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Près d’un élève sur deux ne dispose pas de l’équipement nécessaire pour les cours à distance



La ministre de l’Éducation Caroline Désir (PS) s’est entretenue lundi après-midi avec les acteurs de l’école pour discuter de la mise en oeuvre de l’enseignement 100% à distance qui s’appliquera dès mercredi, et ce pour trois jours, aux quelque 360.000 élèves du secondaire en Wallonie et à Bruxelles.

Mme Désir a présenté à ces acteurs un projet de circulaire ministérielle qui devrait être envoyée sous peu aux différentes écoles concernées.

La décision, prise par le gouvernement de la Fédération dimanche soir, vise à maintenir tous les jeunes de plus de 12 ans chez eux afin de freiner la hausse actuelle de contaminations au coronavirus.

Ce scénario d’un enseignement 100% à distance dès la 1e secondaire a quelque peu surpris les acteurs puisqu’il n’était pas prévu par les différents protocoles sanitaires, même pour le pire de scénarios imaginés (code rouge).

“Cette adaptation constante des consignes est vraiment problématique pour les directions d’écoles”, soupire Étienne Michel, directeur du SeGEC, l’organisation coupole de l’enseignement catholique qui scolarise un enfant sur deux en FWB.

Des devoirs plutôt que de réels cours à distance

Dès mercredi et jusque vendredi, les écoles secondaires seront donc invitées à organiser des enseignements virtuels. Mais dans un bon nombre de cas, les profs devraient se contenter de donner de simples travaux photocopiés à réaliser à domicile.

Même si de nombreuses écoles se sont dotées d’une plateforme numérique depuis la première vague pandémique, si certains profs se sont formés à ces outils, bon nombre d’élèves du secondaire n’ont pas accès chez eux au matériel informatique nécessaire pour un enseignement virtuel.

Un élève sur deux ne dispose pas du matériel nécessaire

Une récente enquête dans l’enseignement officiel a ainsi montré que près d’un élève sur deux ne disposait pas de l’équipement numérique nécessaire.

Face à cette situation, le gouvernement de la FWB avait lancé au printemps un marché public afin d’acquérir des ordinateurs portables reconditionnés pour les donner aux élèves les moins favorisés.

En date du 21 octobre, un total de 2.255 ordinateurs reconditionnés avaient déjà pu être distribués, a indiqué lundi le cabinet du ministre-président Pierre-Yves Jeholet. Mais cela ne constitue toutefois qu’une fraction des besoins.

Lors de son récent conclave budgétaire, le gouvernement de la Fédération a aussi décidé de dégager 20 millions d’euros pour une stratégie numérique en milieu scolaire, notamment pour équiper à bas prix les élèves d’ordinateurs et de tablettes. Mais la mesure ne vaudra que pour 2021 seulement, sans effet sur cette année donc.

Quid de la rentrée après la Toussaint?

Après la réunion de ce lundi, la ministre Désir retrouvera une nouvelle fois les acteurs de l’école ce jeudi pour évoquer les modalités d’organisation de la rentrée scolaire à l’issue du congé de Toussaint, prolongé cette année jusqu’au 11 novembre en raison de la crise sanitaire.

Les directions d’écoles secondaires ont besoin de savoir rapidement à quoi s’en tenir pour organiser au mieux cette reprise des cours.

Deux pistes sont sur la table: soit la poursuite d’un enseignement 100% à distance, soit la mise en œuvre d’un enseignement hybride, fait d’une alternance de jours en classe, et de jours d’enseignement à distance, comme prévu dans le protocole arrêté en juin dernier avec les différents codes couleurs.