festivals de cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles



Comme beaucoup d’autres acteurs du monde culturel, les festivals de cinéma en Fédération
Wallonie-Bruxelles ont été meurtris par la crise du Covid-19. Plusieurs d’entre nous ont été arrêtés,
d’autres annulés et certains sont reportés dans un contexte difficile.
Cette situation sanitaire exceptionnelle a mis un peu plus en évidence la fragilité de nos
événements. Monter nos projets relève souvent de jeux d’équilibristes et nous n’avons pas attendu
ce coronavirus pour nous retrouver régulièrement confrontés à l’incertitude. Depuis 10 ans, nous
avons pu constater que la situation s’est progressivement compliquée, avec des cahiers des charges
plus lourds, des coûts qui augmentent, des subsides qui ont plutôt tendance à diminuer et une
difficulté grandissante à obtenir des soutiens privés.
Nous regrettons de ne pas avoir été évoqués récemment, ni comme opérateurs cinéma dans le plan
d’aide spécifique à l’audiovisuel, ni dans le plan d’aide relatif aux festivals en général. Les défis que
nous devrons relever seront pourtant nombreux. A court terme, nous nous retrouverons confrontés
aux mêmes obstacles que les salles de cinéma : difficultés d’accueillir autant de spectateurs que
précédemment et de percevoir les recettes suffisantes pour couvrir nos frais de location de films et
de salles notamment. Quant aux mesures sanitaires en vigueur, elles seront également
d’application pour les festivals et impliqueront donc des coûts supplémentaires.
Même si nous ne doutons pas que nous ferons partie de la relance à un moment ou l’autre, il nous
semblait aujourd’hui crucial de nous rassembler pour vous écrire, vous exprimer nos
préoccupations et rappeler nos spécificités ainsi que les différents rôles que nous jouons.
Les festivals de cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles composent un paysage diversifié
d’événements complémentaires dont le rayonnement et l’utilité sont indéniables à plusieurs
niveaux. Sur le plan culturel, ils représentent plus que jamais des espaces de diffusion qui offrent
des expériences cinématographiques alternatives au cinéma formaté et en dehors de circuits
traditionnels comme les complexes et les sites de streaming.
Actifs sur les plans de l’éducation permanente et pédagogique, ils promotionnent le 7ème Art dans
toute sa pluralité, sont en première ligne dans la valorisation des films et des artistes belges auprès
du public belge et défendent la salle de cinéma comme un précieux territoire de rencontres, tant
pour les auteurs confirmés que pour des nouveaux talents en quête de reconnaissance.
Les festivals de cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles cumulent ensemble chaque année :
• Près de 200 jours d’activités,
• 1800 séances de cinéma,
• 850 évènements et activités périphériques,
• 1400 invités de cinéma belges et internationaux,
• 340 000 festivaliers.
Nous collaborons avec plus de 1400 structures de tous types, faisons travailler 650 prestataires
privés dans les domaines de l’Horeca, l’hôtellerie, la technique et la communication entre autres, ce
qui fait de nous des acteurs économiques à part entière de nos villes et nos régions.
Afin de défendre notre spécificité, réaffirmer notre place dans l’écosystème du cinéma belge et
créer un large espace de concertation, nous avons mis en place immédiatement une plateforme qui
rassemble les festivals de cinéma. Nous voulons être actifs, constructifs, utiles à la société, au vivre
ensemble, aux autres opérateurs et aux artistes de notre secteur. Nous ne voulons pas nous limiter
à pointer les problèmes mais également amener des idées et des solutions. Y compris dans la
question déterminante de la recherche de sources de financement qui puissent nous permettre de
continuer à mener nos missions et développer nos activités.
S’il nous semble indispensable qu’un juste refinancement des contrats-programmes des festivals de
cinéma (environ 0,12% du budget culture de la FWB) puisse s’opérer prochainement, une réflexion
en profondeur sur les apports privés devrait sans doute également être menée. A notre époque,
lorsqu’une société privée fait le geste estimable de s’engager à soutenir un événement culturel
comme un festival de cinéma, elle doit sans doute être encouragée par un mécanisme économique
plus avantageux que ce qui existe actuellement.
Ces dernières semaines, nous avons lu et entendu à de nombreuses reprises qu’il y aura un avant et
un après Covid-19. Nous avons lu et entendu que la culture était un élément de première
importance dans nos vies. Nous avons lu et entendu des engagements de nos décideurs. Nous
espérons lire et entendre qu’il y aura des perspectives concrètes et durables et une attention portée
à la particularité des festivals de cinéma afin de leur permettre de rester des acteurs culturels du
monde de demain.
En vous remerciant pour l’attention que vous porterez à la présente, nous vous prions de croire,
Madame, Monsieur, à l’expression de nos salutations les plus distinguées.
Doris Cleven – Dominique Seutin / Festival Anima
Nicole Gillet / Festival International du Film Francophone de Namur
Aurélie Losseau / Festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles
Céline Masset / Brussels Short Film Festival
Géraldine Cambron / Festival A Travers Champs
Marie Vemeiren / Festival Elles Tournent
Hilde Steenssens / Festival International de Cinéma Jeune Public Filem’on
Jeanne Hebbelinck / Festival Imagésanté
Sarah Pialeprat / Brussels Art Film Festival
Pauline David / Festival de cinéma En Ville !
Emilie Montagner / Festival Les Enfants Terribles
Zlatina Rousseva / Festival Millenium
Guy Delmote / Brussels International Fantastic Film Festival
Maxime Dieu / Festival International du Film de Mons
Pascale Hologne / Brussels International Film Festival
Jean-Pierre Winberg / Tournai Ramdam Festival
Adrien François / Festival International du Film de Comédie de Liège
Michel Grandmaison / Festival du Cinéma Belge de Moustier
Cédric Monnoye / Festival International du Film Policier de Liège
Wolfgang Kolb / International Dancefilmfestival Brussels
Alban de Fraipont / Waterloo Historical Film Festival
Jacques Paulus / Festival Pink Screens
François Marache / Festival Courts mais Trash