Le monde perdu des #Mayas révélé par les #satellites

Le monde perdu des #Mayas révélé par les #satellites

Cachés sous la canopée de la forêt tropicale du Yucatán se trouvent les vestiges d’un monde perdu, celui des anciens Mayas. Ces vestiges, recouverts par la végétation dense de la jungle, échappent à nos yeux au sol, mais sont souvent bien visibles des capteurs embarqués sur des plateformes aériennes ou satellitaires.

Des structures autrefois cachées sont désormais révélées par la technologie du balayage par faisceau laser LiDAR (Light Detection and Ranging). En combinant l’imagerie tri-stéréoscopique Pléiades et les nuages de points LiDAR, l’équipe du projet STEREO III LIMAMAL a pu élaborer une série de recommandations et directives à l’intention des archéologues qui souhaitent utiliser la fusion de données pour étudier les paysages archéologiques Mayas.

 

Techniques de pointe pour sonder le passé

Nous sommes encore nombreux à nous représenter les archéologues emmenant sur le terrain une trousse contenant truelle, pinceau et loupe pour des fouilles minutieuses. Mais à côté de ce travail sur site, les chercheurs du passé peuvent désormais bénéficier d’une panoplie de techniques de pointe pour préparer ou peaufiner leurs recherches. Le LiDAR fait partie de ces nouvelles technologies qui viennent en aide aux archéologues, notamment pour révéler les vestiges mayas recouverts par la forêt tropicale. Le LiDAR est un instrument, généralement embarqué dans un avion, composé d’un scanner laser et d’un photodétecteur. Le laser émet des milliers d’impulsions lumineuses qui peuvent pénétrer au travers de la canopée de la forêt par de petites ouvertures, interagir avec la surface au sol et retourner au détecteur sous forme d’écho. Ces faisceaux lumineux peuvent ainsi révéler des structures jusqu’alors inconnues, permettant aux archéologues d’obtenir des informations sur des zones pour lesquelles ils avaient peu de connaissances. Le LiDAR est donc un outil important pour la reconstitution de paysages anciens et pour une meilleure compréhension de la civilisation maya.

 

Qu’est-ce qu’une image tri-stéréoscopique?

La stéréoscopie reproduit le processus naturel de la vision en trois dimensions de nos yeux. La parallaxe obtenue entre des images acquises selon des points de vue différents permet en effet de reconstituer le relief de la scène observée. Les instruments optiques embarqués à bord des satellites sont souvent capables de balayer une même scène sous des angles différents avec un décalage de l’ordre de la minute, ce qui permet de réaliser une scène stéréoscopique lors d’un seul passage.

Les satellites Pléiades sont quant à eux dotés d’instruments permettant l’acquisition quasi-simultanée de trois images de la même zone, une en arrière, une en avant, et une troisième image proche du nadir. Ces images, appelées tri-stéréoscopiques, permettent de reconstituer des modèles 3D très précis.

 

Combiner LiDAR et imagerie à très haute résolution

L’équipe du projet LIMAMAL, composée de chercheurs de l’Université de Gand, a combiné des modèles d’élévation et des visualisations dérivés de données LiDAR avec des images satellites tri-stéréoscopique à très haute résolution acquises par la constellation de satellites Pléiades. Avec une résolution de 50 cm, ces images permettent de discerner des vestiges archéologiques majeurs. Mais la fusion de ces données et des données issues du LiDAR fournit aux archéologues beaucoup plus de détails et leur permet de mieux comprendre le paysage archéologique. Selon les caractéristiques des éléments de terrain d’intérêt, différentes méthodes de visualisation peuvent être utilisées.

 

Chaque méthode a ses propres avantages et inconvénients, certaines étant meilleures pour la recherche d’éléments dans une topographie à faible relief, tandis que d’autres sont mieux adaptées pour des fortes déclivités. A l’issue du projet LIMAMAL, une série de recommandations et de directives ont été rédigées à l’intention des archéologues locaux afin de les aider à atteindre leur objectif de mieux comprendre les structures des communautés Mayas au sein d’un écosystème forestier tropical dense et inaccessible.

 

Étude de cas à Kiuic

Lors d’une conférence tenue à Mérida (Mexique) en mars 2022, les résultats du projet LIMAMAL ont été présentés aux autorités et aux archéologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Yucatán (INAH-Yucatán). L’équipe leur a présenté des modèles d’élévation et des visualisations 3D d’une ville maya peu connue appelée Kiuic, située au cœur de la région de Puuc dans la péninsule du Yucatán. Les participants au workshop, qui n’étaient pas des experts en télédétection, ont été très intéressés par les directives, mais aussi par les données et les méthodes utilisées.

Le projet a donc démontré que la combinaison de deux technologies de télédétection a permis de redonner vie au site Maya caché de Kiuic. De telles informations sont des avancées importantes pour les archéologues qui leur permettent de mieux comprendre le paysage culturel et les aident à planifier leur travail sur le terrain.

– Source : Belgian Earth Observation