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Ixelles renforce le contrôle des locations Airbnb illégales

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Ixelles déclare la guerre aux Airbnb illégaux : la commune passe à l’offensive contre les locations touristiques

La commune d’Ixelles, l’une des plus dynamiques de la Région bruxelloise, engage une nouvelle phase de régulation des locations touristiques de type Airbnb. Face à la multiplication des logements proposés à court terme, les autorités locales ont décidé de renforcer les contrôles et d’envoyer des mises en demeure à plusieurs opérateurs professionnels du secteur.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de tension sur le marché immobilier bruxellois, où la pression locative ne cesse d’augmenter.

Ixelles est depuis plusieurs années confrontée à une forte croissance des locations de courte durée. Selon les chiffres évoqués par les autorités locales, environ 1.400 logements seraient actuellement exploités sur des plateformes de type Airbnb, souvent de manière intensive et professionnelle.

Le problème principal ne concerne pas les particuliers qui louent occasionnellement leur logement, mais plutôt les structures spécialisées dans la gestion de plusieurs biens destinés exclusivement au tourisme. Ces sociétés, parfois qualifiées de “conciergeries Airbnb”, sont désormais dans le viseur de la commune.

D’après les autorités ixelloises, une part importante de ces locations ne respecterait pas la réglementation urbanistique en vigueur. Certaines seraient exploitées sans autorisation adéquate, transformant des logements résidentiels en quasi-hôtels.

Les estimations avancées évoquent un phénomène massif à l’échelle de la capitale : jusqu’à 90 % des annonces Airbnb à Bruxelles pourraient ne pas être conformes aux règles locales, selon certaines analyses relayées par les autorités.

La commune a décidé de passer à l’action en envoyant une vingtaine de mises en demeure à des sociétés de gestion de locations touristiques. Ces courriers exigent la fin immédiate de l’exploitation illégale de certains logements, ainsi que le retrait des annonces concernées sur les plateformes en ligne.

L’objectif affiché est clair : mettre fin à une forme d’exploitation commerciale du logement qui échappe, selon les autorités, aux règles urbanistiques et fiscales.

Il ne s’agit toutefois pas d’une interdiction générale d’Airbnb. Les autorités rappellent que la location ponctuelle d’un logement principal reste autorisée, à condition de respecter les conditions légales.

Au-delà de la question réglementaire, cette décision s’inscrit dans un contexte de crise du logement à Bruxelles. Les autorités locales estiment que la transformation de nombreux appartements en hébergements touristiques réduit l’offre disponible pour les habitants permanents.

Cette raréfaction du logement entraîne mécaniquement une pression à la hausse sur les loyers, particulièrement dans les quartiers centraux et prisés comme ceux d’Ixelles.

Pour la commune, il s’agit donc aussi d’une mesure de protection du tissu résidentiel et de lutte contre la spéculation immobilière.

Cette initiative pourrait annoncer un durcissement plus large à l’échelle régionale. Plusieurs communes bruxelloises réfléchissent déjà à renforcer leurs propres réglementations concernant les locations touristiques de courte durée.

Des contrôles urbanistiques plus fréquents, des sanctions administratives et une meilleure coopération avec les plateformes numériques sont également envisagés.

Entre attractivité touristique et protection du logement, la question Airbnb reste un sujet délicat à Bruxelles. Si le tourisme représente une source de revenus importante pour certains propriétaires et pour l’économie locale, les autorités rappellent la nécessité de préserver un accès au logement abordable pour les habitants.

L’action d’Ixelles marque donc une étape supplémentaire dans un débat qui est loin d’être clos, et qui pourrait redessiner en profondeur le paysage de la location touristique dans la capitale belge dans les années à venir.

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