La plus ancienne espèce de #gecko d’#Europe vivait en #Belgique

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La plus ancienne espèce de #gecko d’#Europe vivait en #Belgique

Les paléontologues ont décrit une nouvelle espèce belge de gecko fossile. Le lézard Dollogekko dormaalensis vivait il y a 56 millions d’années, ce qui en fait l’espèce la plus ancienne de gecko d’Europe. « Cette découverte nous donne de nouvelles traces de l’histoire des geckos en Europe », dit Annelise Folie, paléontologue à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB). Les scientifiques ont nommé la nouvelle espèce d’après le célèbre paléontologue belge, Louis Dollo.

Les geckos actuels se retrouvent partout dans le monde, dans les régions tropicales et subtropicales. La plupart des espèces sont adaptées aux climats chauds, et en Europe, on n’en trouve donc qu’autour de la mer Méditerranée. Mais durant l’époque Eocène, il y a 56 à 34 millions d’années, il faisait beaucoup plus chaud dans nos régions et beaucoup d’animaux thermophiles, dont les geckos, pouvaient alors être trouvés dans des latitudes plus élevées qu’aujourd’hui.

 

Une équipe internationale de paléontologues a examiné le fossile d’un tel gecko préhistorique issu des collections de l’IRSNB. Le fossile a été trouvé à Dormaal, un hameau de la commune belge de Zouteleeuw, dans le Brabant Flamand. Il s’avère que le fossile appartient à une espèce jusqu’alors inconnue et représente, avec du matériel encore indéterminé du Portugal, les plus vieux restes de gecko connus en Europe. La nouvelle espèce, Dollogekko dormaalensis, est donc le gecko le plus vieux d’Europe décrit à ce jour.

 

La seule partie fossilisée de cet individu que les scientifiques ont trouvée est l’os frontal. Cependant, par sa forme unique et l’ornementation de sa surface externe, elle apporte suffisamment d’informations pour conclure qu’il s’agissait d’une espèce jusqu’alors inconnue. Cet os du crâne est donc immédiatement devenu le spécimen type officiel – le spécimen utilisé pour décrire l’espèce – et continuera d’être conservé dans les collections de l’IRSNB.

 

Un monde extrêmement chaud

Dollogekko dormaalensis vivait durant le maximum thermique Paléocène-Eocène (il y a 56 millions d’années), lorsque la Belgique, qui a aujourd’hui un climat tempéré océanique, était beaucoup plus chaude. Le nouveau gecko faisait partie de la faune reptilienne diversifiée du dénommé « monde extrêmement chaud » de l’époque.

 

Les conditions tropicales et subtropicales s’étendaient alors bien plus loin vers les deux pôles. De plus, l’augmentation des températures durant l’Eocène inférieur a mené à une hausse du niveau des mers et beaucoup de régions d’Eurasie étaient inondées. L’Europe était un archipel composé de plusieurs îles. « Au vu du changement climatique global, il est essentiel de comprendre la distribution des espèces tropicales thermophiles du passé, ainsi que la distribution de certaines maladies infectieuses telles que la malaria », dit Andrej Čerňanský, le principal auteur de l’étude.

 

De quoi est composé le nom d’une espèce ?

Lorsque des scientifiques décrivent une nouvelle espèce, ils lui donnent évidemment un nom. Dans ce cas-ci, il n’était pas uniquement question de l’épithète de la nouvelle espèce (la deuxième partie du nom scientifique), mais également du nom de genre (la première partie du nom scientifique). L’espèce ne pouvait être classée dans un genre existant car elle ne ressemblait, ni ne vivait dans la même région, qu’aucune autre espèce de gecko de cette période.

 

Les scientifiques ont trouvé leur inspiration pour le nom épithète dans le lieu où le spécimen type a été découvert : dormaalensis signifie « de Dormaal ». Le nom du genre, Dollogekko, est en honneur au célèbre paléontologue belge Louis Dollo (1857 – 1931), connu principalement pour ses recherches sur les dinosaures, y compris les iguanodons qui se trouvent à l’IRSNB. Sa spécialité était l’anatomie des poissons et reptiles fossiles, incluant les tortues, les mosasaures, les serpents, les lézards et les dinosaures.

 

L’étude a été publiée dans le journal Royal Society Open Science.

Ce projet est une collaboration entre les chercheurs de plusieurs institutions, incluant l’université Comenius à Bratislava, Slovaquie (Andrej Čerňanský), l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (Annelise Folie, Thierry Smith et Richard Smith), Sam Houston State (Juan Diego Daza) et la Villanova University (Aaron M. Bauer) aux Etats-Unis.