A Molenbeek, une nouvelle école dans une ancienne fabrique de tabac!

Le contraste est saisissant : sur le site de l’ancien dépôt de tabac Saint-Michel à Molenbeek Saint-Jean se trouve désormais une toute nouvelle école. Enfin presque, puisque l’ossature en béton de l’entrepôt a été conservée pour y intégrer des espaces modulaires. Les aires de jeu ont été placées sur le toit du bâtiment rénové, avec un potager. Le nouveau campus contribue à compenser le manque de place dans le système éducatif néerlandophone bruxellois, mais il donne aussi un nouvel élan au quartier Maritime de Molenbeek.

Le quartier Maritime est en plein développement, avec des projets tels que Herman Teirlinck, Tivoli Green City, la construction du pont Picard et la réalisation du parc Béco à hauteur de l’avenue du Port. L’enseignement y trouve donc maintenant aussi une place. SumProject+SumResearch s’est vu confier la mission de transformer l’ancien dépôt de tabac Saint-Michel en un bâtiment scolaire flambant neuf pour l’enseignement secondaire. B2Ai est intervenu comme architecte de projet et architecte d’intérieur.

D’une superficie totale de 17 000 m² – 20.000 m² en comptant les aires de jeu – la nouvelle école propose la totalité de l’offre pour l’enseignement secondaire. Le 1er septembre, elle a accueilli les élèves de l’Institut Imelda, et quelques mois plus tard, ceux du Lycée Martha Somers, dont les bâtiments à Laeken ont rendu l’âme. Avec la nouvelle école, la capacité du système éducatif néerlandophone en Région bruxelloise augmente de 1.167 places.

Caractère historique exceptionnel

Les architectes ont décidé de préserver l’ossature en béton du bâtiment de l’ancienne usine de tabac et de construire des espaces modulaires entre les colonnes de béton existantes. On compte ainsi au total 80 classes avec, en plus, deux salles de sport, divers laboratoires ainsi que des salles polyvalentes. Sur le toit de l’immeuble rénové, les concepteurs ont placé les infrastructures sportives, comportant une salle de gym, une salle de danse et un hall sportif complet, mais également deux aires de jeu et un potager.

« Dès l’entame du projet, nous étions déjà bien conscients du caractère historique unique du bâtiment existant », explique Jan Reynders de B2Ai. « La structure portante faite de colonnes, poutres et planchers-caissons en béton fut coulée sur place en 1958 en ayant recours à un coffrage en bois, une technique qui n’est plus utilisée aujourd’hui, surtout à pareille échelle. Nous voulions conserver aussi cette structure et avons donc créé une trame de 7 m sur 7 en nous servant des colonnes comme fil rouge. »

Belle flexibilité pour les utilisateurs

« Autant que possible, nous avons gardé visible la structure d’origine, avec des hauteurs de plafond de 3,8 à 5 m, ce qui procure une expérience unique dans les classes. Les exigences propres aux bâtiments scolaires, notamment en HVAC, nous ont contraints à travailler avec des faux-plafonds dans les couloirs. Afin de casser le caractère industriel du bâtiment et le rendre plus chaleureux, nous avons opté pour une finition des murs intérieurs en bois et en verre. Les planchers en PU coloré – une couleur différente par étage – donnent un aspect ludique. Les hauteurs sous plafond, les surfaces continues de plancher et la trame procurent une grande flexibilité à l’utilisateur. »

Les anciennes façades ont été remplacées par de vastes vitrages, du béton et de la brique mais, afin de quand même respecter le caractère historique du bâtiment, le portique typique avec la statue de Saint-Michel a été restauré, tout comme l’enseigne lumineuse à l’angle du bâtiment, bien entendu sans la cigarette.

Outre le réemploi de l’ossature, le caractère particulièrement durable de la nouvelle école se traduit par la récupération des eaux pluviales, des toitures vertes et des panneaux solaires.

Délai serré

Jan Reynders mentionne le délai extrêmement serré comme l’un des plus importants défis du projet. « Nous avons entamé les travaux de démolition en janvier 2019 et le 1er septembre 2020, les premiers élèves faisaient leur entrée dans la nouvelle école. Même sans compter les problèmes causés par la COVID-19, la performance mérite d’être saluée. Cela ne fut possible que grâce à une bonne collaboration entre architectes, ingénieurs et entrepreneurs. » (Photo : ©Klaas Verdru)

Fiche technique :

Maître d’ouvrage : SIMICA (Kairos) pour le compte de VGC

Architectes : SumProject+SumResearch (architecte de conception) et B2Ai (architecte de projet et d’intérieur)

Bureaux d’études : Group-D (stabilité) et VK Architects & Engineers (techniques)

Source: Construire la Wallonie