Trois mois après une infection au COVID-19, quels impacts sur la santé ?

Lorsque la pandémie de COVID-19 a commencé, l’accent était  mis sur la gestion des symptômes aigus de la maladie, mais certaines personnes continuent à ressentir des symptômes au-delà de la phase aiguë de l’infection. Ce syndrome est maintenant appelé « COVID Long » ou « COVID de longue durée ».

L’objectif du projet de recherche COVIMPACT mené par Sciensano est d’approfondir nos connaissances sur le COVID de longue durée et les effets à long terme d’une infection au COVID-19 sur la santé physique, mentale et sociale. À ce jour, plus de 2000 personnes ont été suivies 3 mois après leur infection au COVID-19. De nouvelles personnes participent tous les jours au projet et seront suivies jusqu’à la fin de l’étude en avril 2023. Ce projet de recherche est complémentaire à l’étude (link is external)récemment publiée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) sur les besoins et suivi des patients atteints de COVID de longue durée.

Actuellement, il n’y a pas de définition consensuelle du COVID de longue durée et les personnes qui en souffrent présentent différents symptômes qui peuvent avoir des causes multiples. Nous avons travaillé sur base de la définition du NICE (National Institute for Health and Care Excellence) suivante « Présenter au moins un symptôme lié à l’infection au COVID-19 trois mois après celle-ci ». Selon cette définition, 47% des participants à l’étude présentent un COVID de longue durée.

« Nos résultats indiquent que près d’une personne sur deux souffre du COVID de longue durée 3 mois après leur infection au COVID-19. Bien que cette proportion est influencée par le définition utilisée du COVID de longue durée, elle est similaire à celles observées dans d’autres études » précise le Dr. Pierre Smith, chercheur chez Sciensano.

Les symptômes les plus fréquents chez les personnes souffrant d’un COVID de longue durée sont :

  • la fatigue/épuisement (51%)
  • les maux de tête (28%)
  • les troubles de la mémoire et de la concentration (26%)
  • les douleurs musculaires (24%)
  • les difficultés respiratoires (23%)
  • les troubles du sommeil (20%).

Nos résultats indiquent que certaines personnes sont plus à risque de présenter un COVID de longue durée :

  • les femmes
  • les personnes avec un niveau d’éducation plus faible
  • les personnes avec un antécédent de maladie chronique
  • les personnes en situation de surpoids ou d’obésité
  • les personnes qui présentaient au moins un symptôme de la COVID-19 en phase aigüe de l’infection.

« Le COVID de longue durée est un enjeux important de santé publique » précise Pierre Smith. « Nos premiers résultats montrent que le COVID de longue durée influence la vie de tous les jours des personnes qui en souffrent, avec des conséquences négatives sur leur santé physique, mentale et sociale ». 

Comparées aux personnes ne présentant aucun symptôme trois mois après leur infection au COVID-19, les personnes présentant un COVID de longue durée rapportent un score plus faible de qualité de vie liée à la santé, plus de difficultés respiratoires modérées et sévères et un niveau de fatigue plus élevé.

En termes de santé mentale, les personnes souffrant d’un COVID de longue durée présentent significativement plus de troubles anxieux et des troubles dépressifs. Trois mois après l’infection au COVID-19, la proportion de troubles anxieux est de 12% chez les personnes présentant un COVID de longue durée et de 4% chez les personnes ne présentant aucun symptôme du COVID-19. Ces proportions sont respectivement de 18% et 5% pour les troubles dépressifs.

Le COVID de longue durée a aussi des conséquences négatives sur la situation professionnelle et économique des individus. Une proportion plus élevée des personnes présentant un COVID de longue durée rapporte avoir été en arrêt maladie, avec un nombre de jours moyen en arrêt maladie de 20 jours en comparaison à 13 jours chez les personnes ne présentant aucun symptôme 3 mois après leur infection. Enfin, 30% des personnes présentant un COVID de longue durée déclarent avoir une perte financière modérée à sévère due à leur état de santé lié au COVID-19, en comparaison à 21% chez les personnes ne présentant aucun symptôme de la COVID-19 trois mois après leur infection.

Consultez également l’ensemble des résultats préliminaires du projet de recherche COVIMPACT sur le COVID long et ses implications physiques, mentales et sociales.

Nous souhaitons adresser nos vifs remerciements aux personnes qui ont donné et qui continuent de donner de leur temps pour participer aux enquêtes du projet de recherche COVIMPACT.