Depuis le mois de juin de l’année 2024, un petit troupeau de vaches de race Highland est en pâture sur la Lande de Streupas, réserve naturelle pentue située entre Angleur et le Sart-Tilman. Le site, accessible toute l’année, abrite plusieurs espèces de plantes que, depuis 1988, l’on cherche à préserver. Il s’agit principalement de la lande à bruyère et des pelouses calaminaires (colonisant des sols riches en métaux lourds) qui permettent la vie d’un écosystème unique. Plusieurs parcelles avaient été clôturées.
Le fauchage non-sélectif pratiqué faisait que la bruyère ne se développait pas complètement. Le DNF avait donc décidé d’appliquer un programme test d’éco-pâturage plus adapté, censé permettre une plus grande hétérogénéité.
Mais, un an après, force est de constater sur place que le plan ne fonctionne pas comme prévu. Le site, qui offrait auparavant un aspect dégagé et uniforme, est aujourd’hui envahi par de jeunes bouleaux (et des fougères). La bruyère, censée être protégée, est noyée dans la végétation.
Au sein de la faculté vétérinaire (CARE- Ferme Pédagogique et Expérimentale), qui gère le troupeau, on estime qu’il faut évaluer le projet sur plusieurs années. Mais pour Luc Schmitz, responsable du service Forêts et voiries de l’université de Liège, la conclusion est d’ores et déjà sans appel: « Il suffit simplement de regarder; ce n’est pas ce qui était prévu ! Ça devait rester un milieu ouvert et pas boisé. Or, là, on voit bien qu’il faut faire autrement. » Et d’indiquer qu’il va prochainement rédiger un rapport dans ce sens.
Cela implique-t-il la disparition définitive du troupeau de vaches actuellement présent ? « Elles font tout de même une partie du boulot », assure-t-il. « Mais une partie seulement. Il va donc falloir trouver comment compléter le travail en testant d’autres systèmes. Et ce, dès la saison de végétation prochaine.» Recommencer à faucher reste une option possible.
Actuellement, 8 bovins adultes et 3 veaux sont présents sur le site. Il est prévu, à terme, qu’ils soient 12 adultes.