L’Allemagne active la deuxième phase du plan d’urgence gaz, la Belgique exporte au maximum vers les pays voisins

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L’Allemagne est le premier pays européen à annoncer l’activation de la deuxième phase (Alerte) de son plan national d’urgence pour le gaz naturel. L’Allemagne avait déjà activé la première phase (Alerte précoce) à la fin du mois de mars.   

Par rapport à nombre de pays européens, l’Allemagne est très dépendante du gaz russe. Avant la guerre en Ukraine, plus de la moitié des importations de gaz allemand provenaient de Russie. Principalement via le gazoduc Nord Stream 1, une liaison directe entre la Russie et l’Allemagne. Depuis quelques jours, seulement environ 40% de la quantité normale a été livrée.

Notre pays a été informé de l’intention de l’Allemagne le week-end dernier (18-19/06) de cette possibilité.  La Belgique avait également été informée à de l’intention des Pays-Bas, qui ont activé la phase d’Early Warning (alerte précoce) ce lundi 20/06. Nos pays sont en contact permanent. L’impact de ces mesures sur la Belgique est analysé de près.

À chaque fois que la situation évolue, un protocole précis est suivi pour estimer correctement l’impact sur l’approvisionnement de notre pays. Dimanche soir, une réunion a eu lieu entre FLUXYS, le gestionnaire de réseau pour le gaz, l’AD Energie et le cabinet de la ministre Van der Straeten. L’administration de l’Energie a eu de fréquentes consultations avec ses homologues du BENELUX et a participé à une réunion avec ses homologues européens lundi.

Bien que les Pays-Bas et l’Allemagne aient respectivement activé les phases d’”Alerte précoce” et d’”Alarme”, il ressort de notre analyse que l’approvisionnement en gaz en Belgique est toujours garanti. Il n’y a actuellement aucun élément pour déclencher la phase d’Alerte précoce dans notre pays. La Belgique présente deux avantages majeurs. D’une part, il n’y a pratiquement pas de gaz russe dans notre réseau de gazoducs et d’autre part, avec le port de Zeebrugge, mais aussi de Dunkerque (nord de la France), nous disposons d’une importante porte d’entrée.

En tant que plaque tournante d’importation et de transit, notre pays est le carrefour européen du gaz. Nous exportons du gaz riche (gaz à haut pouvoir calorifique) vers l’Allemagne à sa capacité maximale, avec des moyennes quotidiennes de 750 GWh/j. La Belgique exporte également du gaz riche vers les Pays-Bas, actuellement à hauteur de 433 GWh/j. La consommation de gaz riche en Belgique est actuellement d’environ 325 GWh/j. La Belgique exporte à pleine capacité vers l’Allemagne et les Pays-Bas, soit jusqu’à 3,5 fois sa propre consommation. Nos voisins peuvent continuer à compter nous.

Sur une base annuelle, nos ménages et PME consomment 53,5% de notre consommation totale de gaz, l’industrie 24,5% et la production d’électricité, 22%.

Bien que l’activation de la phase Alerte précoce ne soit pas à l’ordre du jour en Belgique, la situation n’en demeure pas moins sérieuse. Le risque que les prix augmentent et restent élevés est réel. Avec les terminaux gaziers de Zeebrugge et de Dunkerque, la Belgique joue un rôle crucial en tant que pays de transit. Grâce aux interconnexions, notre pays fonctionne à sa capacité maximale et nos pays voisins peuvent continuer à compter nous. La situation est suivie et évaluée en permanence.

L’énergie est utilisée comme une arme et, à la lumière de la guerre énergétique, il est d’autant plus important d’être préparé à tous les scénarios. Il est donc essentiel de se préparer, sur tous les fronts et en concertation avec nos voisins.

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