A Lille, jusqu’au 11 Octobre : « Trésors de Laine et de Soie. Les tapisseries de Guillaume Werniers & Catherine Ghuys à Lille au XVIIIe siècle »
« Il y a, à Lille, trois ou quatre manufactures de tapisseries, qui le disputent à celles de Bruxelles & d’Audenaarde, pour la perfection de leurs ouvrages » (mémoire de l’intendant de Flandre/1713, cité par Jules Houdoy/1871/page 21 du catalogue).
A Lille, hormis le « Palais des Beaux-Arts », s’il y a un musée qu’il convient de visiter, c’est bien « Le Musée de l’Hospice Comtesse », situé à 200 m de l’avenue du … Peuple belge », à 15′, à pied, de la gare ferroviaire de « Lille Flandre ».

« Les Maraîchers & les Moisonneurs » (J. de Melter et G. Werniers/vers 1695-1750) © « Musée de l’Hospice Comtesse »
« Cerise sur le gâteau », jusqu’au lundi 11 octobre inclus, nous pouvons profiter de l’exposition temporaire « Trésors de Laine et de Soie. Les tapisseries de Guillaume Werniers & Catherine Ghuys à Lille au XVIIIe siècle », nous proposant de découvrir un fonds exceptionnel de onze tapisseries, aujourd’hui méconnues.

« Le Repos des Bergers » (J. de Melter et G. Werniers/1701-1738) © « Musée de l’Hospice Comtesse »
Ville drapière et commerçante, Lille
« Le succès des tapisseries s’
Soulignons que toute tapisserie est un produit de luxe destiné aux aristocrates, aux riches bourgeois et aux communautés religieuses, souvent commanditaires, puisque nécessitant plusieurs mois de travail –les œuvres textiles de Catherine Ghuys (1701-1778) & Guillaume Werniers (avant 1688-1738) sont exposées pour la première fois, en regard d’archives conservées & d’objets de mise en contexte (céramiques, livre de comptes, ancien métier à tisser & peintures inspirées par cette activité), tel un florilège représentatif de l’une des manufactures importantes du Nord de l’Europe.
« Je laisserai de côté la broderie, la tapisserie & l’assemblage de tissus variés, bien que ce soient là des enfants naturels de l’art de la peinture, mais déshérités par la lenteur & la difficulté des travaux manuels », ce propos de Samuel Dirksz Van Hoogstraten (1627-167!), peint
Guillaume Werniers, d’origine bruxelloise, reprit, en 1701, la manufacture de tapisseries que son beau-père Jean De Melter (actif à Bruxelles depuis 1675) avait fondée, à Lille, une douzaine d’années plus tôt. Employant jusqu’à cinquante ouvriers textiles, Guillaume Werniers répondait à des commandes locales (États de Flandre, églises & couvents),
Exposer des tapisseries relève toujours de l’exploit. Grandes, fragiles, complexes à présenter en raison de leur poids et de leur sensibilité à la lumière, les tapisseries réalisées à Lille, au cours du XVIIIe siècle, par cette manufacture méritent une exposition pour révéler l’éclat de leur restauration et partager l’actualité de la recherche en cours sur ce fonds textile rare.
En s’appuyant sur ses collections historiques & sur celles du « Palais des Beaux-Arts » de Lille, complét
Cette exposition, dans la vaste « Salle des Malades », bénéficie du co-commissariat scientifique d’Hélène Lobir & Pascal François Bertrand, ce dernier étant professeur émérite d’Histoire de l’Art moderne, à l’ « Université Bordeaux Montaigne », les recherches du premier cité portant, principalement, sur l’histoire de la tapisserie, en Europe, de la fin du Moyen Âge à nos jours, un terrain situé à l’intersection de deux domaines d’études : l’histoire de la grande peinture décorative & l’histoire des arts décoratifs.
