« TINTIN C’EST L’AVENTURE » N°8 (HERGÉ-MOULINSART 2021 / GÉO)

Tintin c’est l’Aventure n°8 : Aventurier de la science - couverture
« Tintin c’est l’Aventure » N° 8 © Hergé-Moulinsart 2021/GéoTintin c'est l'Aventure n°8 - sommaire
« Tintin c’est l’Aventure » N° 8 © Hergé-Moulinsart 2021/GéoEn page 64 de « Tintin c’est l’Aventure » N° 8, dans son texte « La Science en Croquis », lisons comment Daniel Couvreur décrit les scientifiques rencontrés au sein des « Aventures de Tintin » : « Chez Hergé, le scientifique peut être distrait, comme le professeur Tournesol ou l’astronome Hippolyte Calys (‘L’Etoile mystérieuse’), à moitié fou, comme l’égyptologue Philémon Siclone (‘Les Cigares du Pharaon’), ambivalent, comme dans le cas de Frank Wolff (diptyque lunaire), pénétré de de sagesse bienveillante, quand il se nomme Fan Se-Yeng (‘Le Lotusbleu’) ou Jacques Legrand (dans les aventures de ‘Jo, Zette et Jocko’). Mais quel qu’il soit, il ne se réduit pas à un seul technicien. Car la science hergéenne s’inscrit pleinement dans la recherche du progrès de l’humanité et la quête du Bien… »

P. 65 : Couverture du « Journal de Tintin »/1947 © Hergé-Moulinsart 2021/Géo

Grâce à Daniel Couvreur, nous découvrons, entre autres, page 65, la couverture du « Journal de Tintin » N° 7, du  13 février 1947, vendu, à cette époque, au prix de 4 francs belges (10 centimes d’Euro) ; page 73, une couverture, qui –peinte par Hergéà l’aquarelle et à la gouache – ne fut jamais éditée, celle du « Rayon du Mystère »,  « Casterman » ayant édité, en 1952, cette aventure de « Jo, Zette et Jocko », en deux albums : « Le Manitoba ne répond plus » et « L’Eruption du Karamako » ; et encore, page 75, un gag de « Quick et Flupke, les gamins de Bruxelles », publié dans « Le Petit Vingtième », en février 1933.

L'Étoile mystérieuse - page 1

P. 77 : « L’Etoile mystérieuse » (p. 01) © Hergé-Moulinsart 2021/GéoChristophe Quillien signe « Tintin, Aventurier de la Science », avec cette introduction (p. 12) : « Chroniqueur de son siècle, Hergé a toujours été fasciné par le progrès technique. Rien d’étonnant si la science est toujours présente dans la plupart des aventures de Tintin … A l’heure où la légitimité des chercheurs est remise en cause et où certains s’inquiètent de voir la science tomber dans les mains d’intérêts privés, le regard critique d’Hergé semble plus que jamais d’actualité. »

Les 7 boules de cristal

P. 19 : Une case de « Les 7 Boules de Cristal » © Hergé-Moulinsart 2021/GéoCet auteur évoque (p. 25) un ouvrage des astrophysiciens Roland Lehoucq et Robert Mochkovitch : « Mais où est donc le Temple du Soleil » (Ed. « Fammarion »/2003), se référant, notamment à « Objectif Lune » (1953) et « On a marché sur la Lune » (1954). Ainsi, nous lisons le propos de Roland Lehoucq : « C’est dans le diptyque lunaire que sa vision de la science est la plus juste. Il montre qu’il est indispensable de mettre sur pied une collaboration internationale pour mener à bien un tel projet. Ensuite, il représente la lune comme la plupart des gens ne l’avaient encore jamais vue. Il n’est pas visionnaire pour autant, mais quand il dessine l’équipage flottant dans la fusée, la scène est magistrale. »

P. 25 : L’éclipse solaire du « Temple du Soleil » © Hergé-Moulinsart 2021/Géo

« Dans ‘Le Temple du Soleil’, la durée total de l’éclipse est trop courte. En pratique, elle aurait pris plusieur heures … ! Mais les contraintes du récit ont obligé Hergé à racourcir cet événement. Et l’enchaînemet des différentes phases est décrit avec justesse … Les quelques erreurs qu’Hergé a pu commettre sont parfois grossières d’un point de vue d’un spécialiste de la physiqie, mais elles ne remettet pas en cause l’int »rêt e son oeuvre. le créateur de Tintin reste un formidable passeur. »

