« MUSÉE HAUT, MUSÉE BAS », PAR LE « THÉÂTRE ROYAL DES GALERIES », À NAMUR, LES 21 ET 22 JUILLET

Dans le cadre de la « Tournée au Château », après une longue disette culturelle, le « Club Richelieu », sis dans la  capitale wallonne, renoue avec la tradition, depuis 1985, de sa collaboration avec le « Théâtre royal des Galeries », qui ouvrira sa saison estivale dans la Ville mosane, au sein des jardins à la française de l’hôtel particulier de la famille des  de Groesbeeck-de Croix, édifié au XIIIè siècle, réaménagé entre 1751 et 1753 et acheté, en 1935, par la Ville de Namur.

A l’afficheces jeudi 21 et vendredi 22 juillet : « Musée haut, Musée bas », une pièce désopilantelégèresubversive de Jean-Michel Ribes (°Paris/1946).

« Musée haut, Musée bas » © « Théâtre royal des Galeries

Synopsis : « Dans cette histoire de musée, l’auteur ne veux ni donner de leçons, ni faire de commentaires, seulement
explorer ce lieu où se rencontrent les muses, où se mêlent l’art et la vie, les mortels et les immortels dans un ballet
émouvant et absurde. Il a voulu que le public traverse le spectacle comme il visite un musée, sautant de la Peinture
hollandaise aux Dadaïstes, des Antiquités grecques aux Impressionnistes, chaque scène étant traîtée dans un style aussi différent que l’est celui des salles de musée … »

Avec l’humour grinçant de Jean-Michel Ribes, « Musée haut, Musée bas » met en scène une douzaine de personnagesartistes, conservateursguides et visiteurs, qui s’éparpillent dans le « grand bazar » de notre Culture  contemporaine.

Chaque soir, sur scène, entre l’exposition de photos présentant 350 sexes masculins et le parking « Dali » du 4è sous-sol, nous bénéficierons d’une visite jubilatoire, découvrant la vie secrète des œuvres d’art, la délirante journée des guides et d’autres faces cachées de l’univers muséal. Un spectacle qui nous renvoie à nos propres contradictions et idées reçues, maniant l’humourla dérision et un zest d’auto-dérision, si nécessaire aujourd’hui, en temps de guerrede pandémie et de  vie de plus en plus chère.

« Musée haut, Musée bas » © « Théâtre royal des Galeries

Avec humour, le « Théâtre royal des Galeries » pose quelques questions sur « Musée haut, Musée bas » : « Le  musée est-il chaud, est-il froid ? Est-il haut, est-il bas ? Y a-t-il des veaux, y a-t-il des rats ? Et que viennent y faire tous ces gens ? Visiter ? Mais visiter qui, quoi ? Chercher quelqu’un ? Un arbre ? Un chien ? Se montrer, s’aimer, manger, chuchoter, s’extasier, pisser, dormir, copier ? Le musée espace de liberté ou prison pour dingues ? Qui habite les musées ? Le passé, le présent, ma tante, des œuvres, des chefs-d’œuvre, des gardiens de chefs-d’œuvre, des voleurs, des Saintes  Vierges, Mickey, Giorgio De Chirico, la lumière, l’obscurité ou personne ? Et l’art dans tout ça ? L’art est un scandale et “musée” se glisse dans “s’amuser.”

Distribution : Jean-Damien BarbinEmeline BayardCatherine BeauMylène BonnetPatrick DutertreAnnie  GrégorioChristian HecqMicha LescotPatrick LigardesAnne SaubostEric Verdin & Béatrice Warrand, dans une mise en scène de Sandra Raco.

« Musée haut, Musée bas » © « Théâtre royal des Galeries »Critiques de la Presse :

** de Michel Cournot, pour « Le Monde » : « C’est d’une verve, d’une richesse d’inventions drôles incroyables. Ce n’est pas du tout une critique des musées, c’est une avalanche de situations burlesques situées dans un musée imaginaire et de paroles bouffonnes qui les accompagne. »
** de Fabienne Pascaud, pour « Télérama » : « Farce grotesque, qui réapprend à penser, à rire librement, à supporter avec panache l’infinie absurdité d’être de ce monde. »
** de Philippe Tesson, pour « Figaro Magazine » : « Ce qui est formidable chez Ribes, c’est qu’il fait tout passer par le rire, la verve ou l’ironie. C’est notre Rabelais, la lucidité, plus la gaîté, plus l’extravagance. »

« Musée haut, Musée bas » © « Théâtre royal des Galeries »

Propos de Jean-Michel Ribes « Dans cette histoire de musée, je ne veux ni donner de leçons, ni faire de commentaires, seulement explorer ce lieu où se rencontrent les muses, où se mêlent l’art et la vie, les mortels et les immortels, dans un ballet émouvant et absurde … Dans le combat qui oppose Nature et Culture, j’ai choisi Venise et je pense que le discours lénifiant de l’écologie comme salvation de l’homme est non seulement barbant mais dangereux pour l’art, c’est-à-dire l’artifice, qui nous a sorti des cavernes et nous a sauvé de ce que le scoutisme vert veut essayer de nous refourguer … Le commentaire analytique terrorise les auteurs, qui se retrouvent pétrifiés comme des lapins devant des phares ! Le raisonnement tue la pensée. Au musée, c’est pareil. Si on nous explique ce que représente ‘La Naissance de Vénus’, de Botticelli, on ne peut plus se retrouver face à elle dans un état créatif. Le vrai danger est là : ce qui est expliqué est plus petit que ce qui est. Il faut aller ailleurs, il faut sauter dans le vide. On nous dit ce qu’il faut bouffer, ce qu’il faut penser et quel temps il va faire. Il y a un trop-plein de réalité. Lâchons-nous ! »

Jean-Michel Ribes

Notons que Jean-Michel Ribes, fait « Officier de la Légion d’Honneur », en 2017, fut le lauréat, entre autres, en 2002, pour sa pièce « Théâtre sans Animaux », du « Molière du meilleur Auteur » du « Molière du meilleur Metteur en Scène », recevant, pour l’ensemble de sa carrière, la même année, le « Grand Prix du Théâtre de l’Académie française », ainsi qu’en 2011, le « Grand-Prix de la SACD » (« Société des Auteurs & Compositeurs  Dramatiques »).

