ActualitéCommunes BruxellesEnergie

Pourquoi les contrats d’électricité dynamique séduisent si peu à Bruxelles

Vos amis vont adorer — faites-leur découvrir ce contenu !

Les contrats d’énergie dynamique peinent à séduire les Bruxellois

Alors que le marché de l’énergie cherche à se moderniser et à s’adapter aux fluctuations de la production et de la demande, les contrats d’électricité à prix dynamique restent largement boudés à Bruxelles. Selon les derniers chiffres du régulateur fédéral de l’énergie (CREG), moins de 100 habitants de la Région de Bruxelles-Capitale ont souscrit à ce type de contrat, pourtant présenté comme une alternative potentiellement avantageuse pour certains consommateurs.

Ces contrats, dont le prix de l’électricité varie toutes les quinze minutes en fonction des cours du marché de gros, sont loin d’être une nouveauté en Flandre. Dans le nord du pays, ils existent depuis plusieurs années et ont déjà convaincu un public nettement plus large. À la fin du mois de septembre, plus de 20 000 ménages flamands avaient opté pour une formule dynamique, un contraste saisissant avec la situation observée à Bruxelles et en Wallonie.

Dans le sud du pays, le lancement de ces offres est beaucoup plus récent. Elles n’y sont disponibles que depuis l’an dernier, ce qui explique en partie leur diffusion limitée. Mais cette nouveauté ne suffit pas à justifier l’écart abyssal entre les régions.

Un modèle exigeant qui ne convient pas à tous

À Bruxelles, seulement 93 contrats dynamiques ont été recensés, tandis que la Wallonie n’en compte que six. À l’échelle nationale, ces contrats représentent à peine 0,4 % du marché de l’électricité, soulignant leur caractère encore très marginal. Pourtant, l’offre existe : à la fin de l’année dernière, 16 fournisseurs proposaient des contrats à prix dynamiques, répartis sur une trentaine de produits différents.

La CREG appelle toutefois à la prudence. Selon le régulateur, ce type de contrat ne convient pas à tous les profils de consommateurs. Contrairement aux contrats classiques à prix fixe ou variable, le contrat dynamique nécessite une implication active du ménage. Pour espérer réaliser des économies, il faut être capable de déplacer sa consommation vers les moments où l’électricité est moins chère, généralement lorsque la demande est faible ou que la production renouvelable est abondante.

Les consommateurs qui conservent des habitudes de consommation rigides — notamment en utilisant leurs appareils électroménagers ou en rechargeant leur véhicule électrique pendant les heures de pointe — s’exposent à des factures plus élevées que sous un contrat traditionnel. Le risque financier, bien réel, peut donc freiner l’enthousiasme des ménages peu familiers avec les mécanismes du marché de l’énergie.

À l’inverse, les chiffres montrent que les consommateurs capables d’adapter leur comportement peuvent tirer parti de ces contrats. L’an dernier, par exemple, la recharge d’un véhicule électrique à domicile effectuée en journée a coûté jusqu’à 152 euros de moins que lors de recharges en soirée. Une recharge nocturne a également permis une économie moyenne de 94 euros. Ces écarts illustrent le potentiel de ces contrats, à condition d’une gestion fine de la consommation.

Pour la CREG, le constat est clair : un contrat d’électricité dynamique n’est réellement avantageux que si la consommation est systématiquement alignée sur les conditions du marché. Sans outils de suivi, sans flexibilité horaire ou sans équipements adaptés, ce modèle reste difficilement accessible pour une large partie de la population.

Dans un contexte de transition énergétique et de numérisation croissante du secteur, le faible engouement bruxellois interroge. Il souligne les défis à relever pour rendre ces nouvelles formes de contrats plus compréhensibles, plus accessibles et mieux adaptées aux réalités quotidiennes des ménages urbains.