En page 112carte géographique à l’appuiVolker Saus nous apprend – sous le titre « Le Chaco, vraie-fausse Guerre du Pétrole » – que, dans la réalité « Grand Chaco (est) une vaste plaine semi-aride aux confins de la Bolivie, du  Paraguay, du Brésil et de l’Argentine. Dans laquelle, en cette année 1935, une terrible guerre vient effectivement de s’achever. »

P. 112 : Carte géographique de la région du Grand Chaco © Hergé-Moulinsart 2021/GéoQuelques lignes plus tôt, nous lisons : « Tintin se voit faire une étonnante proposition : envahir la région du Grand Chapo, située entre le San Theodoros et l’Etat voisin du Nuevo Rico. Le nom fleure bon le calembour tintinesque. C’est pourtant à une lettre près, celui d’une vraie région d’Amérique du Sud. »

P. 113 : Une case de « L’Oreille cassée » © Hergé-Moulinsart 2021/GéoVoilà qui nous donne l’envie de (re)découvrir le 6è album des « Aventures de Tintin », « L’Oreille cassée » (1937), un album plein d’exotisme, dans lequel Tintin faillit perdre la vie, lui qui fut « arrêté, mené devant le peloton d’exécution … et sauvé grâce à un sabotage. »

Valérie Kubiak, quant à elle, nous emmène sur les traces du « Tourisme noir ou l’Attrait pour la Désolation ». Ainsi, elle nous relate (p.123 & 126) : « Le directeur de la ‘Fondation Auschwitz’, qui depuis quarante ans organise des voyages d’étude sur les lieux de la Shoah, le déplore : ‘Se recueillir sur la mémoire des déportés est devenu problématique. Dans les sous-sols du bloc numéro 11, où des gens ont été torturés et exécutés … Cela donne parfois le sentiment de visiter une attraction’. »

P. 124-125 : Case de « Tintin au Tibet »/illustration du « Tourisme noir » © Hergé-Moulinsart 2021/GéoCette même autrice et sa collègue Annick Lacroix nous emmènent à la rencontre des « Sioux », écrivant (p. 132) : « Lorsque Tintin se rend chez les Indiens Sioux vers 1930, ces derniers sont en train de se faire expulser, après la découverte de pétrole sur leurs terres. Leurs descendants, eux, ne se résignent pas : depuis 2016, ils s’opposent à un pipeline qui menace leurs sites sacrés. » Elles poursuivent (p.136) : « C’est la nouvelle bataille des Indiens du Dakota du Nord : empêcher le passage d’un oléoduc sur leurs terres. Il s’agit, pour eux, d’un combat pour le planète et l’humanité. »

L’occasion de noter l’attachement d’Hergé pour les Sioux (p. 135) : « Nous sommes fin 1948 et Hergé, seize ans après avoir dépeint ses Indiens Pieds Noirs dans‘Tintin en Amérique’, fait enfin la connaissance d’un représentant des Peaux-Rouges … à l’abbaye de Scourmont, en Belgique. Et Lakota Ishnala (Sioux solitaire) est en réalité un moine trappiste du nom de Père Gall … ils fument ensemble le calumet de la paix … Et quand, en avril 1971, le dessinateur se rend aux Etats-Unis pour des raisons médicales, accompagné de son épouse Fanny, une lettre du moine leur ouvre les portes de la réserve indienne de Pine Ridge (Dakota du Sud). Le couple assiste à un pow pow (danse cérémonielle), rencontre le descendant du célèbre chef Red Cloud et partage le quotidien des Oglalas. »

Couverture de l’ouvage de Philippe Goddin/2020 © Hergé-Moulinsart 2021Une occasion, également, de recommander deux ouvrages des « Editions Moulinsart » : « Hergé, Tintin et les Américains » (Philippe Goddin/couverture cartonnée/297 x 215 mm à l’italienne/240 pages/novembre 2020/29€50) et « Tintin en Amérique » (Hergé/version colorisée/couverture cartonnée/215 x 297 mm/124 pages/novembre 2020/ 17€50).

