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#Recensement des #papillons de #jardin : un bon cru à Bruxelles et en Wallonie

Le grand recensement des papillons de jardin touche à sa fin. Grâce à la coopération de milliers de participants, Natagora est en mesure de livrer les premiers résultats et d’esquisser les tendances de l’année 2022.

 

Cette année encore, durant tout le mois de juillet, nos lépidoptères ont pu compter sur l’œil attentif de milliers de citoyens engagés. Les 2.772 jardins recensés offrent une précieuse photographie de l’état des populations de ce groupe d’insectes dans les jardins en Wallonie et à Bruxelles. Avec la dégradation des milieux agricoles, les jardins – qui représentent une superficie considérable en Belgique – fournissent un refuge de plus en plus précieux pour la biodiversité.

 

2022 : un bon cru… au jardin

Lors de leurs comptages, les participants au recensement ont observé en moyenne 6 espèces différentes survolant leurs parterres.

« L’impression d’ensemble est celle d’une année correcte pour les papillons de jardin, contrairement à ce que l’on observe pour les espèces en réserves naturelles », indique Anne Weiserbs, biologiste chez Natagora. « Cela est peut-être lié à des conditions météo favorables à l’observation, le temps chaud et ensoleillé ayant sans doute encouragé les participants à s’attarder au jardin ». Il est aussi possible que la mode du jardin naturel gagne du terrain, pour le plus grand bonheur des insectes. Dans ce domaine, Natagora conseille de faucher tardivement, vers la fin septembre. « Cela permet de maintenir le nectar des fleurs disponible plus longtemps, d’assurer des zones de refuge et de limiter l’assèchement des sols » ajoute Anne.

 

Des résultats à mettre en perspective

Si le déclin global des insectes est avéré dans un temps long par plusieurs études scientifiques en Europe, des situations contrastées peuvent être observées, notamment pour les papillons en Belgique. Certaines espèces semblent en effet plutôt profiter du réchauffement, notamment des papillons venus du sud qui étendent leur aire de répartition au moins temporairement. Toutefois, nos papillons sont aussi soumis aux conséquences néfastes des phénomènes climatiques extrêmes (sécheresses, inondations…) qui déforcent leurs effectifs. De plus, les populations d’insectes présentent par nature des fluctuations importantes d’une année à l’autre.

Moralité : les chiffres annuels récoltés durant le recensement doivent être manipulés avec prudence. Mais ils sont essentiels, car ils fournissent un aperçu de l’évolution des populations de papillons de jardin sur le long terme. « Ces données sont précieuses car elles portent sur des habitats, les jardins des particuliers, auxquels nos experts ont difficilement accès et sur des espèces plus communes que celles qu’ils étudient généralement », résume Anne.

 

Généralités et cas particuliers

Dans l’ensemble, on retrouve les mêmes espèces que les années précédentes sur les premières marches du podium. D’abord l’inévitable cortège des piérides, ces papillons blancs dont les chenilles se nourrissent notamment de choux, puis les papillons dont les chenilles se nourrissent de l’ortie (vulcain, paon-de-jour, carte géographique), favorisés par un printemps plutôt vert. Pour le reste, le diagnostic doit être affiné au cas par cas.

 

Naturellement sujet aux fluctuations, l’azuré commun connaît une mauvaise année. Ce papillon, qui passe la saison froide au stade de chenille, a peut-être souffert d’un hiver humide et doux, des conditions appréciées par les champignons pathogènes.

Belle année en revanche pour le tircis. Ce papillon d’ombre, qui apprécie les sous-bois, haies et lisières, a pu bénéficier d’un printemps favorable aux graminées dont dépendent ses chenilles.

Le petit nacré connaît aussi un été positif. Il a été observé dans 11,83 % des jardins participants. Ses populations locales bénéficient parfois d’un apport d’individus migrateurs venus du sud en cas de conditions favorables, ce qui est probablement le cas cette année. Ce magnifique lépidoptère aux ailes ponctuées de taches iridescentes apprécie la grande diversité florale des friches, où il peut accomplir tout son cycle. Très mobile, il traverse facilement des habitats non favorables, comme les jardins, pour sa reproduction.

Photos :

– piéride de la rave – Gilbert Delveaux

– azuré commun – Gilles San Martin

– tircis – Hubert Baltus

– petit nacré – Denis Delangh

Vers les premiers résultats : https://papillons.natagora.be/resultats-de-loperation