Mobilité

Faut-il fermer les tunnels de Bruxelles ? Un débat explosif sur l’avenir de la mobilité

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Bruxelles doit-elle fermer ses tunnels ? Le débat relancé autour de la mobilité dans la capitale

Les tunnels routiers de Bruxelles, longtemps considérés comme indispensables pour fluidifier la circulation, sont aujourd’hui au cœur d’un débat de plus en plus intense. Certains experts estiment désormais que ces infrastructures vieillissantes devraient progressivement disparaître afin de transformer la mobilité dans la capitale belge.

Construits principalement entre les années 1950 et 1970, les tunnels avaient pour objectif de permettre aux automobilistes de traverser rapidement Bruxelles sans ralentissements. À une époque où la voiture symbolisait le progrès, ces aménagements représentaient une vision moderne de la ville. Mais plusieurs décennies plus tard, cette approche est remise en question.

Des infrastructures coûteuses et vieillissantes

Avec le temps, les tunnels nécessitent des travaux d’entretien de plus en plus importants. Leur rénovation représente un coût considérable pour la Région bruxelloise, tandis que les fermetures régulières pour maintenance provoquent d’importantes perturbations du trafic.

Pour certains spécialistes de la mobilité urbaine, investir massivement dans ces infrastructures n’est plus cohérent avec les objectifs actuels en matière d’environnement et de qualité de vie. Bruxelles cherche en effet à réduire la pollution atmosphérique et les émissions de CO₂ tout en encourageant les transports publics, le vélo et la marche.

Encourager moins de voitures en ville

Les défenseurs d’une fermeture progressive affirment que les tunnels encouragent indirectement l’usage de la voiture. En facilitant l’accès rapide au centre-ville, ils attireraient davantage d’automobilistes, ce qui augmenterait finalement la congestion globale.

Ce phénomène, appelé « demande induite », est bien connu des urbanistes : plus une ville développe des infrastructures routières, plus le trafic augmente à long terme. Selon cette vision, réduire la place de la voiture permettrait au contraire de diminuer progressivement le nombre de véhicules en circulation.

Plusieurs villes européennes ont déjà choisi cette voie, en supprimant certaines autoroutes urbaines ou en transformant des axes routiers en espaces publics, avec à la clé une amélioration de la qualité de l’air et du cadre de vie.

Une idée loin de faire l’unanimité

La proposition reste toutefois très controversée. De nombreux navetteurs craignent qu’une fermeture des tunnels ne provoque davantage d’embouteillages en surface et complique l’accès à Bruxelles, notamment pour les travailleurs venant de la périphérie.

Pour les opposants, les tunnels restent essentiels au fonctionnement économique de la capitale et leur suppression risquerait de déplacer les problèmes plutôt que de les résoudre.

Quel avenir pour la mobilité bruxelloise ?

Au-delà de la question technique, le débat révèle un choix de société : Bruxelles doit-elle continuer à s’adapter à la voiture ou repenser entièrement son modèle urbain autour de la mobilité durable ?

Alors que la transition écologique s’accélère dans de nombreuses grandes villes européennes, la capitale belge devra bientôt trancher entre maintien des infrastructures routières historiques et transformation profonde de son espace public.