Soulignons qu’à Louvain-la-Neuveau « Musée Hergé », l’exposition temporaire, particulièrement intéressante, « En Amérique avec Tintin » restera accessible jusqu’à la fin août, sachant qu’en raison de crise sanitaire, le musée n’est ouvert que les vendredissamedis et dimanchesjusqu’au mercredi 30 juinDès le jeudi 1er juillet, le musée  sera  accessible tous les jours, du mardi au vendredi, de 10h30 à 17h30 (fermeture des caisses à 17h), le samedi et le dimanche, de 10h30 à 18h (fermeture des caisses à 17h30), les réservations étant obligatoires, via  resa@muserherge.com, 010/48.84.13 ou la plateforme de réservation du site web https://www.museeherge.com/frPrix d’entrée, à partir de 07 ans : de 05 à 12€, audioguide inclus.

Et puisque nous évoquons l‘Amérique, un illustrateur américain Miles Hyman (°Bennington, Vemont/1962) est au sommaire du N° 8 de « Tintin c’est l’Aventure », qui n’oubliant pas la BD contemporaine, nous propose une bande dessinéede dix pages – « La Mer des Nectars » (p. 54-63) -, de cet auteur français d’adoption, ayant étudié à Paris, dès 1985, à l’ « École nationale supérieure des Beaux-Arts », avant de s’établir pour quelques années à Los Angeles, avant un retour en France, en 2002.
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Miles Hyman, auteur de “La Mer des Nectars” © “BDthèque”

Fait « Chevalier des Arts et des Lettres », ce peintre-dessinateur au style hyperréaliste découvrit les albums de  Tintin vers l’âge de 12 ans. Il écrit (p. 52-53) : « Cela m’a bouleversé ! Des personnages forts, des intrigues captivantes, dans des décors exotiques qui donnaient envie de partir à l’aventure : c’était le coup de foudre. J’étais surtout séduit par le dessin : cette ligne claire si gracieuse, si expressive, l’élégance des compositions, la richesse des couleurs … Avec le recul, je me rends compte que cette lecture, en plus du plaisir esthétique de l’oeuvre d’Hergé et de la découverte atistique et culturelle, a constitué une véritable initiation à la langue française. Difficile d’imaginer meilleure école ! »

P. 63 : « La Mer des Nectars » © Miles Hyman © Hergé-Moulinsart 2021/Géo

« Avec « La Mer des Nectars », j’ai opté pour un texte d’anticipation futuriste, un récit qui s’inspire des avancées technologiques pour se projeter dans un avenir fictif. Cela nous permet de réfléchir sur la tournure de nos choix technologiques actuels … L’espace de dix pages, on est transporté d’un yacht interstellaire où notre héroïne Luna  dialogue avec Paul son chien robot (inspiré de notre cher Milou, bien entendu), à l’insolite Xanadu … Je cherchais, comme dans les albums de Tintin, à faire voyager les lecteurs à un rythme soutenu, à retrouver l’excitation et les albums d’Hergé, qui m’avaient tant épaté dans mon enfance, tout en puisant dans un univers graphique personnel. »

Clin d’oeil à Hergé, notons, en 3è page (p. 56) de « La Mer des Nectars », le présence de trois bouteilles du wiskhy  « Loch Lomond », cher au Capitaine HaddockPaul, le chien robot – qui parle, comme Milou à ses débuts – s’adressant, en ces mots, à Miss Luna : « Que diriez-vous d’un peu de cet excellent Loch Lemond » ?

Lauréat, au « Festival international de la Bande dessinée d’Angoulème », en 2017, du « Prix René Goscinny », et, en 2019, du « Grand-Prix de la Ville d’Angoulème »Emmanuel Guibert (°Paris/1964) nous fait découvrir son  « Paris intime » (p. 96-109), augmenté d’un superbe carnet de voyages.

P. 97 : Emmanuel Guibert, auteur de « Le Pavé de Paris » © Hergé-Moulinsart 2021/GéoCe dessinateur-scénariste, qui considère le dessin comme étant un acte magique, confie à Frédéric Granier : « Je crois dur comme fer à la Syldavie, à la Bordurie, et je dirais même que j’en sais plus sur leur compte que sur la Serbie ou le Monténégro … Quant on relit les vingt-quatre albums de Tintin on est frappé par le travail encyclopédique : il a pratiquement parlé de tout … Quel que soit le sujet, il est rare qu’on ne gtrouve pas une case de Tintin qui s’y rapporte ! Hergé nous emmène aussi bien en Haute-Egypte que sur les chemins cahoteux de l’Everest ou au coin d’une rue de Bruxelles. »

P. 97 : Dessin d’ © Emmanuel Guibert © Hergé-Moulinsart 2021/GéoDans « Tintin c’est l’Aventure », il nous parle de sa BD « Le Pavé de Paris » (Ed. « Dupuis »/Coll. « Aire libre »/2020/ 512 pages/ 55è), cet auteur proposant, à Angoulèmejusqu’au dimanche 27 juinson exposition « Emmanuel Guibert, en bonne Compagnie »,

Si en pages 48 et 49, l’oeuvre d’Edgar P. Jacobs (1904-1987) est, tout naturellement, évoquée, sa vision de la science   étant quelque peu différente de celle d’Hergé, la vision positive de ce dernier s’opposant à la science lourde de menace, décrite par Edgar P. Jacobs.

