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Après le podcast natif et Instagram, c’était au tour du clip musical de faire l’objet de l’appel à projets du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel visant à encourager les nouvelles écritures. 13 projets de clips sont soutenus à hauteur de 216 000 € dans le cadre de cette appel novateur.
S’adressant aux professionnels de l’audiovisuel, l’appel a sucité un grand intérêt du secteur avec pas moins de 170 projets déposés.
Le jury, présidé par la réalisatrice Delphine Lehericey, a audionné 30 équipes préselectionnées et vient de dévoiler les 13 projets de clips musicaux soutenus à la réalisation.
Une sélection qui reflète une belle diversité de genres et techniques audiovisuels et de styles musicaux de la scène musicale belge
« Le succès rencontré par ce premier appel à projets autour du clip musical (plus de 170 dossiers soumis) révèle la nécessité de renforcer les ponts entre la musique et l’audiovisuel. Je me réjouis que des auteurs, des autrices, des réalisateurs et des réalisatrices puissent s’essayer au clip musical comme moyen d’expression, afin de tester de nouvelles écritures et tisser des liens avec des artistes d’autres disciplines. Au vu du nombre de projets soumis, l’enveloppe a été élargie, au bénéfice de davantage de projets », indique la Ministre des Médias et de la Culture Bénédicte Linard.

Les 13 projets : 
  • Jsuis pas libre, je viens pas jouer (Mish Fadi, Mish Hal3ab) de McSADAT
    Réalisé par Pauline Beugnies | Produit par Thowra ASBL | 18 000 €
Le clip est tourné sur le mode documentaire. Il suit la réalisation d’une fresque murale monumentale du portrait de MC Sadat à Medinat al Salam, son quartier en périphérie du Caire. Depuis plus de dix ans, le Caire populaire vibre au son du Mahraganat, une fusion bouillonnante d’électro, de hip-hop et de rythme traditionnel égyptien. Sadat est le parrain du genre. Au fil du clip, nous déambulons avec Sadat dans son quartier, nous suivons ses rencontres jusqu’à son concert où l’énergie du musicien transcende la foule.
  • Settle Down de Judith Kiddo
    Réalisé par Zeno Graton | Produit par Kokoro asbl | 20 000 €
Une forêt aux allures magiques, traversée d’une large rivière, laisse échapper une fumée noire et inquiétante. Au cœur de celle-ci, trois animaux étranges et attachants vivent paisiblement avec leurs amis végétaux qui s’amusent sur leurs instruments. Rattrapés par les flammes de l’incendie, ils devront se battre pour survivre.
  • Have Tea des Robbing Millions
    Réalisé par Julien Bechara | Produit par Playtime Films | 20 000 €
Une journée dans la vie de Monsieur T., un vendeur de thé ambulant, et de sa mascotte, une théière géante, qui vendent leurs produits avec un attirail digne des medecine show de l’Amérique du XIXe siècle. Ce vendeur n’est pas un charlatan ou un fou du quartier, c’est juste un personnage qui a trouvé son moyen de survie dans un monde du travail de plus en plus précaire.
  • Du Sang du Singe de La Jungle
    Réalisé par Alex Orma | 19 000 €
Avec son esthétique glauque et déjantée, ce clip vise à renforcer l’identité visuelle d’un des groupes le plus prometteur de la scène rock belge : La Jungle. Du sang du singe est un morceau frénétique et révolté. Son rythme s’installe très vite dans le cerveau de l’auditeur et au fur et à mesure, l’amène dans un état de trance.
  • Slow de Leen Diependaele
    Réalisé par René Van Dijk & Laura Vandewynckel | Produit par René Van Dijk Productions | 11 900 €
Slow est un récit de voyage visuel d’une peau en transformation à la recherche de la lumière et du toucher dans un univers stérile de verre et de glace. Ce clip nous invite à visualiser la légèreté et la sensualité. La chanson s’appuie sur des contraires qui s’embrassent progressivement. D’un côté il y a le monde de la peau, de la corporéité, de la proximité et de la chaleur corporelle, et d’autre part, il y a le monde du froid, de la stérilité, de la dureté et de la distance.
