#Anderlecht : Le béguinage restauré va entamer son nouvel avenir muséal

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Avec la Maison d’Érasme et la collégiale gothique des Saints-Pierre-et-Guidon, le béguinage constitue un ensemble historique remarquable et classé au coeur d’Anderlecht, Rue du Chapelain 8. Il se compose de deux ailes, encadrant un jardin clos doté d’un puits. Il servit après la Révolution française d’hospice et de logement pour femmes indigentes, ferma en 1928 et, aménagé en musée folklorique et d’histoire locale, rouvrit en 1930. Débutée en 2010 par des études pluridisciplinaires en collaboration avec l’ULB – CreA Patrimoine, la restauration du béguinage a été menée notamment par ARTER. Le soutien financier d’Urban.brussels et de la commune d’Anderlecht qui a permis la bonne réussite du projet.

Historique des lieux

La construction en bois, torchis et chaume de la fin du Moyen Âge (XVe- XVIe siècles).

La partie la plus ancienne mise au jour par les recherches est un vestige de bâtiment à pan de bois (colombage), partiellement conservé à l’intérieur de l’aile droite (occidentale) actuelle. L’ossature de bois a pu être datée des années 1435-1460 grâce à des analyses menées à la fois en laboratoire (carbone 14) et dans les archives du béguinage. Une plus petite maison, aujourd’hui disparue et remplacée par la partie nord de l’actuelle aile gauche (orientale), fut ajoutée au bâtiment dans les années 1484-1485 (d’après les comptes). Ce dernier fut ensuite agrandi vers l’ouest au début du XVIe siècle (1511-1513), les deux bâtiments continuant d’être exploités comme lieu de vie principal des béguines jusqu’au début du XVIIIe siècle.

L’architecture en briques et pierre du XVIIIe siècle

À cette époque, le béguinage connaît plusieurs phases de transformations qui vont lui donner l’aspect qu’il présente encore aujourd’hui. Le bâtiment à pan de bois est partiellement détruit et remplacé par une nouvelle construction en briques et pierre blanche (aile droite). Seuls sont conservés deux des cinq murs, maintenus comme cloisons intérieures (vers 1719-1720). Dans le même temps, la partie sud de l’aile gauche (dite Chambre de la Grande Dame) est édifiée dans l’axe de la petite maison du XVe siècle, qui fut détruite et remplacée en 1756 par l’actuelle maison formant la partie nord de l’aile gauche.

Le XXe siècle ou le temps des restaurations

Remarquable par son état de conservation, cet ensemble architectural est parvenu jusqu’à nous en dépit de plusieurs campagnes de restauration importantes : la première eut lieu lors de l’ouverture du béguinage comme musée (vers 1930) ; la seconde, dans les années 1970, d’ampleur considérable et particulièrement invasive pour les murs extérieurs en briques et pierre, qui furent presque totalement remplacés dans l’aile droite ; heureusement, les structures intérieures en bois furent épargnées. Quant à la troisième restauration, débutée par des études en 2013 et qui s’achève en 2022, elle a été menée dans un contexte scientifique favorable et avec un cadre déontologique plus rigoureux, dans le plus grand respect des structures originales : celles-ci ont donc été renforcées et essentiellement préservées, à l’exception de certains remplacements, impératifs pour la stabilisation des bâtiments, comme celui d’une zone en torchis particulièrement dégradée, ce qui a opportunément permis aux archéologues d’accéder au plus intime de la construction, améliorant ainsi les connaissances touchant son histoire.

Nouveau musée

« Le musée visera avant tout un public non spécialiste, les enfants (notamment les non lecteurs) et les touristes. Nous souhaitons développer une médiation dynamique et interactive afin de proposer une autre offre que celle de la Maison d’Érasme et la nouvelle muséographie mettra en avant les recherches effectuées ces deux dernières années sur l’histoire du lieu, les archives et les collections », précise Zahava Seewald, directrice des musées communaux d’Anderlecht. (Photo : © Jonathan Ortegat)

– Source : Commune d’Anderlecht