Grève TEC 2026 : pourquoi les bus sont à l’arrêt en Wallonie jusqu’au 5 février
Grève du TEC en Wallonie : un réseau de bus quasiment à l’arrêt jusqu’au 5 février
Depuis fin janvier 2026, la Wallonie connaît une perturbation majeure de ses transports publics : le réseau TEC (Transport en Commun en Wallonie) est fortement impacté par une grève qui touche particulièrement les provinces de Liège, du Hainaut et du Brabant wallon. Initialement annoncée comme courte, cette action a été prolongée par les travailleurs eux-mêmes, devenant l’une des mobilisations les plus importantes dans les transports publics francophones de ces dernières années.
🚌 Un mouvement social aux conséquences inédites
La grève des conducteurs de bus du TEC a commencé le 26 janvier 2026, orchestrée par une coalition de syndicats — notamment la CGSP — en réaction aux réformes et mesures jugées défavorables pour le personnel. Si l’action devait initialement durer quelques jours, les grévistes ont décidé de la prolonger jusqu’au 5 février inclus, avec la possibilité d’étendre encore le mouvement si les négociations n’avancent pas.
Plusieurs facteurs expliquent l’ampleur de cette mobilisation :
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L’insatisfaction face aux mesures d’austérité et à la rationalisation du réseau, notamment sur le financement du transport public et les conditions de travail.
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Des inquiétudes sur la sécurité et la qualité de service, exacerbées par des incidents sur certaines lignes.
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Une coordination efficace entre syndicats, renforçant la visibilité et la portée de la grève.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte social plus large, marqué par plusieurs actions syndicales récentes en Belgique contre des réformes fiscales, sociales et structurelles.
Une quasi-paralysie du réseau TEC
Province de Liège
Dans l’agglomération Liège-Verviers, presque aucun bus ne circule. Quelques lignes limitées partent de dépôts périphériques, mais la plupart des centres-villes sont privés de service. Des piquets de grève bloquent également l’accès aux dépôts pour les non-grévistes, aggravant la paralysie.
Hainaut
La situation est encore plus critique : quasiment aucun bus ne quitte les dépôts principaux, à l’exception de deux lignes locales issues de dépôts plus petits. Pour des milliers d’habitants, le TEC n’est plus une option viable pour se rendre au travail, à l’école ou accomplir des démarches quotidiennes.
Brabant wallon
Le réseau est partiellement maintenu : la direction annonce que 77 % des parcours circulent encore. Cependant, selon les zones et dépôts, l’absentéisme des conducteurs peut atteindre 50 % ou plus, compliquant la vie des voyageurs.
Namur et Luxembourg
Ces provinces sont moins touchées : à Namur, environ 10 % des services sont assurés, tandis que le Luxembourg wallon reste relativement opérationnel malgré les perturbations.
🚶♂️ Impact sur les usagers
Travail et mobilité
Pour des milliers de travailleurs et étudiants dépendant du TEC, la grève bouleverse les trajets quotidiens. Les alternatives — covoiturage, vélo ou voiture personnelle — sont souvent coûteuses ou moins pratiques.
Écoles et retards
De nombreux parents doivent trouver des solutions pour acheminer leurs enfants, certaines écoles ne reconnaissant plus les attestations du TEC comme justification de retard.
Effets économiques
La grève a également des conséquences économiques : perte de revenus pour certains employés, baisse de fréquentation des commerces et perturbations pour les services de logistique et de livraison.
Accessibilité réduite
Les personnes âgées et à mobilité réduite sont particulièrement affectées, confrontées à des difficultés accrues pour se déplacer et accéder aux soins ou services essentiels.
Causes profondes et enjeux
La mobilisation dépasse la simple question salariale : elle reflète un désaccord sur l’ensemble des conditions de travail, la sécurité et la gouvernance du TEC. Les syndicats dénoncent des mesures d’austérité, comme le gel des embauches, la rationalisation des lignes et la révision des avantages acquis.
Malgré la tension, le dialogue social n’est pas rompu. Des réunions entre syndicats, la direction du TEC et l’OTW sont prévues pour discuter des orientations futures du réseau jusqu’en 2029.
📌 Conséquences pour l’avenir du transport en Wallonie
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Mobilité vulnérable : la forte dépendance au bus dans les zones rurales et périurbaines montre les risques d’isolement en cas d’interruption prolongée du service.
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Besoin de modernisation : l’arrivée de 127 nouveaux bus prévue pour 2026-2027 ne résout pas les enjeux sociaux et organisationnels.
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Risque de fragmentation sociale : une grève prolongée peut creuser le fossé entre décideurs, travailleurs et usagers, rendant le consensus difficile pour l’avenir.
Solutions temporaires
Pendant la grève, les usagers privilégient :
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Covoiturage et navettes privées, organisés par employeurs ou plateformes en ligne.
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Mobilité douce, pour les trajets de proximité (vélo, trottinette).
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Transports à la demande ou taxis, pour les déplacements essentiels.
Certaines autorités locales et entreprises ont tenté d’organiser des services de substitution, mais l’ampleur de la grève limite leur efficacité.
Conclusion
La grève du TEC en Wallonie jusqu’au 5 février 2026 constitue une crise majeure pour les transports publics régionaux. Elle met en lumière des tensions sociales profondes et des fragilités dans la mobilité quotidienne des citoyens. Pour traverser cette période, les usagers doivent consulter régulièrement les informations du TEC, adapter leurs trajets et explorer toutes les alternatives possibles pour limiter l’impact de cette mobilisation sans précédent.
