« MUSICAL THEATRES », À LA « PORTE DE HAL », JUSQU’AU 04 DÉCEMBRE 2022

visual Magical Theatres

Affiche de « Magical Theatres » © « KMKG-MRAH »

« Je priais parfois mon fils de me donner une représentation de décors …
Je voyageais ainsi en rêve et j’y aurais passé ma vie,
car à l’âge ou je suis maintenant,
le plus agréable des voyages est celui qu’on peut faire dans un fauteuil.
«
(Georges Sand (Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil/1804-1876)/« Œuvres autobiographiques »/T. II).

Comme la romancière française Georges Sand (Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil/1804-1876), au XIXè siècle, dans les familles, les « théâtres en papier » étaient particulièrement appréciés, tant par les enfants que par leurs parents.

Au « Musée de la Porte de Hal » , l’exposition « Magical Theatres » – bénéficiant de la richesse de la collection  d’ethnologie des « MRGA » (« Musées Royaux d’Art et d’Histoire ») – redonne vie, jusqu’au dimanche 04 décembre 2022, au monde magique de ces « théâtres en papier » ou « théâtres de table », à leurs petits acteurs de papier et à leurs merveilleux décors colorésprès de 250 pièces nous étant présentées

Ces charmantes œuvres d’art, apparues voici deux siècles, reflètent la grandeur des scènes théâtrales européennes, témoignant de l’univers intime des familles du XIXè siècle. L’exposition dévoile des exemplaires complets de l’époque et de belles planches originales en papier, ces théâtres devant être découpés et monter à la maisonpar les enfants ou leurs parents, ce qui occupaient intelligemment les soirées, à une époque où la télévision et les smartphones n’existaient pas encore.

Notre guide virduel Le « Chat botté » © « KMKG-MRAH »Grâce à une idée originale des organisateurs, les visiteurs sont guidésvia leurs écouteurs et des images réalisées en technologie hologrammique, par le « Chat botté », personnage créé par l’écrivain italien Giovanni Francesco Straparola (1480-1558), avant d’être repris par l’homme de lettres français Charles Perrault (1628-1703), au sein de son ouvrage « Les Contes de ma mère l’Oye » (1697).

Ainsi, le « Chat botté » (ou « Maître Chat », pour Charles Perraultprend la parole à plusieurs repises, notamment, de façon amusante, dans un théâtre viennois, durant le parcours, proposé au 3è étage de la « Porte de Hal »une petite animation vidéo nous étant, également, dédiée dans le grenier, à l’étage suivant.

Mais revenons au début du parcours, avec trois superbes grandes marionnettes à tringles, qui étaient utilisées par la famille Van Weymeersch, de réputés marionnettistes, actifs dans les Flandres, entre 1827 et 1870. Restaurées pour cette exposition par l’ « IRPA » (« Institut Royal du Patrimoine Artistique »), elles furent retrouvées, ensemble,  dans un grenier, avec un violon, utilisé pour leurs représentationsdes tickets d’entrées et une boîte d’optique  permettant d’offrir des spectacles d’imageséclairées par des bougies, le tout étant rassemblé dans l’une des premières vitrines du 3è étage.

Pour suivre, après ces marionnettes et cette boîte d’optique, l’on nous présente un diorama du XVIIIè siècle, qui n’était pas un jouet, mais qui avait été réalisé, tout simplement, pour le plaisir des yeux.

© « KMKG-MRAH »Pour en venir aux « théâtres en papier », notons qu’ils ont été créés comme souvenirs d’authentiques représentations  théâtrales, le “vrai” théâtre étant alors l’un des loisirs préférés de la bourgeoisie.

Ces « théâtres en papier » sont construits à partir de planches de construction, réalisées en lithographies,  chromolithographiescolorées au pochoir, ou en aquarelles, avec, pour chacun, une avant-scènedes accessoires ,des personnages et des décorsces derniers se composant d’un fond et de 4 à 6 coulisses, s’inspirant de la vie quotidienne du XIXè sièclesouvent stéréotypéeen Europe, voire illustrant l’Egypte , le Japon, ou d’autres contrées exotiques, une douzaine de tiroirs nous permettant d’en découvrir une sélection.

© « KMKG-MRAH »Dans certains cas, ces petits décors en papier ont été créés par des artistes travaillant pour de grands théâtres, tels que les peintres allemands Carl Beyer (1826-1903) et Theodor Guggenberger (1866-1929), d’autres nous venant d’Epinal, ville française réputée pour son imagerie.

D’une durée souvent réduite, afin d’être plus accessibles aux enfants, les drames de William Shakespeare (1564-1616) ou les opéras de Ludwigvan Beethoven (1770-1827), WolfgangAmadeus Mozart (1756-1791) et Richard Wagner  (1813-1883) sont, ainsi, interprétés dans des « théâtres en papier », aux noms glorieux, comme le « Théâtre de l’Odéon », choisi pour llustrer l’affiche de l’exposition.

