Tram 15 à Bruxelles : avancées techniques, blocage politique et tensions locales
Tram 15 : l’infrastructure avance, la politique freine
Sur le papier, le tram 15 progresse. Sur le terrain, il attend. Ce projet stratégique, destiné à relier le nord-ouest et le sud-est de Bruxelles via la Gare du Nord et la Gare Centrale, est aujourd’hui techniquement mûr mais politiquement suspendu.
La première phase du tracé, entre la station Belgica et la Gare du Nord, dispose déjà d’un permis délivré sous conditions. Bruxelles Mobilité vise une finalisation complète du dossier en 2026. Mais sans gouvernement régional de plein exercice, impossible d’attribuer les marchés publics ou de lancer les travaux. Le calendrier initial, qui prévoyait une mise en service autour de 2029, glisse inexorablement.
Au-delà de ce tronçon, la future extension du tram 15, liée à la tramification de la ligne de bus 95, reste elle aussi suspendue aux décisions politiques. Les études privilégient un passage par le Palais royal et envisagent comme terminus le campus du Solbosch ou la station Delta, sans qu’aucun choix définitif ne puisse être acté.
Sur le terrain, le projet divise déjà. Dans les quartiers concernés, notamment autour de la rue Picard et du quartier Maritime, riverains et commerçants s’inquiètent de la suppression de places de stationnement et de chantiers jugés trop lourds. À l’inverse, ses défenseurs y voient un levier essentiel pour désenclaver Tour & Taxis et accélérer la transition vers une mobilité plus durable.
Estimé entre 50 et 60 millions d’euros pour sa première phase, le tram 15 illustre une nouvelle fois les tensions structurelles de la mobilité bruxelloise, tiraillée entre ambitions écologiques, contraintes budgétaires et blocages politiques.

