Coupe du monde 2026 : les États-Unis prêts en façade, fragiles en coulisses ?
Les États-Unis sont-ils prêts pour la Coupe du monde de football 2026, au vu de la situation actuelle ?
À moins de six mois du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, une question revient avec insistance : les États-Unis sont-ils réellement prêts à accueillir le plus grand événement sportif de la planète ? Coorganisé avec le Canada et le Mexique, le Mondial 2026 sera historique à plus d’un titre : 48 équipes, 104 matchs, des millions de supporters attendus. Si le pays de l’Oncle Sam dispose d’atouts majeurs, plusieurs signaux d’alerte interrogent sur sa capacité à gérer l’événement sans accrocs.
Des infrastructures impressionnantes, un savoir-faire reconnu
Sur le papier, les États-Unis cochent presque toutes les cases. Le pays possède des stades ultramodernes, souvent récents, capables d’accueillir plus de 70 000 spectateurs. De Los Angeles à Dallas, en passant par New York ou Miami, les enceintes sélectionnées figurent parmi les plus avancées technologiquement au monde. L’expérience américaine en matière de grands événements sportifs — Super Bowl, Jeux olympiques de 1996, Copa América, Gold Cup — plaide également en faveur de l’organisation.
Sur le plan sécuritaire, Washington a pris les devants. Une task force fédérale dédiée à la Coupe du monde 2026 a été mise en place afin de coordonner les agences nationales, les États fédérés et les villes hôtes. Objectif : assurer la sécurité des équipes, des supporters et des infrastructures critiques. À ce niveau, peu de pays disposent d’une telle capacité de déploiement.
Visas, transports, accueil : les failles du système
Mais derrière cette vitrine rassurante, les inquiétudes sont bien réelles. Le principal point noir concerne les visas et l’immigration. Les délais d’obtention pour entrer aux États-Unis dépassent parfois plusieurs mois, notamment en Afrique, en Amérique latine et en Asie. À un an du tournoi, aucune mesure exceptionnelle n’a encore été clairement annoncée pour faciliter l’entrée des supporters étrangers, alors même que la FIFA anticipe des flux massifs.
Autre défi : les transports. Contrairement à l’Europe, les États-Unis ne disposent pas d’un réseau ferroviaire rapide et dense reliant les villes hôtes. Les déplacements dépendront largement de l’avion, avec des aéroports déjà sous pression et un système aérien régulièrement critiqué pour ses retards et ses grèves. Dans certaines métropoles, les transports publics urbains restent insuffisants pour absorber un afflux massif de supporters.
Une image internationale fragilisée
La question de l’accueil dépasse la seule logistique. Le contexte politique et social américain suscite des interrogations à l’étranger. Politiques migratoires strictes, contrôles renforcés aux frontières, climat politique polarisé : autant d’éléments qui peuvent influencer la perception des visiteurs. Des ONG et organisations internationales ont déjà alerté sur le risque de discriminations ou de restrictions ciblant certains publics.
Les récents événements tests, comme certaines compétitions FIFA organisées aux États-Unis, ont également révélé des problèmes d’accès aux stades, de communication avec les supporters et de gestion des foules. Des détails en apparence secondaires, mais cruciaux à l’échelle d’une Coupe du monde.
Le facteur climatique, enjeu sous-estimé
Enfin, la chaleur estivale constitue un défi majeur. Plusieurs villes hôtes américaines connaissent des températures extrêmes en juin et juillet. Si des adaptations sont prévues — horaires décalés, stades climatisés — la question de la santé des joueurs et des supporters reste sensible, à l’heure où le changement climatique s’impose comme un paramètre incontournable du sport mondial.
Un compte à rebours décisif
Alors, les États-Unis sont-ils prêts ? Structurellement, oui. Opérationnellement, pas totalement. Le pays dispose des moyens financiers, technologiques et sécuritaires nécessaires pour organiser une Coupe du monde de grande ampleur. Mais le succès du tournoi dépendra de sa capacité à corriger rapidement ses faiblesses : fluidifier les procédures de visas, renforcer les transports, améliorer l’accueil et rassurer l’opinion internationale.
À un an de l’échéance, le temps presse. Car si la Coupe du monde 2026 doit être une vitrine du football mondial, elle sera aussi un test grandeur nature de la capacité des États-Unis à se montrer ouverts, accessibles et accueillants, au-delà de leurs stades flambant neufs.


