Une #exposition #photos à la #Fondation A

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Du 21 septembre au 17 décembre 2023, la Fondation A présente l’exposition « Niemandslicht », un voyage à travers l’œuvre de la photographe allemande Ursula Schulz-Dornburg. L’exposition propose neuf séries, chacune portant sur la relation entre l’architecture, l’environnement et le passage du temps, du fait de l’action humaine ou des phénomènes naturels. Ensemble, ces photographies parcourent de vastes étendues ancrées par des lignes d’horizon et plongent dans les couches temporelles en considérant leurs vestiges.

Les séries de Schulz-Dornburg « From Medina to the Jordan Border » (2002-2003), prise le long de la voie ferrée abandonnée du Hejaz, et « Transit Sites, Armenia » (1997-2011) documentent des zones où le mouvement se heurte à l’immobilisme et où le désir d’un ailleurs est confronté à la difficulté de s’y rendre. Aujourd’hui imprégnés de l’attrait mélancolique d’une destination impossible à atteindre, ces projets d’infrastructure avaient à l’origine un objectif très stratégique : assurer et étendre le pouvoir. Bien qu’il n’ait jamais été achevé, le chemin de fer devait réduire la distance entre Istanbul, capitale de l’Empire ottoman, et La Mecque, l’un des lieux les plus sacrés de l’Islam. Le design extravagant des arrêts de bus arméniens, quant à lui, remonte aux décennies où l’Union soviétique a étendu sa vision de la modernité jusqu’aux endroits les plus reculés. Les photographies d’Ursula Schulz-Dornburg capturent la dissipation et la persistance simultanées de ces idées en donnant à leurs manifestations spatiales une forme contemporaine.

D’autres séries témoignent de l’intérêt de longue date de la photographe pour l’entre-deux en tant qu’espace de vie plutôt que zone de transit. La série « 15 Kilometers Along the Georgian – Azerbaijan » (1998-1999), par exemple, comprend l’image d’un lit, taillé dans la roche, un lieu de repos au milieu de la mêlée des cultures et des continents. Ici aussi, la concomitance de l’endurance et de la fragilité est en jeu : dès le VIIe siècle, des moines chrétiens se sont réfugiés dans ces grottes. Depuis, les guerres, les empires et les habitants se sont succédé, mais la course vers le haut pour trouver un abri et le regard sur la vallée désertique, vers la ligne où le ciel et la terre se rejoignent pour marquer le bord du monde, sont restés les mêmes. Les bâtiments en bois du « Bosporus, Istanbul » bordent le détroit entre l’Europe et l’Asie. Ils ont été construits au cœur de l’Empire ottoman dans ses dernières années. Lorsqu’Ursula Schulz-Dornburg a entrepris de photographier ces bâtiments dans les années 1970, elle les a pris dans un état de décrépitude. Obstinés et précairement perchés au-dessus de l’eau, ils sont les monuments d’un refus de la monumentalité.

« Niemandslicht », qui se traduit par « la lumière de personne », fait référence à la constellation photographique du temps, de la lumière et de l’espace. Nous pouvons également lire Niemandslicht comme une description poétique des ombres, l’absence déterminante d’une image. Le temps, qui est au cœur de l’œuvre d’Ursula Schulz-Dornburg, se présente comme cyclique plutôt que marqué par des événements singuliers. Outre le Niemandslicht, nous assistons dans ses photographies à un Niemandszeit, un no man’s time, structuré par des rencontres avec la récurrence plutôt que par des décisions et des changements individuels. C’est un temps qui se déroule dans les ombres et les plis de l’histoire enregistrée.

Ursula Schulz-Dornburg (née en 1938 à Berlin) vit et travaille à Düsseldorf. De 1959 à 1961, elle a étudié à l’Institut für Bildjournalismus de Munich. En 2016, elle a reçu le prix de photographie AIMIA/AGO ; deux ans plus tard, elle a remporté le prix Aperture Foundation du meilleur catalogue de photographie de l’année pour « Land In-Between ». Son travail est représenté dans les collections de nombreux musées internationaux, notamment le K21 Museum de Düsseldorf, la Pinakothek der Moderne de Munich, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, l’Art Institute of Chicago, le Museum Ludwig de Cologne, la Tate Modern de Londres, le J. Paul Getty Museum de Los Angeles et le Minneapolis Institute of Art.

« Ursula Schulz-Dornburg. Niemandslicht » du 21 septembre au 17 décembre 2023 à la Fondation A, Avenue Van Volxem, 304

1190 – Bruxelles. Renseignements : Téléphone : 02 502 38 78,

https://fondationastichting.com/