Santé

Le risque de la maladie de Parkinson se mesure à la qualité du sommeil

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Le risque de la maladie de Parkinson se mesure à la qualité du sommeil

Une étude menée par l’équipe de Gilles Vandewalle et Puneet Talwar (GIGA Institute – Laboratoire Sommeil et Maladie) révèle que le risque génétique de développer la maladie de Parkinson est associé à l’intensité et à la durée du sommeil paradoxal chez des individus en bonne santé âgés d’à peine plus de 20 ans en moyenne. Une avancée qui permet de mieux définir le lien entre sommeil et maladie de Parkinson.

 

La maladie de Parkinson (MP) est la deuxième maladie neurodégénérative la plus répandue.

Le nombre de personnes atteintes de MP dans le monde est passé de 2,5 millions dans les années 90 à 8,5 millions aujourd’hui, une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines décennies. Elle reste difficile à diagnostiquer avant l’apparition des symptômes moteurs, souvent tardifs. « Le grand défi, c’est de détecter la maladie très tôt, avant que les dégâts ne soient irréversibles », explique Gilles Vandewalle.

 

À l’heure actuelle, la MP reste un diagnostic clinique, car aucun biomarqueur de laboratoire ou de neuroimagerie ne permet de confirmer définitivement la maladie. Les traitements pharmacologiques existants traitent par ailleurs principalement les symptômes moteurs, sans mettre fin aux processus neurodégénératifs sous-jacents déjà avancées au moment où les symptômes moteurs apparaissent.

 

On sait que le sommeil, en particulier le sommeil paradoxal, est altéré dès les premiers stades de la maladie de Parkinson. Il pourrait donc non seulement constituer un moyen précoce d’évaluer le risque de développer la maladie de Parkinson, mais aussi offrir de nouvelles cibles d’intervention (puisqu’il est possible d’agir sur le sommeil). Cependant, on ne sait pas exactement quand et comment ce lien entre sommeil et MP apparaît chez les personnes en bonne santé.

 

Les chercheurs de l’ULiège ont exploité le caractère partiellement génétique de la MP pour calculer le risque polygénique chez plus de 500 personnes en bonne santé. L’échantillon contenait une majorité de jeunes adultes (18-31 ans) mais aussi de personnes plus âgées (50-69 ans). Ce risque génétique reste très faible et ne permet pas de prédire qui développera la maladie. La variabilité du risque est cependant significative car elle reflète des mécanismes biologiques liés à la maladie. L’équipe a donc cherché à établir des liens entre ce risque polygénique et les caractéristiques du sommeil des personnes étudiées.

 

Les résultats de l’étude montrent que le risque génétique de développer la MP est lié à l’intensité des ondes thêta ainsi qu’à la durée du sommeil paradoxal. Autrement dit, davantage d’ondes thêta et plus de sommeil paradoxal semblent indiquer un risque plus important, et ce, deux à quatre décennies avant l’âge habituel d’apparition des symptômes moteurs.

Chez les participants plus âgés, la tendance s’inverse : plus d’ondes thêta et plus de sommeil paradoxal sont cette fois liés à un risque moindre. « Nous pensons que cette inversion pourrait s’expliquer par un état cérébral globalement moins performant à cet âge, même chez des individus considérés comme sains », souligne Puneet Talwar.

 

Ces résultats indiquent que le suivi des changements du sommeil pourrait devenir un outil clé pour identifier précocement les personnes à risque et orienter des stratégies de prévention ciblées, notamment en agissant sur le sommeil. Cette approche est d’autant plus réaliste qu’il est désormais relativement simple de mesurer le sommeil à domicile et qu’il existe des moyens efficaces pour en améliorer la qualité.

 

Référence scientifique :

Puneet Talwar, N. Mortazavi, Ekaterina Koshmanova, Vincenzo Muto, Aurora Gasparello, Christian Degueldre, Christian Berthomier, Fabienne Collette, Christine Bastin, Christophe Phillips, Pierre Maquet, Zubkov Mikhail, Gilles Vandewalle, Age-related differences in the association between REM sleep and the polygenic risk for Parkinson’s disease, Ann Neurol. 2025 Dec 25. doi: 10.1002/ana.78112.