’une rénovation publique de l’édifice entre 2004 et 2006, la Ville de Bruxelles, l’Etat fédéral, la Région de Bruxelles-Capitale et le Parc des Expositions – tous dans le CA au même titre qu’un représentant de la famille Waterkeyn et 3 administrateurs cooptés – ayant alors décidé que l’Atomium serait un emblème touristique du pays. Rôle qu’il a pleinement endossé depuis le premier jour. Et qu’il compte assumer pour de longues années. L’asbl a elle-même participé comme les pouvoirs publics à la rénovation du bâtiment ; et rembourse encore actuellement cet emprunt.

A l’instar d’autres grands symboles en détresse, il faudra pour cela un plan d’aide pour sauver l’emblème national de cette tempête. C’est de l’aide non seulement des Belges mais aussi des autorités publiques dont l’Atomium aura besoin. La gestion à long terme et les liquidités immédiates sont deux enjeux majeurs.

De son côté, toute l’équipe se mobilise pour offrir à tous les Belges une expérience de visite la plus agréable, sécurisée, et joyeuse. L’Atomium s’engage avec enthousiasme à garantir l’émerveillement de tous, dans les meilleures conditions de visite. Et à réouvrir dès le 1er juin !