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Bourse unique du Benelux : le CD&V propose un marché financier commun pour renforcer l’économie européenne

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Le CD&V plaide pour la création d’une Bourse unique regroupant la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Le parti chrétien-démocrate flamand, membre de la majorité fédérale, a déposé une proposition de loi visant à renforcer l’intégration des marchés financiers du Benelux, en attendant une union plus large au niveau de l’Union européenne.

Selon le CD&V, l’Europe accuse depuis plusieurs années un retard économique face aux États-Unis et à la Chine. Cette situation se traduit notamment par le départ de nombreuses entreprises européennes à forte croissance vers les marchés américains, où l’accès aux capitaux est plus simple et plus rapide. Entre 2008 et 2021, près de 30 % des « licornes » créées en Europe — des start-ups valorisées à plus d’un milliard de dollars — ont ainsi transféré leur siège social hors du continent.

Un marché des capitaux trop fragmenté

Pour le CD&V, l’une des causes majeures de cette fuite des entreprises est la fragmentation du marché européen des capitaux. Si l’intégration complète de ces marchés reste un objectif à long terme, le parti estime qu’une avancée concrète peut déjà être réalisée à l’échelle du Benelux.

« En combinant les forces de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, nous pouvons créer un marché des capitaux plus fort et plus attractif. Les entreprises pourront lever des fonds localement, sans devoir se tourner vers les États-Unis, tandis que les épargnants bénéficieront de nouvelles opportunités d’investissement dans leur région », explique Sammy Mahdi, président du CD&V et initiateur du projet.

Une place financière de poids en Europe

Un marché des capitaux intégré du Benelux représenterait la cinquième économie européenne et figurerait parmi les quinze premières au niveau mondial. « Une Bourse commune ferait émerger un marché de près de 30 millions d’épargnants et d’investisseurs, ainsi que de nombreux investisseurs institutionnels, dans un cadre fiscal harmonisé et sécurisé », précise Steven Matheï, co-auteur de la proposition.

Concrètement, l’achat d’actions belges, néerlandaises ou luxembourgeoises n’aurait plus d’impact fiscal pour un investisseur belge. Les dividendes et les taxes boursières seraient soumis aux mêmes règles dans l’ensemble du Benelux, grâce à des conventions communes.

Vers une coopération renforcée entre les places boursières

Le CD&V appelle les trois pays à créer un groupe de travail chargé d’identifier les obstacles juridiques, fiscaux et techniques liés à la mise en place d’une Bourse unique. Les premières pistes de travail incluent l’harmonisation de la retenue à la source sur les dividendes, la création d’un indice commun du Benelux — le BNL50 — inspiré du modèle scandinave, ainsi que le renforcement de la coopération entre Euronext Bruxelles, Amsterdam et la Bourse de Luxembourg.

Pour le parti, cette initiative permettrait de conserver en Europe les capitaux, la croissance économique et le pouvoir d’achat, tout en renforçant l’attractivité financière du Benelux sur la scène internationale.