  • Yanassai Goumam de Kaito Winse
    Réalisé par Davide Belotti & RV | 7 293 €
Yanassai Goumam est un hymne à la mère, un hommage aux femmes, et résonne comme un chant d’amour dans la nuit des temps. Le contenu visuel qui en est sorti est nocturne, intime, poétique, chargé d’images symboliques qui évoquent le parcours de la vie et de la maternité.
  • Balrog de Shaka Shams
    Réalisé par Alice Khol & Yoann Stehr | Produit par Super Tchip | 19 550 €
Shaka Shams, jeune rappeur à la fois timide et charismatique, se retouve transformé en guerrier rétro-futuriste et propulsé dans un univers mental où le noir et blanc côtoie les plus vives couleurs. Envahi peu à peu par des visions cauchemardesques, il devra, pour accéder au niveau supérieur, affronter un à un ses démons jusqu’à l’ultime Balrog. Une traversée labyrinthique et tortueuse entre rêve et réalité.
  • Sueños de Le Motel
    Réalisé par Romain Tardy | Produit par Slowclub | 20 000 €
Ce récit, fictionnel et métaphorique est une proposition artistique autour de la question de l’ambivalence de l’élan collectif, dans ce qu’il peut avoir de fédérateur autant que de destructeur quand le libre arbitre et la réflexion de chacun cesse de s’exprimer. Réactivation du récit de Rabelais autour de l’épisode de Panurge et de ses moutons, le clip de Sueños fonctionne comme un rêve aux contours indistincts, mais aux sensations fortes.
  • Fin d’été d’Antoine Wielemans
    Réalisé par Simon Vanrie | Produit par Nada | 12 500 €
Ce clip propose un travelling continu, une caméra toujours en mouvement suivant Antoine, qui traverse différents décors, un peu comme si il traversait son été, passé. Antoine semble alors à la recherche de son endroit idéal, rêvé, fantasmé, protégé du monde extérieur. Sa quête apparaît alors telle une recherche – sans fin – de l’état de bien-être.
  • Flore de Gabriel Rios
    Réalisé par Pien Van Grinsven | Produit par Les Films de la Récré | 20 000 €
Ce clip explore la relation entre un petit-fils et son grand-père qui sombre dans l’Alzheimer. Grâce à une approche de réalisation documentaire avec des éléments de fiction, le film veut transmettre le sentiment de perte et de douleur associé à cette maladie.
  • Sakurajima de Under The Reefs Orchestra
    Réalisé par Yoann Stehr & David Delruelle | Produit par Super Tchip | 8 300 €
Au sud du Japon, une petite ville nommée Kagoshima fait face au volcan Sakurajima. Ce dernier éructe régulièrement des cendres et des coulées de lave. Les habitants de la ville sortent alors tous leurs parapluies, pour se protéger de la pluie de cendres, tout en continuant leurs activités quotidiennes. Ce clip, entièrement réalisé à partir de collages traditionnels, tournera autour de ce motif : une civilisation pétrifiée dans son quotidien face à une nature agonisante. L’artiste démiurge parviendra t-il à sauver l’humanité ?
  • Tarot de River Into Lake
    Réalisé par Alice Khol | Produit par Cinapse | 20 000 €
Ce clip a vocation à montrer un process par lequel certaines personnes queer passent et donc offrir peut-être une aide vers l’acceptation de soi. Sur la base de l’histoire fictionnalisée de Justine, en utilisant son art du Krump comme moyen d’expression, le clip se découpe comme un tirage de tarot.
  • Lockdown de Catherine Graindorge
    Réalisé par Olivier Pestiaux | Produit par Altitude 100 Productions | 20 000 €
L’illustration graphique de ce clip repose sur d’anciennces diapositives de familles, dont l’état d’usage et le climat impressionniste de certaines d’entre elles évoquent un temps suspendu. Au fil du clip, nous traversons les images comme un long tunnel avec un effet de kaléidoscope afin de parvenir à un objet visuel hypnotique.
Composition du jury
  • Delphine Lehericey (présidente) | réalisatrice ;
  • Manou Milon | réalisateur de clips et créateur de Bruxelles Ma Belle ;
  • Bilou Dricot | réalisatrice, notamment de clips ;
  • Maxime Pistorio | réalisateur et directeur artistique du Festival de Clips VKRS ;
  • Jonathan Alric | réalisateur et musicien membre du groupe The Blaze.