Les Coteaux de la Citadelle privés de dizaines d’arbres abattus sans permis par l’Evêché de Liège
Les Coteaux de la Citadelle privés de dizaines d’arbres abattus sans permis par l’Evêché de Liège
On le sait, Liège ambitionne de relier les espaces verts et boisés en une chaîne des parcs, plateaux et versants, dont les Coteaux de la Citadelle sont l’un des maillons. Or, à la fin du mois passé, plusieurs dizaines d’arbres ont été abattus dans un ancien verger situé Au Pérî (au-dessus du Collège Saint-Barthélemy), au cœur de ce site classé trois étoiles au Guide Vert Michelin.
« Selon les observations réalisées sur place, plusieurs dizaines d’arbres, dont un certain nombre de grande taille, ont été abattus en quelques jours. Des arbres concernés dépassaient largement quatre mètres de hauteur, avec des diamètres de tronc estimés entre 20 et 50 cm. La zone concernée représente une surface importante pouvant être estimée à près d’un demi-terrain de football », témoigne un riverain. Ce que corroborent des photos prises sur place. Selon lui, le chantier a été interrompu.
Si le simple fait d’abattre des arbres peut susciter des réactions, dans la tendance actuelle d’augmenter la couverture arborée des centres urbains et du Plan Canopée, il y a aussi un problème de permis. En effet, depuis 2021, il est interdit d’abattre un arbre de plus de trois mètres de haut ou de modifier sa silhouette sans autorisation préalable écrite délivrée par le collège communal. Or, l’évêché de Liège, propriétaire du terrain, n’a introduit aucune demande d’autorisation d’abattage auprès des services avant de faire venir les tronçonneuses.
Ce dernier se défend en expliquant que les arbres qui ont poussé sur le terrain au fil des ans résultent d’un manque d’entretien du Collège Saint-Barthélemy, qui jouissait d’un bail emphytéotique. Le terrain était à l’origine plus dégagé et il avait même été question d’y planter des vignes pour faire du « champagne » liégeois. « Et les voisins me tannent pour enlever cette végétation sauvage, où il n’y a aucun arbre remarquable, parce qu’elle leur cache la vue », justifie Vincent Philippart de Foy, l’économe de l’Évêché. « Certains ont même menacé d’aller en justice. » Il s’agit selon lui d’un travail d’entretien.
Sur place, les avis sont partagés. « Évidemment, il y a des gens pour qui ça prend la lumière, et qui considèrent que ça impacte leur qualité de vie. Et d’autres pour lesquels il faut un équilibre dans la biodiversité. Ça ne sert à rien d’opposer les avis », relève Clara Beelen, coprésidente du comité de quartier Bueren, Péri, Ursulines. «Et c’est justement pour ça qu’il faut des règles d’urbanisme et qu’il faut les respecter. C’est la seule façon d’avoir de l’objectivité dans ce débat.»
Reste à voir si la Ville va maintenant évaluer la situation, demander des replantations (en plus des plantations compensatoires prévues au règlement), une régularisation, le paiement éventuel d’une amende. Ou pas. Mais aussi en sachent que le site est classé et donc soumis à autorisation !