Au départ, ces « théâtres en papier » sont davantage destinés aux garçons, vu que l’on estimait qu’en construisant eux-mêmes un théâtre, ils exerceraient leur dextérité. De plus, monter un spectacle devait aiguisé leurs sens du commandementde l’organisation et de l’imagination, tout en développant leur culture littéraire, ces qualités étant, à l’époque, surtout attendues de la part des garçons.

Parmi ces derniersun cartel de l’exposition nous signale que Hans Christian Andersen (1805-1875), Lewis Caroll  (1832-1898), Charlies Chaplin (1889-1977), Jean Cocteau (1889-1963), Charles Dickens (1812-1870), Oscar Wilde  (Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde/1854-1900), …, jouèrent avec des « théâtres en papier ».

© « KMKG-MRAH »Parmi les pièces exposées, nous découvrons une lanterne magique et ses plaques de verre (1880), un jeu de cartes parisien du nain jaune (1880), un catalogue de jouetsvendus à l’international, par correspondance, au départ de  Nuremberg (1839), ou encore différents objets, tels une paire de jumelles de théâtre, sans oublier une grande  maison de poupées du XIXè siècle, nous venant d’Etterbeek.

En fin de parcours, nous faisons connaissance avec le« kamishibai », un théâtre ambulant japonaisparfois monté sur une bicyclette, ce qui permettait au conteur de se déplacer facilement de quartier en quartier.

© « KMKG-MRAH »

Notons que de petits théâtres exposés ont été réalisés, en bois peint, à Nuremberg (1830), important centre

de fabrication de jouets depuis le Moyen Âge ; un autre en plastique, un modèle portable créé par « Playmobil »  (2009) ; un troisième rendant hommage à l’univers développé par « Walt Disney » (1901-1966) et son « Mickey Mousse » (Londres/1954) ; le « théâtre d’ombres » n’est pas oublié, lui qui fut rendu populaire par le marionnetiste français Dominique Séraphin (Dominique-Séraphin François/1747-1800), qui poposa, à Versailles, certains de ses spetacles, à l’attention des enfants de la Cour de France, ce qui leurs donnèrent le nom de « Spectacles des Enfants de France ». Il est représenté, ici, par « Au Croissant d’Or », imprimé, vers 1900, par le fabricant de jouets Saussine.

 

Soulignons encore la présence de « théâtres de papier » britanniques du « Benjamin Pollock’s Toys Shop », réalisés en lithographie au pochoir, sous la direction de l’éditeur londonien Benjamin Pollock (1876-1937), aux côtés desquels nous en trouvons d’autres, contemporains, créés par l’acteur bruxellois Christian Morisset, qui, présent lors de la visite de presse du mardi 30 novembre, nous prouve qu’il y a encore une place, au XXIè siècle, pour les « théâtres en papier ».

Avant de gagner le greniernos enfants pourront profiter d’un espace qui leur est dédié, équipé de marionnettes à gaines, qui leur permettront de créer leurs propres petites représentations théâtrales.

© « KMKG-MRAH »Sous la voûte historique de la Porte de Hal,dernier vestige de la seconde enceinte médiévalle bruelloise, équipés de nos écouteurs, nous pourrons découvrir des fragments de l’œuvre du marionnettiste français Alain Lecucq, président de la « Commission Publication et Communication de l’UNIMA » (« Union Internationale de la Marionnette »), ainsi qu’une perforance du théâtre gantois « Tatoe’s Erf ».

Fichier:Cantagallina Vue de Bruxelles et Porte de Hal.jpg
La « Porte de Hal » au XVIIè siècle (vers 1612) © Remigio Cantagallina (1582 – 1656)

Avant de quitter cet édifice historique, édifié en 1381, ne manquons pas de profiter d’un superbe panorama  de  Bruxelles, en nous promenant sur son chemin de ronde, ainsi que de découvrir quelques pièces majeures de la  collection permanente, telles un berceau de Charles Quint (1500-1558) ou encore une armure et un cheval de l’Archiduc Albert (1559-1621).

La « Porte de Hal » au XXIè siècle © « KMKG-MRAH »Ouverture : jusqu’au dimanche 04 décembre 2022, du lundi au jeudi, de 9h30 à 17h et du samedi au dimanche, de 10h à 17h (denières entrées à 16h). Prix d’entrée (incluant l’accès au chemin de ronde et à la collection pemanente, offant des réductions pour les représentations du « Théâtre de Toone ») : 10€ (8€, à partir de 65 ans / 6€, pour les étudiants, à partir de 18 ans, les personnes porteuses d’un handicap et un guide pour chacun de ces visiteurs, les enseignants belges, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires d’un revenu d’intégration / 1€25, pour les « Art. 27″/ 0€, pour les moins de 18 ans, les « Amis des Musées Roau d’Art et d’Histoire » et les détenteurs d’une « Brussels Card ». Paiement possible en ligne : http://www.kmkg-mrah.be/fr/informations-pratiques-1. Obligations sanitaires : port d’un masque buccal (à partir de 6 ans), présentation de son « CST » (« Covid Safe Ticket ») et d’une pièce d’identité (dès 16 ans). Contacts : portedehal@mrah.be ou 02/534.15.18.

Yves Calbert.

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