Hélène Lobir, de son côté, est attachée principale de conservation, chargée des fonds d’arts graphiques, de mobiliers, peintures & tapi
Imaginé autour de six grandes sections, le parcours de l’exposition présente un ensemble encore jamais montré d’une trentaine d’œuvres, au croisement des archives & des Arts réunissant les contrats relatifs à la « Manufacture Werniers » et ses plus grandes pièces textiles. Des focus sur la restauration des
*** « Ténières », scènes rustiques & paysannerie :
Notons que le « Ténières » constituent une catégorie de tapisseries renvoyant au nom du peintre David Teniers II (1610-1690) & à ses fameuses peintures de genre, qui sont transposées en grands panneaux de laine & de soie. Représentant des divertissements champêtres, des fêtes villageoises & des occupations de la vie quotidienne , ces tapisseries étaient très appréciées par une riche clientèle internationale, en raison de leur coloris, de leur dessin & de leur sujet.
Elles ont été tissées dans tous les ateliers européens, de la fin du XVIIe & du XVIIIe siècle, à Audenarde, Antwerpen
En pages 52 & 57 du catalogue, nous lisons :« On ne regarde pas une tapisserie de grand format comme on contemple une peinture de moyennes ou petites dimensions. Les ‘Tenières’ ne sont pas de simples agrandissements de tableaux, mais des adaptations de ceux-ci. Il suffit de relever les similitudes dans le passage du peint au tissé, et aussi ce qui diffère, pour mieux saisir le changement de perception qui en découle. »
***Catherine Ghuys, la veuve Werniers, une entrepreneuse hors pair :
L’histoire des femmes tapissières a longtemps été ignorée ; les artisanes et artistes femmes d’autrefois sont restées dans l’anonymat, à quelques exceptions près, dont Catherine Ghuys, la veuve Werniers. Les règlements des métiers autorisaient toutefois les veuves à diriger l’atelier que leur mari conduisait de son vivant, et à tenir boutique. L’exemple de Catherine Ghuys, veuve de Guillaume Werniers, est exemplaire.
À la mort de son mari, elle reprit la direction de la manufacture qu’elle assura pendant quarante ans, jusqu’à sa propre mort, en 1778. Dans l’histoire de la tapisserie, elle compte parmi les rares femmes à avoir dirigé une fabrique pendant une aussi longue période, s’imposant face à ses confrères, qui cherchaient à entraver le développement de sa manufacture.
*** Campagne de restauration inédite :
Grâce au soutien de la « DRAC » des Hauts-de-
Cette exposition a été portée par un partenariat avec l’ « École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille » (« ENSAPL »), les étudiant.e.s, encadré.e.s par Hélène Marcoz, artiste-maîtresse de conférences, ayant ainsi assuré la conception du parcours muséographique, en lien avec les équipes du musée..
*** Histoire du Musée, ses Collections permanentes & sa présence dans le cadre de « Lille 3000 » :
La fondation lilloise de l’ « Hospice Comtesse » – dont l’édification fut décidée, en 1237, par Jeanne de Montfort (née Jeanne de Flandr
En 1796, suite à la Révolution française et aux évolutions de la médecine, l’autorité municipale remodèle l’assistance publique : toutes les fondations hospitalières lilloises sont réorganisées. L’ « Hospice Comtesse » devient un hospice, pour les hommes âgés et les orphelins, tandis que les malades étaient regroupés à l’ « Hôpital Saint-Sauveur ». Devenu magasin général, jusqu’à sa transformation, en 1962, en « Musée d’Art et d’Histoire de Lille », plus connu comme « Musée de l’Hospice Comtesse », un musée qui recèle de nombreux objets d’art et d’histoire, de nature variée, allant du XVIe jusqu’au XXe siècle, toutes les œuvres conservées n’étant pas exposées, mais faisant le sujet d’études, participent à des publications, sont présentées de manière temporaire ou encore sont prêtées pour des expositions.
*** Infos pratiques :
Contac
Yves Calbert.
À lire aussi
- Le Bal National 2026, 23e édition et pas une ride !
- Avec Ophélie Fontana, vivez en direct le défilé national sur la RTBF
- Du neuf en perspective pour les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles
- Voitures autonomes en Belgique : Bruxelles bientôt concernée par les Tesla Full Self-Driving
- Une reconquête de l’espace public pour la place du Châtelain à Ixelles