P. 31 : Une case de « Tintin au Pays de l’Or noir » © Hergé-Moulinsart 2021/Géo
P. 30 : Une case de « Les Bijoux de la Castafiore » © Hergé-Moulinsart 2021/Géo

Revenant à l’oeuvre d’Hergé, impossible d’évoquer la science en oubliant le Professeur Tournesol, dont les cinq inventions nous sont présentées (p. 30-31) : le supercolor-tryphonar, la rose Bianca, les patins à roulettes à moteur, l’antidote au N.14 et l’émetteur d’ultrasons de « L’Affaire Tournesol », ce dernier étant l’objet, à la page 37, de la case mythique, qui nous est présentée par Christophe Quillien, au sein de son texte « Tintin, Aventurier de la Science »  (p. 12-37).

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P. 37 : « La Case mythique » (« L’Affaire Tournesol ») © Hergé-Moulinsart 2021/Géo

Animateur, depuis 2011, de l’émission « Des Trains pas comme les Autres », sur « France 5 »Philippe Gougler  (°Besançon/1965) est présenté, par Marc Ouahnon, comme étant (p. 83) un « Tintin des temps modernes ». A la question de ce dernier « L’un des trains que vous avez pris vous a-t-il fait penser à une scène en particulier des trains dans la saga Tintin « , Philippe Gougler répondit (p. 92) : « Oui, j’y ai pensé. Au Pérou, on a pris un train qui grimpe très, très haut, c’est même l’un des plus hauts au monde. Il s’apelle ‘le train des nuages’ et monte jusquà la ville de  Huancayo, en passant par des cols de près de 5 000 mètres d’altitude. C’est vraiment le train de l’aventure, avec ces pentes impressionnantes, ces paysages monumentaux et cette ambiance si singulière, liée à l’éternel mystère inca. »

documentaire voyage thailande
Philippe Gougler, l’animateur « Des Trains pas comme les Autres », un « Tintin des Temps modernes »

Et Philippe Gougler de déclarer (p. 88) : « Tintin me plaît pour son côté curieux et sa soif de découvertes, qui rejoint mon goût pour les voyages. »

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P. 82 : Une case de « Tintin au Congo » © Hergé-Moulinsart 2021/Géo

P. 89 : En train, avec Tintin © Hergé-Moulinsart 2021/Géo« Forcément çà rappelle ‘Le Temple du Soleil’. Mais Tintin et moi n’avons pas seulement pris le même train, nous avons aussi d’autres points communs. Au-delà que nous sommes tous deux reporter, je dirais que nous sommes animés par la même curiosité et la même soif de rencontre; C’est comme cela que je vois l’aventure. L’aventure tient dans cette mini seconde où vous décidez d’aller vers quelqu’un. » …

… Voilà qui est parfaitement en rapport avec le titre de ce magazine trimestriel « Tintin c’est l’Aventure », lauréat  du  « Prix Relay de l’Innovation éditoriale »pour le meilleur lancement ou meilleure nouvelle formule de l’année, et du  « Prix Stratégies bronze »pour le meilleur lancement, nouvelle formule de presse, dans la catégorie “Meilleures Initiatives éditoriales”.

Couverture de l’ouvrage de Daniel Couvreur © Hergé-Moulinsart 2021/Géo

En complément à ce magazine, il est possible d’acquérir un ouvrage broché de Daniel Couvreur : « Archibald Haddock, Mémoires et Secrets de Mille Sabords ».

« Tintin c’est l’Aventure » N° 8 (Ed. « Moulinsart »-« Géo »/couverture brochée/144 pages/15€99/avec le livre de Daniel Couvreur : 19€98).

Rendez-vous le mercredi 25 août, pour découvrir « Tintin c’est l’Aventure »N° 9 : « Tintin et la Révolution ».

Yves Calbert.

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