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Trottinettes et vélos à Bruxelles en 2026 : la fin du flou, le retour des règles en ville

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Trottinettes et vélos à Bruxelles en 2026 : vers une nouvelle ère de mobilité urbaine

En 2026, Bruxelles entre dans une phase charnière de sa politique de mobilité. Après plus d’une décennie marquée par l’explosion de l’usage du vélo et l’apparition massive des trottinettes électriques, la Région bruxelloise opère un recentrage réglementaire. Objectif affiché : mieux partager l’espace public, renforcer la sécurité des piétons et encadrer une mobilité douce devenue omniprésente… parfois au détriment de la lisibilité et de la cohabitation urbaine.

Si les trottinettes et les vélos restent au cœur de la transition écologique, leur usage est désormais soumis à des règles plus strictes, en particulier dans le centre-ville et les zones à forte fréquentation piétonne.

Une ville transformée par les deux-roues

En quinze ans, Bruxelles a profondément changé de visage. Les pistes cyclables se sont multipliées, les rues scolaires ont vu le jour, et les déplacements à vélo ont connu une croissance spectaculaire. Parallèlement, les trottinettes électriques, d’abord perçues comme un gadget urbain, se sont imposées comme un mode de transport à part entière, notamment pour les trajets courts.

Mais cette évolution rapide n’a pas été sans heurts. Conflits d’usage, accidents, stationnements anarchiques, sentiment d’insécurité pour les piétons : autant de problèmes qui ont alimenté le débat public et poussé les autorités à revoir leur copie.

Le piétonnier du centre : une priorité piétonne affirmée

La mesure la plus emblématique de 2026 concerne le piétonnier du centre de Bruxelles, notamment le boulevard Anspach et ses abords. Dans cette zone, la circulation des vélos et des trottinettes est désormais fortement restreinte, voire interdite selon les tronçons et les horaires.

Concrètement, les autorités régionales et communales ont décidé de redonner toute sa vocation au piétonnier : un espace dédié à la promenade, au commerce et à la convivialité. Les cyclistes et utilisateurs de trottinettes ne peuvent plus y circuler librement, même à faible vitesse. Dans certains cas précis, seule la traversée perpendiculaire est tolérée, à condition de respecter une signalisation stricte.

Cette décision fait suite à de nombreuses plaintes de riverains et de commerçants, mais aussi à des constats de la police locale faisant état de comportements dangereux dans des zones densément fréquentées.

Trottinettes électriques : un cadre plus serré

Les trottinettes électriques restent autorisées à Bruxelles en 2026, mais leur usage est désormais encadré de manière plus précise. Elles sont assimilées à des engins de déplacement motorisés légers et doivent respecter les règles générales du Code de la route.

La circulation sur les trottoirs est interdite, sauf indication contraire. Les utilisateurs doivent emprunter les pistes cyclables lorsqu’elles existent, ou la chaussée dans les rues limitées à 30 km/h. Dans les zones piétonnes autorisées, la vitesse doit rester modérée et compatible avec la présence des piétons.

Les contrôles se sont renforcés, notamment en matière de vitesse excessive, de circulation en sens interdit et d’usage sous influence d’alcool ou de stupéfiants. Les sanctions vont de l’amende administrative à la saisie de l’engin en cas de récidive.

Location en libre-service : moins d’engins, plus de règles

Autre évolution majeure : la régulation des services de trottinettes et vélos en libre-service. Après des années de prolifération parfois incontrôlée, Bruxelles a instauré des quotas stricts.

En 2026, le nombre total d’engins autorisés sur la voie publique est plafonné. Seuls quelques opérateurs, sélectionnés via des appels d’offres, peuvent proposer leurs services. Ils doivent répondre à des critères précis : entretien régulier, partage de données avec les autorités, respect des zones de stationnement et retrait rapide des engins mal garés.

Le stationnement sauvage est désormais clairement sanctionné. Les engins doivent être déposés dans des emplacements dédiés, matérialisés au sol. La responsabilité incombe principalement aux opérateurs, qui risquent des amendes substantielles en cas de non-respect.

Vélos : encouragés, mais pas sans limites

Contrairement à certaines idées reçues, Bruxelles ne freine pas l’usage du vélo. Au contraire, la Région continue d’investir massivement dans les infrastructures cyclables. Mais là aussi, 2026 marque une volonté de mieux encadrer les pratiques.

Dans les zones piétonnes, le vélo n’est plus systématiquement autorisé. Les cyclistes doivent descendre de selle lorsque la signalisation l’impose. Les comportements dangereux — slaloms entre piétons, non-respect des feux, circulation à contresens — sont de plus en plus verbalisés.

Les autorités insistent également sur la cohabitation entre cyclistes eux-mêmes, notamment entre vélos classiques, vélos cargos et vélos électriques, dont la vitesse et le gabarit posent de nouveaux défis.

Sécurité routière : une priorité renforcée

La nouvelle réglementation s’inscrit dans une stratégie globale de Vision Zéro, visant à réduire drastiquement le nombre d’accidents graves et mortels. Les statistiques ont montré que les conflits entre piétons et usagers de la micromobilité représentaient une part croissante des incidents en milieu urbain dense.

Des campagnes de sensibilisation accompagnent les mesures répressives. Elles ciblent aussi bien les utilisateurs de trottinettes que les cyclistes, avec un message central : la mobilité douce n’est pas synonyme d’absence de règles.

Des réactions contrastées

Les nouvelles règles ne font pas l’unanimité. Certaines associations de cyclistes craignent une stigmatisation des usagers actifs et redoutent un retour en force de la voiture. À l’inverse, des collectifs de riverains saluent une reprise en main de l’espace public et une meilleure protection des piétons.

Du côté des opérateurs de mobilité partagée, le ton est plus pragmatique. Si les quotas et taxes locales pèsent sur leur modèle économique, ils reconnaissent la nécessité d’un cadre clair pour garantir l’acceptabilité sociale de leurs services.

Une ville en quête d’équilibre

En 2026, Bruxelles ne tourne pas le dos à la mobilité douce. Elle cherche plutôt à rééquilibrer les usages dans une ville dense, vivante et parfois saturée. Le vélo et la trottinette restent des alliés essentiels de la transition écologique, mais leur intégration passe désormais par des règles plus lisibles et mieux appliquées.

La question centrale demeure : comment concilier efficacité des déplacements, sécurité des plus vulnérables et qualité de vie urbaine ? La réponse bruxelloise, en 2026, est claire : la mobilité du futur sera partagée, régulée… et avant tout humaine.