Pas d’épidémie de grippe sur notre territoire

Sciensano coordonne le réseau de médecins, laboratoires et hôpitaux vigie, qui nous informent continuellement sur le nombre de consultations chez le médecin généraliste en raison de syndrome grippal ILI (influenza-like-illness) (fièvre, toux, douleurs musculaires, fatigue, etc.). Nous collectons ces données toute l’année, ce qui permet à Sciensano de suivre l’intensité et la sévérité de l’activité grippale dans la population semaine après semaine. Le Laboratoire National de Référence Influenza, que Sciensano coordonne, s’occupe du suivi virologique des virus grippaux  en circulation.

Le nombre de consultations chez le médecin généraliste en raison de symptômes grippaux est, depuis l’été 2020, plus élevé que les années précédentes, en raison du COVID-19. Les symptômes de la grippe et du COVID-19 sont fort similaires et il est fortement conseillé aux patients de prendre contact avec leur médecin en cas de symptômes grippaux, ce qui explique cette augmentation. Malgré   la quantité d’échantillons analysés,  le nombre d’échantillons positifs pour  la grippe  est beaucoup plus faible que les hivers précédents.

Influence de l’épidémie de COVID-19 sur la surveillance de la grippe 

Les années précédentes, le nombre de consultations chez le médecin généraliste pour des symptômes grippaux (fièvre, toux, douleurs musculaires, fatigue, etc.) donnait  une vision claire de l’épidémie grippale :

  • Le nombre de consultations pour  symptômes grippaux et le nombre de tests de laboratoire positifs pour la grippe augmentent simultanément à partir de décembre
  • Au cours de cette période, le NRC influenza observe également un pourcentage croissant d’échantillons respiratoires positifs pour la grippe chez les patients présentant des symptômes grippaux.
  • Le nombre d’échantillons positifs pour la grippe, le taux de positivité et le nombre de consultations chez les médecins généralistes pour symptômes grippaux atteignent un pic entre mi-janvier et mi-mars ces dernières années, avant de retomber au niveau de base après 4 à 6 semaines.

En temps normal, on parle d’épidémie de grippe lorsque :

Cet hiver, faute de pouvoir distinguer sur base clinique les symptômes grippaux de ceux du COVID-19, ces critères ne pourront pas être utilisés et nous ne pourrons nous baser que sur le nombre de tests de laboratoire positifs et le taux de positivité des échantillons de patients présentant des symptômes de type grippaux pour annoncer l’épidémie de grippe.

Actuellement, très peu de tests de laboratoire positifs pour la grippe ont été enregistrés en Belgique. Depuis octobre 2020, le réseau de laboratoires vigie n’avait enregistré que 14 tests positifs, contre des milliers les années précédentes. Les autres réseaux de surveillance (maisons de repos et de soins, hospitalisations) n’ont pas non plus rapporté d’échantillon positif pour le virus grippal. L’épidémie de grippe n’est donc pas là pour le moment.

Pas de grippe grâce aux mesures pour lutter contre le coronavirus ?

Le faible taux d’infections grippales est probablement en partie le résultat des mesures de prévention et d’hygiène en vigueur contre le COVID-19 : nous nous lavons les mains plus souvent, gardons nos distances et portons un masque buccal. Des mesures qui aident non seulement à limiter la transmission du COVID-19, mais également la transmission de la grippe. Un nombre plus élevé de personnes ont également été vaccinées contre la grippe cet automne.

L’absence temporaire d’épidémie de grippe est visible en Belgique, mais également en Europe et dans le reste du monde.

Le nombre de tests de laboratoire pour d’autres infections respiratoires (RSV, adénovirus, virus parainfluenza et M. pneumonia) qui sont également suivis par les laboratoires de surveillance est également resté beaucoup plus faible cet hiver qu’habituellement.

Nombre de consultations chez le médecin généraliste élevé en raison du COVID-19

Le nombre anormalement élevé de consultations chez le médecin généraliste en raison de symptômes grippaux durant l’été et l’automne passé ne s’explique pas par la présence du virus de la grippe, mais bien par l’épidémie de COVID-19. Depuis la fin du mois d’août, le taux de positivité pour le SARS-CoV-2  est supérieur à 20 % quasiment toutes les semaines. Le pic de l’épidémie de COVID-19  de la fin du mois d’octobre a également coïncidé avec un pic de consultations chez les médecins généralistes pour des symptômes dits grippaux et avec une augmentation du taux de positivité pour le SARS-CoV-2 jusqu’à 80 % chez ces patients.

Plus d’info ? 

Consultez le bulletin grippal hebdomadaire chaque mercredi et trouvez plus de détails sur le site web Influenza de Sciensano(link is external).

Découvrez comment Sciensano suit l’activité grippale sur notre site web.