Au Palais royal, jusqu’au 16 Août : 4 Expositions
A Bruxelles, après trois ans de fermeture, en raison d’importants travaux de rénovation, le vendredi 03 juillet, le Palais royal – dont l’édification commença en 1815, sous le règne de Guillaume 1er des Pays-Bas (Guillaume Frédéric d’Orange-Nassau/1772-1843) – réouvrait ses portes aux visiteurs, en présence de nos Souverains, Philippe & Mathilde.
Présentées par « Belspo », l’organisme fédéral chargé de coordonner la politique scientifique belge, de gérer les établissements scientifiques fédéraux & de représenter la Belgique au sein d’organisations de recherche internationales, jusqu’au dimanche 16 août, nous pouvons y découvrir 4 expositions :
- « Louise d’Orléans, devenir reine » ;
- « Music, Sound and Imagination » ;
- « Sélection de Machines de Rêves » ;
- « Le Palais royal comme Palais de la Mémoire ».
*** « Louise d’Orléans, devenir reine » :
Après avoir été présentée au « TreM.a » (« Musée provincial d’Art ancien du Namuris »), à Namur, & au « Musée Condé du Château de Chantilly », cette exposition permet à notre première reine, Louise d’Orléans (Louise Marie Thérèse Charlotte Isabelle d’Orléans/1812-1850), de retrouver son Palais, l’espace d’un été, elle qui, fille aînée d’une fratrie de dix enfants, comme il était d’usage à l’époque, fut éduquée à la maison, à l’opposé de ses frères, qui fréquentèrent le « Lycée Henry IV », à Paris.
Princesse française, Louise d’Orléans, fille du dernier roi de France, Louis-Philippe 1er (1773-1850), épousa, le 09 août 1832, à Compiègne, Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha (Leopold Georg Christian Friedrich von Sachsen-Coburg-Saalfeld/1790-1865), premier roi des Belges (1831-1865). Aux côtés de ce dernier, elle joua un rôle essentiel dans les premières années du jeune royaume de Belgique, s’étant révélée être une amatrice d’art, collectionneuse raffinée, mère aimante, observatrice attentive de la politique européenne & passionnée de littérature.

« Louise d’Orléans, reine des Belges » (Joseph-Désiré Court/vers 1833) © « Musée Condé » © Ph. : Mathieu Rabeau
Entre portraits officiels, souvenirs personnels & œuvres d’exception, la présente exposition nous invite à redécouvrir une souveraine au destin aussi brillant que tragique, disparue à seulement 38 ans.
Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France, écrit (catalogue, p. 11) : « Cette souveraine laissa le souvenir d’une épouse et d’une mère aimante mais aussi d’une personnalité attentive au bien public, quoique discrète. Son souvenir demeure néanmoins ténu. Il était alors intéressant de pousser plus loin la recherche, pour tenter de mieux cerner cette belle figure, pour déceler à la fois son rôle politique, dans le concert des monarchies nées des révolutions de 1830, et ces goûts artistiques au coeur de la mouvance romantique. »

« Louise d’Orléans, devenir reine » © Photo : « Palais royal »
De leur côté, les curateurs, Julien De Vos & Mathieu Deldicque, nous confient (catalogue, p. 18) : « Ayant bénéficié d’une solide éducation artistique, férue de politique et épistolière prolifique, la reine des Belges s’inscrit au coeur ‘un large réseau de mécènes avertis et de monarques avisés, tout en déployant des préférences tout à fait personnelles et une place à part dans les relations diplomatiques. De nombreuses oeuvres inédites, venant de sa collection sont pour la première fois présentées, ainsi que d’émouvants souvenirs, mais aussi des représentations officielles ou intimes, souvent méconnues, bien qu’exécutées par les plus grands artistes du temps. »
Et Julien De Vos, insistant sur la correspondance prolifique de la première reine des Belges, de nous révéler : « Louise d’Orléans a échangé près de 30 000 lettres avec de très nombreuses têtes couronnées de l’époque … C’est le Palais royal qui nous a permis d’avoir accès à toutes ces correspondances. »

Mobilier offert, en 1832, aux époux royaux, en cadeau de mariage © Photo : « Palais royal »
