La gare royale abandonnée de Laeken : le joyau oublié du patrimoine belge
Savais-tu qu’à Laeken, au cœur de Bruxelles, se cache un lieu aussi discret que fascinant, chargé d’histoire et pourtant presque effacé des mémoires ? Il s’agit de l’ancienne gare royale, un bâtiment construit spécialement pour la famille royale belge afin de faciliter ses déplacements officiels en train, loin des regards et de l’agitation des gares publiques.
Édifiée à proximité du domaine royal, cette gare privée servait autrefois de point de départ et d’arrivée pour les souverains, leurs invités prestigieux et les délégations étrangères. Elle était pensée comme un espace à la fois fonctionnel et élégant, reflétant le prestige de la monarchie. Son architecture soignée, ses détails décoratifs et son implantation stratégique témoignent encore aujourd’hui du rôle qu’elle jouait dans le protocole royal. À une époque où le train représentait le moyen de transport le plus moderne et le plus prestigieux, disposer d’une gare personnelle était un symbole de pouvoir et de modernité.
Mais le temps a passé, les usages ont changé, et ce lieu autrefois animé est progressivement tombé dans l’oubli. Aujourd’hui, la gare royale de Laeken est laissée à l’abandon. Ses quais silencieux, ses portes closes et ses structures vieillissantes donnent l’impression d’un décor figé, comme suspendu entre passé et présent. La végétation commence parfois à reprendre ses droits, renforçant l’atmosphère mystérieuse qui entoure le site.
Peu de Bruxellois savent qu’elle existe encore, dissimulée derrière ses grilles et ses murs, comme un secret bien gardé de l’histoire nationale. Pourtant, elle attire la curiosité des passionnés de patrimoine, des amateurs d’architecture et des explorateurs urbains, fascinés par ces lieux oubliés qui racontent silencieusement des fragments du passé.
La gare royale de Laeken symbolise à elle seule un paradoxe : elle fut un lieu de prestige réservé à l’élite, et elle est aujourd’hui un vestige discret que le grand public ignore. Elle rappelle combien certains éléments du patrimoine peuvent disparaître symboliquement avant même d’être détruits physiquement. Redonner de la visibilité à ce site, c’est aussi souligner l’importance de préserver ces témoins historiques qui participent à l’identité culturelle de Bruxelles et de la Belgique.
Car derrière ses murs endormis se cache encore l’écho des départs officiels, des voyages diplomatiques et d’une époque où chaque détail protocolaire comptait. La gare royale n’est pas seulement un bâtiment abandonné : c’est une page d’histoire figée, un morceau de mémoire nationale qui attend peut-être un jour d’être restauré, raconté et redécouvert par tous.
- Photo Félicien THIRY

