PARAPENTISTE BELGE

Thomas de Dorlodot : un Belge dans une course folle à travers les Alpes
Il est l’un des meilleurs parapentistes du monde. Depuis plus de 15 ans, Thomas de Dorlodot s’est construit une très solide réputation dans le milieu. Le 20 juin, soit le jour de son 36e anniversaire, il prendra le départ du Red Bull X-Alps. Cette épreuve est l’une des plus cotées – et des plus difficiles ! – de la planète et se déroule tous les deux ans. Elle constitue en quelque sort les jeux olympiques de la discipline et « Tom » y prendra part pour la 8e fois, ce qui fait de lui le plus expérimenté des 33 athlètes (issus de 17 pays) qui s’affronteront.
Marié à Sofia et heureux papa de Jack (2 ans) et Léonor (trois mois), le citoyen de Chaumont-Gistoux se définit comme un « parapentiste devenu aventurier… ou un aventurier qui fait du parapente ». Un flash-back s’impose sur la naissance d’une passion qui constitue le moteur de toute une vie. « Un de mes amis volait en parapente et je devais avoir 12 ans quand j’ai commencé », raconte-t-il. « Ça m’a pris aux tripes. J’ai directement ressenti des choses exceptionnelles et, à partir de 14 ou 15 ans, j’ai mis toute mon énergie là-dedans. J’ai appris à voler avec les meilleurs pilotes du monde, notamment à Grenade. J’ai continué en parallèle de mes études supérieures, à l’Institut des Hautes Études en Communications Sociales (IHECS). Petit à petit, j’ai développé aussi la communication autour de mes courses, de mes aventures et de mes voyages. Comme j’ai commencé à avoir des sponsors, nous avons continué à développer nos réseaux sociaux et la production de films et de documentaires. Ça fait maintenant une quinzaine d’années que je vis totalement de ma passion. »
Comme un pilote de rallye
Les Red Bull X-Alps sont à la fois une course et une aventure hors de commun. « Un mélange entre du trail en montagne et du parapente », explique Thomas. Au départ de Salzbourg, en Autriche, ce sont 1.238 kilomètres qui sont à parcourir en une dizaine de jour avec des points de passage obligés. Avant l’arrivée à Zell am See, de nouveau en Autriche, les concurrents auront fait le tour des Alpes avec des étapes en Allemagne, en Suisse, en France (avec le Mont Blanc, point culminant de l’Europe) et en Italie. « Pour rejoindre les sommets à partir desquels nous allons voler, nous marchons entre 70 et 90 km par jour. C’est contraignant, mais il faut saluer les progrès qui ont été effectués pour le matériel de parapente. Aujourd’hui, mon sac à dos ne pèse que 6 kg alors que c’était encore 14 kg il n’y a pas si longtemps. »
Traverser les Alpes à pied et en parapente n’est pas anodin. L’effort physique est intense et une telle course demande une endurance et une force mentale qui sortent de l’ordinaire. Et puis, il y a certains risques aussi… « On dit toujours que la montagne est dangereuse », glisse Thomas. « C’est plus vrai encore en parapente. Je me suis déjà fait quelques fractures et j’ai perdu des amis dans des accidents. Ma plus grande crainte est d’ailleurs de me faire mal. Normalement, les risques du parapente sont limités si on respecte les consignes de sécurité. Toutefois, à notre niveau, nous flirtons parfois avec les limites… Je fais le parallèle avec les pilotes de rallye : si on veut aller vite, il faut prendre certains risques. Concrètement, on vole à plus haute vitesse et on frôle davantage les reliefs. Il y a donc moins de place en cas d’erreur ou d’imprévu. De plus, quand on est sur une course et que l’on doit passer par des points précis, comme c’est le cas ici, on ne choisit pas l’itinéraire. Cela signifie que nous devons parfois affronter des vents contraires. Mais tout cela fait partie du défi et rend le challenge terriblement excitant ! De mon côté, j’essaie de ne pas prendre de risques inconsidérés. Et c’est encore plus vrai depuis que je suis papa. »
Un partenaire de choix
Si les participants sont évidemment seuls en l’air et dans leurs déplacements en montagne, le Red Bull X-Alps permet aux athlètes d’avoir un assistant logistique au sol qui les suit et les accompagne. Cette année, ce sera Thibault Voglet, lui-même champion de Belgique de parapente. C’est lui qui, parmi d’autres tâches, amènera à Thomas son hôtel permanent : son Volkswagen California. « C’est le véhicule absolument idéal », confie le parapentiste. « Il propose le confort d’un camping-car tout en étant beaucoup plus maniable dans les montagnes, ce qui permet d’accéder à des endroits qu’un camping-car n’atteindrait jamais. J’ai de fantastiques souvenirs avec, notamment lorsque je me suis réveillé en montagne par moins 6 degrés avec 20 cm de neige fraîche autour de moi. C’était magique. »
Au-delà de son côté baroudeur, le California se doit d’avoir d’autres qualités. « C’est ma maison sur roue pendant toute ma préparation. Au printemps dernier, j’y ai passé 5 semaines en deux mois. J’y ai donc plus dormi que chez moi ! Et encore… Il fut un temps où je dormais dedans à côté de la maison. (Il rit, NDLR) C’était quand mon fils, Jack, dormait mal et que je devais me reposer… »
Dans le cas des Red Bull X-Alps, le California joue un rôle crucial. Les athlètes peuvent en effet se déplacer entre 5h et 22h30, un temps qu’ils exploitent évidemment au maximum pour essayer de franchir en premier la ligne d’arrivée. Le repos est donc réduit et hautement important. « Chaque minute de sommeil compte », confirme le seul Belge au départ. « Le fait de me retrouver comme chez moi dans le California est donc vraiment un avantage. »
Le départ de la 10e édition des Red Bull X-Alps, qui verra s’affronter 33 athlètes, sera donc donné le 20 juin prochain. Pour cet anniversaire, les organisateurs ont préparé le plus long parcours de l’histoire de la course (1.238 km) et Thomas de Dorlodot est plus motivé et mieux préparé que jamais. Les participants étant tous équipés d’une balise GPS, il est possible de suivre l’évolution du Belge (et de ses adversaires) en permanence sur le site officiel de la course. Si vous voulez en découvrir plus sur l’épreuve, n’hésitez pas à vous y rendre : https://www.redbullxalps.com