Quant à « Musée haut, Musée bas », cette pièce fut créée le 21 septembre 2004au « Théâtre du Rond-Point »,  à Parisétant nommée, en 2005, pour le « Molière du meilleur Auteur ».

Création, à Paris/2004

Dès lors, pour mettre l’univers muséal sens dessus dessous, quoi de mieux que d’organiser, à Namur, ces deux soirées théâtrales, au sein d’un authentique musée, l’hôtel particulier de la famille Groesbeeck-de Croix, sis au sein du « Pôle muséal des Bateliers », abritant, désormais, le « Musée des Arts décoratifs », un musée qui nous ouvrira les portes de son exposition « Maison de Famile », exceptionnellement en soirées, avant chacune des deux représentations.

Hôtel particulier des de Groesbeeck-de Croix © Ville de Namur

Hôtel particulier des de Groesbeeck-de Croix © Ville de Namur
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Joute d’Echasseurs (XVIIIè s.) © Ville de Namur

Lors de notre éventuelle visite de cette « Maison de Famille », nous découvrirons des pièces de cristallerienotamment de VonêcheNamur ayant été le centre verrier le plus important du pays, des faiënceries d’Andenne et de Saint-Servais, une splendide cuisine d’époquetapissée de carreaux de faïences de Delft, des tapisseries en cuir gaufré et doré, un cabinet chinois, une luge et des bottes géantes d’un facteur de la poste, une chaise à porteurs, sans oublier d’intéressants tableauxallant du siège de Namur par Louis XIVau confluent de la Sambre et de la Meuse, en passant par la représentation d’anciens échasseurs namurois, qui, mentionnés pour la 1ère fois en 1411, ont vu leurs joutes être inscrites, depuis 2021, sur la liste du « patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO ».

Les Visiteurs 3 : quelles retombées ?
« Les Visiteurs 3 : La Révolution »/Hôtel particulier de Groesbeeck-de Croix © Ph. : N. Schul/2016

Et si cet hôtel particulier accueillera, cette semaine, une pièce de théâtre, il fut le cadre idéal de tournages  cinématographiques, dont « Le jeune Karl Marx » (Raoul Peck/Fra.-All.-Bel./2017/118′) & « Les Visiteurs 3 : La Révolution » (Jean-Marie Poiré/Fra.-Bel.-Rép. tchèque/2016/110’/avec Christian ClavierFrank DuboscValérie LemercierJean Reno et Sylvie Testud).

Le Radeau de la Méduse
Séquence du Film « Musée haut, Musée bas » © Ph. : D. Koskas/2008

Venant d’évoquer le cinéma, notons la réalisation, en 2008, d’un long-métrage français « Musée haut, Musée bas »  (Jean-Michel Ribes/93’/avec Pierre ArditiJosiane BalaskoMichel BlancAndré DussolierFabrice LuchiniGérard Jugnot & Muriel Robin).

Le Théâtre Royal des Galeries de retour au Château d'Havré
« Musée haut, Musée bas » © « Théâtre royal des Galeries »

Pour la version théâtrale de « Musée haut, Musée bas », du même réalisateur, Jean-Michel Ribes, rendez vous à Namur, à 21h, ce jeudi 21 ou ce vendredi 22 juillet.

Hôtel particulier des de Groesbeeck-de Croix © Ville de Namur

Accueil (afin de pouvoir visiter l’exposition « Maison de Famille » : dès 19h30. Fermeture des Portes : 20h45. « Prix d’accès : 20€ (10€, de 12 à 25 ans / 0€, pour les moins de 12 ans). Réservations : 0496/78.54.44. Site web :  https://trg.be/spectacle/musee-haut-musee-bas.

Et pour ceux qui ne pourront assister à l’une de ces deux représentations namuroises, signalons que cette « Tournée des Châteaux » se poursuivra jusqu’au vendredi 02 septembreprésentant « Musée haut, Musée bas »,  successivement à Rhode-Saint-GenèseMolenbeek-Saint-Jean (« Château du Karreveld »), Habay-la-NeuveHennuyères-Braine le Comte (« Ferme du Planois »), Havré/MonsHannutCorroy-le-ChâteauGenappeTrois PontsMontignies-sur-RocGomery/VirtonFontaine-L’ÉvêqueTrazegniesWoluwe-Saint-Lambert  (« Wolubilis »), BeaumontVillers-Sainte-Gertrude/DurbuyMalmedy (Abbaye), Freux/Libramont-ChevignyFeluy/SeneffeMaredsous (Abbaye), Moustier-sur-Sambre (« Ferme de Froidmont »), BeauvechainGérouville/ Meix-devant-Virton, IttreWavre (« Château de l’Ermitage »), Bonneville/AndenneRixensartBeloeil  (« Orangerie du Château ») & Enghien.

Programme précis et contacts des représentations disponibles via ce lien :                                                    https://trg.be/wp-content/uploads/2022/06/Dates-Tourn%C3%A9e-des-Ch%C3%A2teaux-2022.pdf.

Yves Calbert.