Chevaliers d’illusion au cœur de l’Europe : une halte littéraire en plein Bruxelles
Au détour de l’élégant, une scène semble figée hors du temps : un chevalier élancé, lance dressée vers l’horizon, suivi d’un écuyer plus terre-à-terre. Cette sculpture rend hommage aux héros mythiques de Miguel de Cervantes, incarnant la rencontre entre rêve et réalité. Installée comme un clin d’œil culturel entre institutions modernes et façades classiques, elle rappelle que l’imaginaire n’a jamais cessé d’accompagner l’histoire humaine.
Les silhouettes de Don Quichotte et Sancho Panza symbolisent un contraste éternel : l’idéalisme flamboyant face au bon sens pragmatique. Le premier regarde loin devant, défiant des ennemis invisibles ; le second avance avec prudence, ancré dans le réel. Cette dualité, sculptée avec finesse, semble dialoguer avec la ville elle-même, Bruxelles, capitale à la fois politique, artistique et profondément surréaliste dans son âme.
Offerte par l’Espagne comme geste d’amitié culturelle, l’œuvre agit comme un pont entre nations, rappelant que la littérature dépasse les frontières. Les passants pressés y voient parfois un simple monument ; ceux qui s’arrêtent y découvrent une invitation à ralentir, à rêver, et à observer le monde avec un regard un peu plus chevaleresque. Dans ce coin discret, l’esprit du roman continue de galoper, prouvant que même au XXIe siècle, les moulins à vent existent encore — il suffit d’avoir l’audace de les imaginer.
Photos Félicien THIRY
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