A Paris, le vin a toute une histoire… et aussi un avenir !
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A Paris, le vin a toute une histoire… et aussi un avenir !

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Pinot, chardonnay, sauvignon, cabernet,… les vignes parisiennes sont à découvrir.

Saviez-vous que la « piquette » vient de Belleville, qu’une tonne de raisin est produite chaque année à Montmartre, que le parc de Bercy fut un temps le « cellier du monde » ou encore qu’une vigne se niche sur une butte hors du temps dans le 19e ?

Dès l’époque gallo-romaine, on trouve des traces d’une culture viticole sur le territoire qu’on appelle aujourd’hui Paris. Chaque vigne parisienne a son histoire et témoigne de ce riche passé viticole. Découvrons cinq d’entre elles…

À Montmartre, une tonne de raisins par an

Les vignes de Montmartre sont les plus anciennes de la capitale. Au cours du Moyen Âge, la culture du vin s’est tellement développée qu’au XVIe siècle la plupart des Montmartrois sont laboureurs-vignerons.

À l’époque, la vigne recouvre partiellement la colline. Les vignobles d’origine disparaissent au XVIIIe siècle, victimes des promoteurs immobiliers et de la concurrence avec les autres régions viticoles.

En 1932, sous l’impulsion de la société « le vieux Montmartre », la Ville plante 2.000 pieds de vigne dans le clos, redonnant vie à cette culture historique.

Aujourd’hui, le Clos de Montmartre possède 1.762 pieds de vigne répartis sur une surface de 1.556 m² ; 27 cépages différents sont cultivés sur place. La grande majorité des pieds sont constitués de gamay (75 % des plantations) et de pinot (20 %). La production annuelle des vignes est d’environ une tonne qui, vinifiée dans les caves de la mairie du 18e, donne près de 2.000 bouteilles de 50 cl de vin rouge et rosé. Chaque année les cuvées portent le nom d’une personnalité de Montmartre : Dalida, Lapin-Agile, Michou, Brassens…

Belleville ou les origines de la piquette et de la guinguette

À Belleville, on trouve des vignobles dès l’époque carolingienne. À l’époque, le lieu ne s’appelle pas encore Belleville, mais Savies. Au XIIIe siècle, les moines de la Ferme de Savies continuent à exploiter 15 hectares de vignoble sur ce qui deviendra le parc de Belleville. C’est ici qu’on vinifiait la Piquette, un vin jeune, pétillant et pas nécessairement de mauvaise qualité, et le Guinguet, qui donnera son nom aux célèbres guinguettes.

On cultive du vin à Belleville jusqu’à la Révolution. Au tout début du XIXe siècle, les cultivateurs remplacent les vignes par des champs de fleurs en raison de la baisse du prix du vin et par crainte des maraudeurs.

En 1860, la vigne a complètement disparu de Belleville, pour n’y réapparaître qu’en 1992. 190 pieds de vigne y sont alors plantés sur une surface de 250 m². Le site produit 2 à 3 kilos par pied de vigne. Les cépages sont constitués de pinot meunier et de chardonnay. Mais le vin de Belleville n’est pas destiné à la commercialisation, il se déguste uniquement lors de la fête de la Vigne et du raisin le premier dimanche d’octobre.

Le parc de Bercy, ex-ville des vins

« Qui n’a entendu parler le nom de Bercy, la ville des vins, qui renferme plus de tonneaux que Gargantua n’en aurait vidé en cent ans, Bercy, la grande rouge où Paris boit ? » Aristide Frémine – Bercy, ville inconnue (1866)

Au XVIIe siècle, la commune de Bercy, qui ne sera annexée à Paris qu’en 1859, attire les négociants en vin car elle est située hors de Paris, donc non soumise aux taxes. La proximité de la Seine lui permet d’acheminer facilement des barriques par bateau, le vin étant négocié directement sur les berges. Bercy devient alors le plus grand marché mondial des vins et spiritueux.

Sur l’emplacement du parc de Bercy, on trouve de nombreux chais et des commerces de négociants-éleveurs. Les pavés et les rails du Cour Saint-Émilion ainsi que certains arbres centenaires du parc de Bercy sont encore les témoins vivants de cette époque.

En 1996, la Ville plante 660 m² de vignes. Les 350 pieds plantés sont essentiellement du sauvignon et du chardonnay ainsi que des raisins de table. Les vignes de Bercy produisent environ 250 litres de vin par an.

Au parc Georges Brassens, un hommage au passé viticole du quartier

Le clos des Morillons occupait jusqu’à la fin du XVIIIe siècle tout le coteau sud du hameau de Vaugirard. Peu à peu, la vigne fut remplacée par des cultures maraîchères.

En 1983, lors de la création du parc Georges Brassens, on plante cette nouvelle vigne pour rendre hommage au passé viticole du quartier. 720 ceps sont plantés sur 1.200 m² d’un mélange de sable de Loire et de roche calcaire. La vigne a été aménagée en quatre grandes terrasses, plantée de pinot noir (morillon), de pinot meunier, de cabernet noir et de quelques pieds de raison de tables (perlette, chasselas de Fontainebleau). La vendange permet de produire 300 bouteilles par an, vendues lors d’enchères caritatives.

Les vignes de la butte Bergeyre, les plus confidentielles

Cachées sur la butte Bergeyre (19e), à une altitude de 100 mètres et à quelques pas des buttes Chaumont, ces vignes sont celles qui ont la plus belle vue sur le Sacré-Cœur. Et ce sont sûrement les moins connues de Paris : le jardin sur lesquelles elles se trouvent n’est pas accessible au public pour des raisons de sécurité. Par ailleurs, la butte Bergeyre reste elle aussi un quartier assez confidentiel, protégée de la cohue parisienne.

Le clos des Chaufourniers (du nom de la rue vers laquelle la butte descend) est planté en 1995. Ce petit vignoble serait né de l’inventivité d’un jardinier de la Ville de Paris, qui aurait planté la première vigne dans ce jardin afin de voir quel résultat cela donnerait… la première récolte a eu lieu en 2010!

En 2023, on y recensait un peu plus de 240 ceps sur 600 m² (mélange de sauvignon, de chardonnay, de muscat et de chasselas ou de pinot noir).

Photos :

©Jean-Pierre Viguié / Ville de Paris

©Guillaume Bontemps / Ville de Paris

©Joséphine Brueder / Ville de Paris

– Source : Ville de Paris

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