L’épidémie reprend des forces”la propagation du coronavirus sera évoqué le jeudi 23 juillet prochain”

Le possible assouplissement des mesures prises pour lutter contre la propagation du coronavirus sera évoqué le jeudi 23 juillet prochain lors d’une nouvelle réunion du Conseil national de sécurité (CNS)

Il y aura le 23 juillet une nouvelle évaluation pour voir “si nous pouvons continuer” et passer à la phase 5 du déconfinement ou éventuellement faire marche arrière sur certains points, a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse à l’issue d’un CNS qui s’est tenu au Palais d’Egmont à Bruxelles. La bulle de 15 personnes par semaine hors foyer reste en vigueur.

“Nous continuerons cependant le travail ces prochains jours. C’est important pour les secteurs qui sont encore à l’arrêt et qui attendent des perspectives. Cela concerne, par exemple, la reprise des activités de la vie nocturne qui reste très sensible sur le plan sanitaire”, a-t-elle dit.

Mme Wilmès (MR) a souligné qu’une “reprise” du virus avait été constatée depuis le début du mois, avec une – légère – hausse de la moyenne journalière des nouvelles contaminations au coronavirus sur sept jours.

Selon les derniers chiffres diffusés par l’Institut de santé publique Sciensano, le nombre de nouvelles infections a progressé de 8% durant la période allant du 5 au 11 juillet par rapport à la semaine précédente. Le taux de reproduction du coronavirus (ou R0, qui indique combien de personnes sont infectées par une personne contaminée) est (re)passé au dessus de un, selon le groupe d’experts sur la stratégie de sortie de crise du Covid-19 (GEES), a ajouté la Première ministre.

Gare aux événements “super-infecteurs”

De manière générale, Sophie Wilmès a appelé à la prudence, en particulier lors d’événements nocturnes. “Ces activités sont considérées comme des événements “super-infecteurs”. Ce n’est qu’au moment où la situation sanitaire sera vraiment stabilisée qu’on pourra rouvrir ce secteur.” Ces “super spreader events” sont difficiles à tracer. II n’est donc pas question pour les autorités d’autoriser des comportements dangereux pour la santé publique, comme des “apéros bondés dans les bars ou les cafés” ou “des fêtes improvisées”. Les établissements qui enfreignent les règles de manière répétée pourront être fermés, comme le prévoit un arrêté ministériel.

“Il n’y pas de raison d’exclure des reconfinements locaux”, a prévenu la Première ministre. “Toutes les mesures nécessaires seront prises (…) Si la tendance évolue mal, nous n’irons pas vers la phase 5. Si nous devons appliquer des mesures plus strictes, nous le ferons”.

Sophie Wilmès compte sur l’intelligence collective des vacanciers

Concernant les départs et retours en vacances, “les gens doivent comprendre que quand nous prenons des règles, ce n’est pas pour embêter mais pour protéger la santé. Il faut chaque fois prévoir des systèmes de sanction mais nous comptons sur l’adhésion et le fait que les gens suivent d’eux-mêmes les règles”, a indiqué Sophie Wilmès. La Première ministre compte sur l’intelligence collective.

“Nous sommes l’un des premiers pays à avoir appliqué ce code couleur, ce qui rend parfois notre entente difficile avec certains pays parce que ce n’est pas facile d’être placé en code rouge mais notre priorité reste la santé”, a-t-elle précisé.

La Belgique se prépare à une potentielle deuxième vague

Elle a défendu la décision – prise “sans attendre” la semaine dernière par un comité de concertation entre le fédéral et les entités fédérées – de rendre dès le 11 juillet le port du masque obligatoire dans les espaces fermés (magasins, centres commerciaux, cinémas, salles de spectacle ou de conférence, auditoires, lieux de culte, musées, bibliothèques, casinos, agences bancaires et bâtiments de justice). “Le masque est devenu un outil de notre vie de tous les jours”, a-t-elle dit en notant qu’il pourrait être imposé dans d’autres circonstances “si la situation sanitaire le demande”.

La Première ministre a encore assuré que la Belgique se préparait à une potentielle deuxième vague de la pandémie. “La Belgique d’aujourd’hui n’est plus celle de février (au début de l’épidémie)”, a-t-elle affirmé en insistant sur l’expertise “impressionnante” acquise entre-temps et sur la coopération inédite qui s’est instaurée entre les différents niveaux de pouvoir.

Testing: la Belgique dans le “top 10 mondial” par million d’habitants

En matière de testing, la Belgique figure dans le “top 10 mondial” par million d’habitants, s’est-elle réjouie en annonçant le maintien de cette capacité à 30.000 à 45.000 tests journaliers en septembre et davantage en octobre.

Le stock stratégique de masques comprendra fin août 200 millions de masques chirurgicaux, 33 millions de FFP2 et cinq millions supplémentaires de masques en tissu – en plus de ceux disponibles en pharmacies.