Des personnes reconnues ailleurs en Europe devraient être à nouveau prises en charge

Il est totalement illogique que des personnes reconnues ailleurs en Europe devraient être à nouveau prises en charge
Il nous faut agir pour décourager les réfugiés reconnus d’autres États membres de redemander l’asile dans un autre État membre de l’UE. « Cela porte vraiment atteinte à notre système d’asile. Il est totalement illogique que des personnes qui ont été reconnues ailleurs et qui sont donc en sécurité demandent à nouveau l’asile et soient automatiquement prises en charge. Les places d’accueil doivent aller à ceux ou celles qui en ont besoin », déclare le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi.
Pour 2019 et 2020, il s’agit de 1829 personnes qui ont redemandé l’asile alors qu’elles sont déjà reconnues ailleurs dans un autre pays de l’UE. En 2021, jusqu’en septembre inclus, cela concerne déjà 1034 personnes. Ces personnes sont en sécurité ailleurs et y ont obtenu un statut. Si elles se rendent ensuite dans un autre pays, en vertu des règles de l’UE, elles ont également droit à l’accueil lorsqu’elles demandent l’asile. Il faut vraiment que cela change. Il s’agit également d’un cas de migration secondaire, mais ces personnes ne sont pas soumises aux règles de retour en Europe (procédure dite Dublin).
Au sein de l’Union européenne, on est déjà conscient qu’il s’agit d’une anomalie dans le système d’asile. Mahdi soutient pleinement les propositions du Pacte européen sur la migration visant à résoudre ce problème.
Que contiennent les propositions ?
Les bénéficiaires d’une protection internationale seraient également couverts par Dublin, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Le statut de résident de longue durée peut être obtenu après 3 ans au lieu des 5 ans actuels. Cela permettrait à un réfugié reconnu de vivre et de travailler légalement dans un autre État membre. Cela réduit la nécessité de demander à nouveau l’asile.
Les mouvements migratoires secondaires sont liés à une restriction du droit d’accueil dans l’État membre suivant vers lequel se rend le demandeur d’asile.
Cette dernière mesure concerne également les personnes qui ne sont pas encore reconnues mais qui ont déjà une procédure en cours dans un autre État membre. Le nombre de demandes d’asile a dépassé les 3000 en septembre, mais plus de 700 demandes proviennent de personnes qui sont déjà passées par une procédure dans un autre pays européen. Ceux qui ont déjà une procédure en cours dans un autre pays européen doivent attendre le résultat de la procédure dans ce pays d’entrée.
Mahdi soutient que ces personnes devraient être traitées de la même manière que les personnes qui introduisent une deuxième demande d’asile : elles n’ont pas non plus systématiquement droit à l’accueil, mais elles sont prises en charge si elles sont particulièrement vulnérables, ou si de nouveaux éléments amènent encore le CGRA à examiner leur demande d’asile sur le fond.
Selon Mahdi, ce volet du pacte doit être traité en priorité. « Nous sommes solidaires et accordons l’accueil à ceux ou celles qui arrivent au Petit Château, mais nous ne pouvons pas simplement l’accorder à nouveau à tous ceux ou celles qui le souhaitent après l’avoir en fait déjà reçu ailleurs en Europe », conclut Mahdi.
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