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Au “Delta”, à Namur : “Sexisme pépouze”, une exposition choc, sensible et nécessaire, jusqu’au 29 Mars

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Présentée pour la première fois en Wallonie, l’exposition collective “Sexisme pépouze” s’annonce comme devant être l’un des rendez-vous culturels les plus marquants de ce début d’année à Namur. Imaginée par Myriam Leroy, cette exposition investit jusqu’au dimanche 29 mars, le Centre culturel provincial “Le Delta”, dans sa “Salle 7ᵉ Ciel”, avec une proposition artistique engagée forte et profondément contemporaine. Son ambition : transformer la violence numérique en matière artistique, ouvrant un espace de réflexion autour du cyberharcèlement, un phénomène devenu tristement banal, mais dont l’impact reste souvent sous-estimé.

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© “Collectif Montée de Sève”/”Le Delta” 

À l’origine du projet se trouve une expérience personnelle douloureuse. Comme beaucoup d’autres femmes publiques, Myriam Leroy a été la cible d’attaques massives en ligne. Elle a eu accès à un groupe “Facebook” privé, dans lequel circulaient des propos la visant directement, ainsi que d’autres personnalités féministes. Elle a décidé d’en faire un matériau d’analyse et de création, en anonymisant les échanges et en rassemblant pas moins de 4.300 messages, publiés en seulement 50 jours, par des internautes liés à des mouvances complotistes ou d’extrême droite. Ce corpus glaçant, révélateur d’une violence verbale systémique, constitue le socle de l’exposition.

© “Collectif Montée de Sève”/”Le Delta” 

Notons que l’autrice, chroniqueuse &  journaliste belge Myriam Leroy (°1982), diplômée de l’ “UCL”, a été nommée, en 2023,“Chevalier de la Légion d’Honneur de la République française”, en reconnaissance de ses “qualités d’éminente écrivaine et réalisatrice”, ainsi que de son “engagement contre les violences faites aux femmes”.

 

Myriam Leroy a été faite Chevalier de la Légion d’honneur.

Myriam Leroy faite “Chevalier de la Légion d’Honneur” © Photo : Annabella Nezri 

 

A Namur, bien davantage qu’une simple restitution documentaire, “Sexisme pépouze” nous propose une véritable transmutation artistique. Une douzaine d’artistes se sont emparé.e.s de ces messages qu’ils ont réinterprétés à travers leurs disciplines respectives : de la bande dessinée à la sculpture, en passant par la broderie, la peinture, la performance, la poésie, la reliure, …, chaque œuvre agissant comme un  filtre sensible, qui déconstruit, détourne ou sublime ces paroles toxiques, nous faisant passer d’une émotion à l’autre : empathie, indignation, malaise, voire même humour grinçant, ceci au fil d’un parcours conçu comme une conversation collective entre les œuvres.

Peut être du pop art

© “Collectif Montée de Sève”/”Le Delta” 

Ne se contentant pas de dénoncer, cette exposition cherche aussi à comprendre, dans l’anonymat, les mécanismes du harcèlement en ligne : banalisation de l’insulte, effet de meute et radicalisation des discours. En transformant ces messages en objets artistiques, les créateurs et créatrices les privent de leur pouvoir destructeur et les replacent dans un espace critique. Ce geste artistique agit comme un acte de résistance symbolique face à la brutalité numérique, une forme de reprise de contrôle.

“Découverte intergénérationnelle, lors du Vernissage © “Collectif Montée de Sève”/”Le Delta” 

Ce projet se distingue également par son ancrage local. De fait, en parallèle aux artistes invités, des créatrices & créateurs de la province de Namur ont été sélectionné.e.s à la suite d’un appel à participation. Concernant toute la société, leurs œuvres, viennent enrichir l’ensemble et démontrent que la réflexion sur les violences en ligne dépasse les frontières géographiques ou médiatiques.

 Myriam Leroy, Philippe Horevoets, directeur du “Delta”, & Mélanie Havenne, députée provinciale © “Le Delta” 

Visiter “Sexisme pépouze”, c’est donc vivre une expérience qui dépasse la simple contemplation esthétique, nous permettant de pénétrer dans un espace où l’art sert de révélateur social, où la création devient outil de résilience, et où le public est invité à réfléchir à son propre rapport aux mots, aux réseaux et à la responsabilité collective.

Une exposition actuelle, poignante et salutaire, qui prouve que l’art peut transformer la violence en prise de conscience,  parfois même en réparation.

Ouverture : jusqu’au dimanche 29 mars, du mardi au vendredi, de 11h à 18h, samedi & dimanche : de 10h à 18h. Lieu : “Le Delta” (Salle “7è Ciel”), à Namur. Prix d’entrée : 5€ (2€50, en tarif réduit). Site web : https://www.ledelta.be/.

© “Collectif Montée de Sève”/”Le Delta” 

Soulignons que le “Collectif Montée de Sève”, à l’origine de la présente exposition organisera, au “Delta”, du mercredi 11 jusqu’au vendredi 13 mars, un événement féministe pluridisciplinaire, en partenariat avec l’asbl “Tapage Studio” & avec le soutien du “Delta”, son but étant de  favoriser le bien-être collectif, l’émancipation des femmes dans la société, l’inclusion sociale & la réflexion. 

Programmation à découvrir sur le site web : https://www.ledelta.be/evenements/festival-montee-de-seve/.

Yves Calbert.