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Avec le plan Good Move, les autorités bruxelloises entendent réduire l’emprise de la voiture sur la ville de 24%. Voici la stratégie qui sera mise en place.

À Bruxelles, la voiture, c’est fini. Ou en tout cas l’ère du « tout voiture » est terminée. Car Bruxelles a décidé de faire sa mue pour la mobilité.

Pour la ville, il s’agit de faire reculer la part modale de la voiture ainsi que sa présence dans les rues, de désengorger les quartiers, d’améliorer la qualité de l’air et de la vie tout en faisant adopter en masse les moyens de transport alternatifs – qu’ils soient communs ou individuels – et « doux ». Ces objectifs sont détaillés dans le plan régional de mobilité Good Move qui est en phase de déploiement jusqu’à l’horizon 2030.

Concrètement, le plan Good Move prévoir la transformation de 50 mailles, c’est-à-dire de portions de ville, en quartiers dits « apaisés », un peu à la façon de ce qui se fait à Barcelone. En clair, la ville serait rendue aux riverains. Cela dit, si les quartiers sont libérés des voitures et du trafic de transit, les automobilistes devront donc être redirigés, notamment vers les grands axes structurants de la capitale et qui sont déjà plus que saturés. C’est ça l’avenir ? Manifestement oui et il va falloir s’y habituer à défaut de pouvoir s’y opposer. Voici ce qui est prévu.

Des quartiers interdits ?

Dans ce cadre, ces fameuses mailles seront des quartiers interdits à la circulation. Ou alors où celle-ci sera fortement complexifiée. Deux armes pour atteindre cet objectif : des barrages filtrants qui ne laisseront passer que les riverains et des sens uniques à tout va. Dans certaines communes, les changements sont en cours. C’est le cas à Schaerbeek ainsi qu’à Anderlecht. Et ce sera aussi le cas de la zone dite du Pentagone (située par le R20 et la Petite Ceinture) qui compte à elle seule 50.000 habitants.

Pour les autorités, la voiture est considérée comme un poison dans la zone du Pentagone spécialement, car, selon les études, 41% du trafic est du trafic de transit. Le bourgmestre de Bruxelles (Philippe Close, PS) entend faire reculer la voiture, notamment en recréant des zones piétonnes qu’il considère comme économiquement plus intéressantes.

Des grands axes amputés

 

On l’aura compris, les embouteillages ne sont pas prêts de se réduire, car dans ce contexte, l’idée des autorités est de reporter le trafic vers les grands axes qui sont déjà totalement embouteillés en temps normal. En outre, l’accès à Bruxelles sera considérablement complexifié en raison de la transformation majeure de cinq grands axes de pénétration. La fin de l’A12 sera ainsi transformée en un boulevard urbain qui fera la part belle à la mobilité douce et aux transports en commun.

Cette transformation pourrait aussi devenir une réalité pour la fin de l’E40 en provenance de Liège et Leuven ainsi qu’au nord pour l’E19 qui deviendrait elle aussi un boulevard urbain au niveau de l’avenue Charles Quint (soit l’avenue qui fait face à la basilique de Koekelberg). Et d’autres projets de ce type sont aussi à l’étude pour l’E19 en provenance de Mons, du côté d’Anderlecht.

Ajoutez à cela la suppression du viaduc Herman Debroux (E411) et vous aurez une petite idée du visage de Bruxelles d’ici quelques années, un visage qui va probablement devenir le cauchemar des navetteurs. En théorie, ceux-ci devront se tourner vers d’autres moyens de locomotion s’ils ne veulent pas perdre trop de temps ou tout simplement passer à la caisse avec le projet de péage urbain. Ils pourront peut-être compter sur le RER, promis depuis 1999 et dont la fin des travaux est prévue pour 2028. Si tout va bien…

Une congestion, quelle congestion ?

Dans une interview donnée à La Libre Belgique, les autorités bruxelloises ignorent actuellement l’impact de ces mesures sur la congestion qui serait impossible à modéliser.

Ce qui est tout le même un problème quand on sait que 175.000 navetteurs empruntent ces 5 axes majeurs quotidiennement. Dans cette optique, le Ring de Bruxelles va donc devenir la zone de délestage de la ville. Et comme lui aussi est déjà largement congestionné. Or, l’accord actuel de gouvernement a refusé tout net son élargissement, même si, à Bruxelles, on n’est pas contre certains aménagements.

Décidément, l’accès à la capitale a toutes les chances de devenir cauchemardesque dans les mois et années qui viennent. Un changement qui nécessitera aussi un changement de paradigme économique pour la ville qui risque de perdre de nombreuses entreprises. Et ça, manifestement, personne n’y a pensé…

Souece:gocar.be