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Émilie Terlinden investit le “Museum du Botanique”

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Avec un ensemble de peintures et une réinterprétation duDiorama de Daguerre”, nous proposant une expérience visuelle dense, exigeante et profondément sensorielle, l’exposition ne se contente pas de montrer des œuvres, déployant un processus, une manière de faire image qui interroge notre rapport à la reconnaissance, à la mémoire visuelle et à la transformation des formes.

 
Au cœur du travail d’Émilie Terlinden se trouve un geste préalable à la peinture. Avant même d’appliquer la couleur, l’artiste s’attaque physiquement aux images. Elle les découpe, les plie, les fragmente, les déplace et les recompose. Ce travail manuel, minutieux et volontairement lent, agit comme une opération de déconstruction. Les images sources perdent leur lisibilité immédiate, s’éloignent de leur fonction première et deviennent des matériaux malléables, presque sculpturaux. Ce n’est plus ce qu’elles représentent qui importe, mais ce qu’elles peuvent devenir.
 
L’ambiguïté est une donnée centrale de son travail. Les formes ne cherchent pas à être identifiées clairement. Elles jouent avec la mémoire visuelle du/de la spectateur·trice, activant des impressions de déjà vu sans jamais les confirmer totalement. Cette tension entre reconnaissance et  flou crée une instabilité volontaire, un espace où le regard hésite, se perd, puis recommence. Il ne s’agit pas de comprendre une image, mais de l’éprouver.
 
Cette exigence du regard est renforcée par la réinterprétation du “Diorama de Daguerre”, qui dialogue avec l’histoire de l’illusion visuelle et de la mise en scène. Ici encore, Émilie Terlinden détourne un dispositif historique pour en faire un terrain d’expérimentation plastique, la perception est constamment mise à l’épreuve.
 

Le travail présenté au “Museum du Botanique” ne propose pas de lecture unique, ni de narration imposée. Il invite à une relation sensorielle avec l’image, fondée sur l’observation attentive, la perception des textures et la conscience du processus de transformation. Regarder devient un acte actif, presque physique. Face à ces œuvres, le/la spectateur·trice est convié·e à ralentir, à accepter l’incertitude e à se laisser traverser par les images plutôt qu’à les saisir.

 

Exposition, au “Museum du Botanique”, à Schaerbeek, du jeudi 05 février jusqu’au dimanche 26 avril, du mercredi au dimanche, de 12h à 18h.

 

Yves Calbert.