Revenant sur le décès du premier enfant du couple royal, à la télévision régionale « Bouké », Julien De Vos, le curateur namurois, confia : « Ça se passe mal au départ. D’abord parce que Léopold a encore en tête le fantôme de sa première épouse, Charlotte. Et puis la seconde chose, c’est que son premier enfant, malheureusement, meurt à près de dix mois, ce qui marquera vraiment la reine et marquera aussi le roi parce que ce dernier y voit une forme de malédiction. Ce qui explique pourquoi il prendra une certaine distance par rapport aux enfants. Et c’est la reine, du coup, qui va créer la vie de famille. »
Et Mathieu Deldicque de nous confier : « Elle recevait des artistes au palais de Laeken … Elle a favorisé la naissance d’un romantisme belge … Et c’est elle qui repère, à Paris, celui qui deviendra, au XIXè siècle, le grand portraitiste des familles royales, Franz Xaver Winterhalter … La reine de la jeune Belgique fut l’une des principales actrices du renouvellement des modes de représentation des têtes couronnées … En offrant leurs représentations aux cours de France et d’Angleterre, Louise et Léopold devinrent alors les promoteurs de l’art élégant et légèrement idéalisé. »
… Cette exposition étant due à l’intérêt particulier, de la Province de Namur, pour la culture, que devons-nous penser de certains politiciens qui veulent la suppression des provinces, lorsque l’on constate à quel point cette Province est active au niveau de la Culture, également avec le « Musée provincial Félicien Rops » et l’ « Espace culturel provincial Le Delta », mais aussi au niveau des loisirs (« Domaine provincial de Chevetogne »), de l’enseignement (l’ « Ecole hôtelière provinciale » {« EHPN »}, réputée à l’étranger, ainsi que l’ « Ecole des Métiers & des Arts de la Province de Namur » {« EMAP »}) ou, encore, des soins de santé ?
*** « Music, Sound and Imagination » :
Cet été, le « Service public de Programmation Politique scientifique » (« BELSPO ») a l’honneur de présenter, pour la dix-septième année consécutive, l’exposition « Science et Culture », au Palais royal. Organisée en collaboration avec les dix Établissements scientifiques fédéraux & trois partenaires, étroitement liés au thème de cette édition (le « Koninklijk Conservatorium van Brussel », le « Conservatoire royal de Bruxelles » & la « Chapelle musicale Reine Élisabeth »), la présente exposition met la musique à l’honneur.
Émettre des sons pour se localiser, chasser ou attirer des congénères de l’autre sexe, en période de reproduction. Autant d’exemples qui montrent, par exemple, que les sons émis par les marsouins & les chauves-souris remplissent une fonction bien précise.
Sous les oeuvres allégoriques du peintre bruxellois Charles-Léon Cardon (1850-1924), qui évoquent le passage de l’aube au crépuscule, la musique nous accompagne tout au long de notre parcours. Animaux, documents, étoiles, modèles scientifiques, œuvres d’art & univers dialoguent avec des extraits sonores, des instruments de musique & des partitions, nous offrant un regard inédit sur les liens entre culture et imagination & science.
– L’exposition « Music, Sound & Imagination » se déploie en trois actes :
- « Musique & Famille royale », avec la « Chapelle musicale Reine Elisabeth », le « Conservatoire royal » & le « Koninklijk Conservatorium », tous trois à Bruxelles ;
- Musique & Science, avec le « MSK » (« Museum voor Schone Kunsten »), à Gent ;
- « Musique & Espace », avec l’ « ESA » (« Agence spatiale européenne »), à Bruxelles.
Visitant cette exposition, laissons un libre cours à notre imagination, emportés par la magie, l’émerveillement et la science, les trois piliers de l’esprit inventif.
*** « Sélection de Machines de Rêves » :
L’association belge « MyMachine » – active dans le monde entier –, créée en 2008, à Kortkrijk, expose, au Palais royal , une sélection de « Machines de Rêve », parmi lesquelles le « Chasseur de Fantômes », le « Lit superposé tournant » & le « Résolveur de Disputes ». Bref, un large éventail d’idées créatives.
« MyMachine » est une méthodologie unique qui relie les 3 niveaux d’enseignement, en 3 étapes, au cours d’une année scolaire :
- Étape 1 : les enfants de l’enseignement primaire imaginent une « Machine de Rêve » ;
- Étape 2 : les étudiants de l’enseignement supérieur développent un concept pour cette machine ;
- Étape 3 : les élèves de l’enseignement secondaire technique/professionnel construisent un prototype fonctionnel.
