La rentrée se passe aussi à l’écran.

EXPRMNTL

01.09 > 24.09

Pour commencer, une compilation de films aussi ludiques qu’originaux, qui explorent, de la Belgique au Japon, l’essence du cinéma et n’ont d’autre sujet de représentation que la pellicule elle-même.  De son côté, l’autrichien Gustav Deutsch réorchestre dans Film Ist. des images d’archive.
Les plus beaux courts métrages animés de Norman McLaren. Le zoom fixe de 45 minutes dans un atelier, devenu film culte du cinéma expérimental grand prix à Knokke en 1967  et source d’inspiration pour Chantal Akerman: Wavelength; suivi dans la même séance du grand prix du festival de 1974-75, Kaskara, un remarquable essai sur le cloisonnement. Également au programme, Les Hautes Solitudes de Philippe Garrel qui, en silence, offre une envoûtante lecture du visage de Jean Seberg dans ses infimes variations, en une série de plans fixes de diverses longueurs, tournés dans un noir et blanc granuleux et aux tonalités contrastées.

Jacques Feyder

03.09 > 08.10

Né à Ixelles en 1885, Jacques Feyder, maître du cinéma français, est paradoxalement né Belge et mort en Suisse… et le premier européen à être invité à Hollywood. Sa carrière muette s’achève avec Le Baiser, dernier muet de Greta Garbo. Nous retraçons avec 6 autres films muets et jusqu’à ce dernier film la genèse de son cinéma. Une filmographie à l’image du parcours de cet artiste de talent, exigeant, malchanceux, et… nomade.

L’Atlantide, film long et mélodramatique à souhait lui permet d’affirmer son savoir-faire et d’utiliser des décors naturels spectaculaires ou dramatiques. C’est le début d’une décennie partagée entre succès et échecs commerciaux, mais qui reste sans doute la plus belle période de toute sa carrière. Un des techniciens majeurs de l’histoire du cinéma, il trouve son style à l’intérieur des contraintes de l’adaptation littéraire: Crainquebille, du prix Nobel Anatole France, Carmen, la nouvelle de Prosper Mérimée,  … Il acquiert un prestige tel qu’un voyage vers Hollywood lui est proposé, ce qu’il accepte lorsque l’insuccès et le scandale des Nouveaux messieurs en 1928 lui donnent envie de mettre de la distance entre le cinéma français et lui.

CINEMATEK@FLAGEY

À Flagey, nous vous présentons des restaurations de Fassbinder, de Kubrick, d’Akerman et de Varda. Pour nos retrouvailles après ces longs mois sans cinéma, reprise des titres qui ont été les plus fréquentés durant la précédente saison: Paris, Texas et Les Ailes du désir de Wim Wenders, Chez Jolie Coiffure de Rosine Mbakam ou Solaris de Andrei Tarkovsky.

Rainer Werner Fassbinder

09.09 > 29.11

R.W. Fassbinder aurait eu 75 ans en juin 2020. Scénariste, dialoguiste, réalisateur, monteur, parfois acteur, de ses films: c’est un auteur au plein sens du terme, qui revendique hautement la responsabilité de de ses choix.

Rainer Werner Fassbinder se livre à un exercice d’admiration en transposant un mélodrame flamboyant de Douglas Sirk dans la grisaille de la petite bourgeoisie munichoise. Tous les autres s’appellent Ali est le remake avoué de Tout ce que le ciel permet, avec des références directes au film de Douglas Sirk réalisé en 1955. Fassbinder a compris la violence politique et le féminisme du cinéma de Sirk, sous le vernis hollywoodien. Il réussit un film distancié et cruel qui décortique les rapports de soumission et de domination au cœur des histoires d’amour, un sujet qui traverse toute son oeuvre.

Lili Marleen s’inscrit dans la généalogie très fassbindérienne-freudienne d’un grand crime allemand primordial à l’origine d’une société. “Je t’aime” et tabou dans un même film. Rien n’est clair, dit RWF quand il filme Mel Ferrer et Schygulla soudain flous et dédoublés à travers une porte vitrée.

Nous montrons en version restaurée le dernier film du cinéaste, Querelle: le port de Brest de Jean Genet et son univers nébuleux et mortifère, transposés par Fassbinder dans un décor stylisé et fantasmé.