Bruxelles : sauver les chats errants, un combat qui tue mais qu’on ne peut arrêter
Une mission qui dépasse les forces humaines
À Bruxelles, certaines histoires de compassion défient le temps et l’épuisement. C’est le cas de Stéphanie Challe, fondatrice de l’association Ever’y Cat, qui consacre sa vie à la protection des chats errants et sauvages. Depuis dix ans, elle arpente les rues, grimpe sur les toits et installe des pièges pour capturer des animaux en détresse, tout en gérant les urgences vétérinaires et en trouvant des familles d’accueil pour les chatons.
La tâche est immense : chaque année, des milliers de chats naissent dans des colonies invisibles, souvent dans des chantiers, jardins ou bâtiments abandonnés. Alors que certaines municipalités financent partiellement les stérilisations, le coût des soins, vaccins et interventions d’urgence repose presque entièrement sur Stéphanie et ses bénévoles. Pour elle, arrêter n’est pas une option. “Ce que je fais me tuera… mais arrêter me tuerait aussi”, confie-t-elle.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis la création de l’association, près de 4 700 chats ont été capturés, stérilisés et soignés. Aujourd’hui, environ 260 chats sont suivis activement, entre familles d’accueil et refuges temporaires, grâce au soutien de près de 200 bénévoles. Mais derrière ces statistiques se cachent des journées de travail de plus de 18 heures, sept jours sur sept, et un stress permanent lié à l’urgence et à la survie des animaux.
Stériliser pour sauver la ville
La stérilisation est la clé de la gestion de la population féline à Bruxelles. Depuis l’introduction de l’obligation de stérilisation en 2018, plus de 60 000 chats ont été traités dans la région. Chaque chat capturé reçoit un traitement adapté : vaccination, identification, stérilisation, puis placement en famille d’accueil ou retour sur son site d’origine pour les animaux trop sauvages, avec suivi local pour le nourrissage. L’objectif est de réduire la prolifération tout en respectant la vie de chaque animal.
Malgré ces efforts, la demande ne cesse de croître. Les signalements arrivent quotidiennement de résidents, de municipalités ou de la police. Chaque colonie de chats est unique et nécessite une approche adaptée. L’association doit jongler entre urgence médicale, ressources financières limitées et un calendrier quasi militaire pour coordonner les interventions et les soins.
Cette activité intense est soutenue par une forte mobilisation citoyenne sur les réseaux sociaux. Les dons et partages permettent de financer les soins vétérinaires coûteux et de maintenir les opérations malgré les périodes de crise. L’histoire de Stéphanie est un exemple frappant de ce que la passion et la détermination peuvent accomplir, même face à un système qui semble parfois débordé.
En conclusion, Ever’y Cat illustre parfaitement l’engagement nécessaire pour protéger la vie animale dans un environnement urbain. La combinaison d’action terrain, de sensibilisation et de stérilisation contribue à créer une ville plus équilibrée pour les animaux et les habitants. Cependant, cette mission reste un défi humain et financier majeur, nécessitant un soutien continu pour éviter que la ville de Bruxelles ne soit submergée par des milliers de chats errants chaque année.
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