Si les adultes ont tendance à rejeter leurs propres idées & celles des autres, ce n’est pas le cas des enfants, qui voient encore du potentiel dans presque tout. Nous avons tant à apprendre d’eux, car ce sont précisément ces idées dites « impossibles » qui, à long terme, peuvent mener à d’importants progrès.
Pour toute solution révolutionnaire, nous devons encourager ceux qui osent penser différemment, afin de relever tous les défis auxquels nous sommes confrontés, pour créer un avenir prospère & inclusif pour tous. Ces idées novatrices – souvent perçues au départ comme “folles” – viennent de ceux qui ont le courage de les exprimer & de les concrétiser.
Ce concept belge rencontre un franc succès, « MyMachine » s’étant développé dans toute la Belgique & même à l’international. À ce jour, le programme a cumulé plus de 1,2 million d’heures de formation d’étudiants et a reçu 30 distinctions majeures sur tous les continents.
*** « Le Palais royal, palais de la mémoire » :
En 2002, à l’initiative de la reine Paola (Paola Ruffo di Calabria/°Forte dei Marmi/1937), au sein de la « Salle des Glaces », le plafond et le lustre central ont été décorés de 1,4 million élytres de scarabées thaïs, une oeuvre – « Heaven of Delight » – de l’artiste belge Jan Fabre (°Antwerpen/1958).
C’est dans cette superbe salle que l’exposition interactive « Le Palais royal, palais de la mémoire », consacrée à la communication dans le contexte de la démence, nous est présentée par un chercheur belge, le baron Kasper Bormans (°Leopoldsburg/1987) & le duo d’artistes « Unik-ID ».
Cette 4e exposition, au « Palais royal », nous montre à quel point la démence ne touche pas uniquement les personnes qui en sont atteintes. De fait, la démence bouleverse aussi leurs proches, ces « proches de l’ombre », qui les accompagnent au quotidien. Comme écrit dans le communiqué de presse : « en réalité, nous sommes tous des compagnons de route. Aussi la présente exposition nous invite à déplacer notre regard : plutôt que de s’intéresser aux connexions entre les cellules cérébrales, elle met en lumière les liens qui unissent les êtres humains. »
« Au fil de cette déambulation dans la ‘Salle des Glaces’, les proches des personnes en situation de démence sortent de l’ombre. Bien plus que des aidants confrontés à une lourde charge, ils apparaissent comme des créateurs de liens. Car communiquer, c’est avant tout entrer en résonance avec l’autre, s’accorder à son rythme. Ainsi, la « Salle des Glaces » devient ainsi un lieu où chacun est invité à se reconnaître dans le regard de l’autre. En attendant le remède qui guérira la maladie, l’autre demeure notre meilleur soutien. »
*** Infos pratiques :
Ouverture des 4 expositions : jusqu’au dimanche 16 août, du mardi au dimanche, de 10h30 à 17h. Prix d’entrée (paiements exclusivement en ligne) : 10€ (0€, pour les moins de 13 ans). Accès pour les PMR (veuillez le mentionner si vous êtes une PMR, à la réservation) : les salons du premier étage sont accessibles, malheureusement pas la seconde partie du parcours. Interdiction : à l’exception des chiens d’assistance, aucun animal n’est admis. Important : aucun vestiaire n’est disponible (pas d’accès pour les grands sacs à dos ou à roulettes). Site web & Réservations (respect du jour &, dans la demi-heure maximum, du créneau horaire choisi) : https://royal.belspo.be/ & https://www.koninklijkpaleis-palaisroyal.be/.
Yves Calbert.
- Bruxelles (Ville de Bruxelles)
À lire aussi
- THE WHITE PARTY • OPEN AIR at Pop-up Zanzibar | Sat. 25.07 • Just A Night x Les Belges Jeunesses
- Feu vert pour le permis d’urbanisme concernant 117 logements à NovaCity II à Anderlecht
- Une exposition explore les effets durables de la colonisation
- Au « Comme chez Soi », un livre pour les 100 ans de cet excellent restaurant de la place Rouppe à Bruxelles
- Chez Bpost, il est maintenant possible de louer son casier personnel

