Une belle année pour le recensement des papillons

 

L’opération « Devine qui papillonne au jardin » bat des records avec 3.344 jardins participants. Loin des sécheresses de 2019, la météo propice de juillet a permis aux compteurs d’observer des espèces communes, moins fréquentes ces deux dernières années, telles que les azurés ou le paon du jour. Et les aménagements au jardin sont allés bon train.

Natagora clôture son recensement annuel des papillons de jardin avec une participation encore supérieure au record enregistré en 2019. Tout juillet, 8.984 particuliers ont compté et encodé leurs observations dans plus de 3.300 jardins en Wallonie et à Bruxelles. En moyenne, chaque observateur a vu passer une bonne vingtaine de papillons.

Si les piérides – ces papillons blancs parfois parés de taches noires selon les espèces – restent les plus vus au jardin, le comptage de cette année réserve quelques surprises.

Une météo favorable

En ce début d’été, pluie et soleil se sont alternés. Un temps idéal pour les plantes et donc pour les papillons qui y sont inféodés. En revenant en force après deux années consécutives de sécheresse, certaines espèces montrent leur grande capacité d’adaptation.

Anne Weiserbs, biologiste chez Natagora : « L’écologie des espèces leur permet de traverser des périodes difficiles, pour autant qu’elles soient limitées en nombre d’années. Ainsi, le vulcain et le paon du jour sont au-dessus de leur moyenne saisonnière. Le paon du jour remonte même dans le top 3 des papillons les plus vus au jardin. Cette observation illustre parfaitement l’importance de préserver des habitats de qualité pour ces espèces afin de leur permettre de ‘rebondir’ après un coup dur. »

Les belles percées

L’azuré des parcs et l’azuré commun, de jolis petits papillons aux tonalités bleutées, sont observés en moyenne dans 21 et 25% des jardins (contre 18% les années précédentes).

Le moro-sphinx, ce papillon migrateur aux allures de colibri, est également bien représenté au jardin pour cette édition. Chaque année, il étend son aire de répartition vers le nord et en surprend plus d’un grâce à sa grande taille et à son vol stationnaire typique.

En complément aux observations des compteurs, les spécialistes de Natagora remarquent cette année une belle progression de la piéride de l’ibéride. Les chiffres confirment la présence d’une réelle population pour ce papillon méridional arrivé en 2016 sur notre territoire, conséquence du réchauffement climatique.

Et les espèces en déclin

Contrairement au paon du jour, d’autres espèces communes amatrices d’orties poursuivent leur lent déclin, confirmant ainsi les observations des années précédentes. C’est le cas de la petite tortue, la belle-dame et de la carte géographique.

Les jardins comme maillage écologique

Dans nos régions fortement urbanisées, les jardins constituent de formidables refuges naturels lorsqu’ils offrent de l’espace à la biodiversité. Une évidence pour de nombreux participants à l’opération, dont trois quarts indiquent disposer d’un abri (lierre, arbre creux, vieux mur, tas de bois/feuilles mortes) ou d’un parterre de fleurs mellifères et indigènes, tandis que plus de la moitié disposent d’un compost, d’une zone de friche, d’arbres fruitiers ou d’un potager. Leurs belles observations dans ces zones refuges convaincront peut-être leurs proches à laisser une place pour la nature sauvage au jardin.

Résultats de l’opération : Top 10

Piérides sp, Vulcain, Paon du jour, Myrtil, Citron, Robert-le-diable, Amaryllis, Azuré des parcs, Petite Tortue, Azuré commun.

(Photos : © Benjamin Legrain, Frédéric Degrave, Jean-Philippe Rolin, Frédéric Demeuse)